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En Mayenne, une grande surface se lance dans le compostage
information fournie par Le Figaro28/10/2019 à 09:18

En Mayenne, une grande surface se lance dans le compostage (Crédits photo : Flickr -  )

En Mayenne, une grande surface se lance dans le compostage (Crédits photo : Flickr - )

À Evron, quelques kilomètres à l'ouest du Mans, un super U veut tendre vers le zéro déchet. Pour cela, il transforme ses déchets organiques prêts à être jetés en compost fertilisant.

«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». Voici peut-être la nouvelle devise du super U d'Evron, en Mayenne, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest du Mans. Depuis plusieurs jours, une grande surface de cette commune de 9000 habitants a en effet commencé sa métamorphose écologique. Là-bas, une machine transforme désormais les déchets que le magasin aurait, à son habitude, jetés. Qu'il s'agisse de fruits, de légumes, d'œufs ou encore d'os, tous ces déchets organiques donnent désormais naissance à du compost fertilisant.

» À écouter dans l'Esprit d'initiative d'Emmanuel Moreau sur France Inter

Cette opération, qui ne manque pas d'ambition, est réalisable grâce à un éco-digesteur ED 20, fraîchement acquis par le supermarché. Cette machine peut accueillir 200kg de déchets alimentaires dans une cuve, qui est entièrement pilotée par un ordinateur. Ainsi, une fois que le supermarché a fait don de ses invendus, parfois à des associations comme le veut la loi anti-gaspillage en vigueur depuis trois ans, la totalité des déchets du super U peut être contenue dans la cuve. Les déchets organiques de l'enseigne sont donc voués à disparaître en intégralité.

Le directeur de cette grande surface promet que c'est une chose très rare en France métropolitaine dans le secteur et assure qu'il y réfléchit depuis plusieurs années. Une prise de conscience importante: en France, le gaspillage alimentaire en grande distribution reste très conséquent. Selon l'Ademe, l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, 1,4 million de tonnes sont gâchées chaque année par le secteur. Aussi, les biodéchets, que l'on peut transformer en compost, remplissent encore un tiers de nos poubelles.

Le compost à disposition du client dans le magasin

Selon le responsable du super U d'Evron, Hubert Lechat, ce ne sont pas moins 15 kg de compost qui sont obtenus chaque jour à partir des 125 kg de déchets organiques qui émanent tous du magasin et de sa cafétéria. Pour en arriver là, une étude a été réalisée l'année dernière au super U afin de mesurer la quantité de déchets recyclables.

Dans le supermarché, la fermentation en machine dure environ 24h et, précision importante, ni odeur ni gaz nocif ne s'en dégage. Les déchets perdent alors la quasi-totalité de leur poids pour se transformer en compost ou en engrais, selon la nature du déchet. Ce compost fertilisant est ensuite gratuitement mis à la disposition des clients à l'entrée du magasin, qui peuvent directement l'utiliser pour leur jardin, leur potager ou pour leurs plantes.

Le supermarché est coutumier de ce genre d'opérations positives. En juin dernier, il avait fait installer deux bornes de recharge de batterie pour voitures électriques sur son parking. Plus globalement, cette opération compost s'inscrit dans une démarche d'ensemble. En effet, le système de compost en France gagne du terrain, au fur et à mesure, à tel point qu'il existe désormais des maîtres composteurs et de plus en plus de boîtes de compostage collectif. Plusieurs villes françaises, dont Paris, proposent ce genre d'initiatives liées au compost pour se tourner au fur et à mesure vers une stratégie zéro déchet.

À l'échelle nationale, la loi anti-gaspillage alimentaire en vigueur depuis 2016 fait progressivement bouger les lignes. En grande surface, par exemple, le texte oblige notamment les enseignes de plus de 400 mètres carrés à donner leurs invendus alimentaires s'ils sont sollicités par des associations. Certains ont même vu plus loin, comme ce Super U de Mayenne. Ces obligations seront bientôt relevées à l'intégralité des produits non-alimentaires invendus, suite à l'adoption de la loi sur l'économie circulaire, portée par la secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson.

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