Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté auprès des lycéens et étudiants lors d'une nouvelle journée de mobilisation mardi, "acte III" d'un mouvement de contestation, émaillé de nombreuses violences, qui gagne tout le pays avec désormais le renfort de syndicats et de l'opposition de gauche.
Les élèves, qui bloquent leurs établissements, réclament de meilleures conditions d'apprentissage et des financements supplémentaires, dénonçant notamment des classes et des emplois du temps surchargés, le manque de professeurs, et demandant la refonte voire l'arrêt de Parcoursup, la plateforme d'inscription dans l'enseignement supérieur.
Selon l'Union Syndicale Lycéenne, 2.000 lycées sont bloqués en France, sur un total de quelque 3.700. Sur X, l'organisation lycéenne indique que 100% des universités sont mobilisées.
L'Union étudiante, l'intersyndicale de l'Education nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, SUD), mais aussi La France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste, ont appelé à soutenir la jeunesse dans les manifestations prévues ce mardi et "par la grève".
L'Union étudiante a indiqué sur ses réseaux sociaux que 450.000 manifestants se sont rassemblés dans toute la France, dont 100.000 dans la capitale.
Le ministère de l'Intérieur a fait état de 256.000 manifestants sur l'ensemble du territoire.
LES PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS (heure de Paris):
18h50 - La CGT indique qu'elle se tiendra aux côtés des lycéens et des étudiants à l'occasion d'une nouvelle journée de mobilisation jeudi.
Dans son communiqué, le syndicat appelle le gouvernement à répondre aux revendications du mouvement étudiant et condamne "avec la plus grande fermeté" les violences commises à l'encontre des manifestants.
18h15 - Un fonctionnaire de police auteur d'un tir avec un lance grenade sur un lycéen à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise) le 28 septembre, a été mis en examen pour "violences", annonce le tribunal judiciaire de Pontoise.
Les investigations médico-légales pratiquées ont révélé une fracture mandibulaire parasymphysaire et l'avulsion de plusieurs dents chez le lycéen, indique le tribunal judiciaire.
18h00 - Les forces de l'ordre tentent de disperser à l'aide de gaz lacrymogène les manifestants restés place de la Nation à Paris.
17h00 - La préfecture de police de Paris rapporte l'interpellation de 12 personnes, essentiellement pour jets de projectiles et menaces sur des personnes dépositaires de l'autorité publique.
16h47 - "On dit que le niveau scolaire en France a drastiquement baissé, mais les conditions elles ont baissé aussi. Il y a le service public qui coule et donc on est tous rassemblés pour lutter ensemble, il faut changer les choses", affirme Angali Darnal, étudiant de 19 ans qui manifeste dans le cortège parisien.
"Quand on voit à quel point ils fournissent les moyens pour faire la guerre ailleurs on se dit qu’on pourrait aussi mettre de l’argent juste pour remplacer les chaises des classes, pour mieux payer les personnels."
16h07 - L'Union étudiante indique sur ses réseaux sociaux que 450.000 manifestants se sont rassemblés dans toute la France, dont 100.000 dans la capitale.
Le ministère de l'Intérieur fait état de 256.000 manifestants sur l'ensemble du territoire.
16h00 - Les forces de l'ordre sont intervenues près de la place de la Nation à Paris pour permettre à des sapeurs-pompiers d'éteindre un feu déclenché sur la voie publique.
En marge de l'intervention, le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Bally Bagayoko, présent au sein des manifestants, a été exfiltré.
Des tirs de gaz lacrymogène ont été lancés par les forces de l'ordre.
15h51 - "La manifestation parisienne, caractérisée par une forte affluence, se déroule bien", déclare la Préfecture de police, qui fait état de 300 "individus hostiles" qui tentent d'aller au contact des forces de l'ordre.
15h15 - Quelque 30.000 élèves sont privés d'enseignement à cause des différents blocages, rapporte Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale, devant les députés.
15h00 - "L'ultra-violence a frappé à la porte des lycées. Elle doit être condamnée sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence", dénonce Sébastien Lecornu devant l'hémicycle.
"Le gouvernement accueille (les manifestations) avec beaucoup de respect (...) Je les accueille avec soulagement car enfin, nous avons un cadre légal déclaré démocratique dans lequel l'expression des désaccords peut se faire, y compris avec le gouvernement."
Le Premier ministre annonce également "une banalisation complète des emplois du temps" pour les journées de mercredi, jeudi et vendredi afin de permettre un "temps de démocratie interne" au sein de chaque lycée.
14h05 - A la mi-journée, la CGT recense plus de 260.000 manifestants à l'échelle nationale, à l'exception de Paris et de quelques grandes villes.
Beauvau avançait plus tôt le chiffre de 86.000 participants.
14h00 - La manifestation parisienne s'est élancée depuis la place de la République à destination de la place de la Nation.
13h35 - L'Union syndicale lycéenne (USL) indique sur X que 2.000 lycées étaient à l'arrêt dans la matinée, faisant également état de 100% des universités mobilisées.
13h11 - La France insoumise va demander la création d'une commission d'enquête sur les "violences policières" dans le cadre de la mobilisation lycéenne, a annoncé Thomas Portes, député LFI de Seine-Saint-Denis.
13h00 - "À ce stade sur les manifestations en province, ayant débuté en matinée, on est à 86.000 participants (hors IDF)", dit le ministère de l'Intérieur sur une boucle Whatsapp. Selon l'USL, ce chiffre est de 250.000.
12h50 - Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez doit démissionner, a réaffirmé mardi Marine Tondelier, cheffe de file des Verts. "Il doit s'excuser et s'il n'est pas capable de comprendre ce qu'il se passe, il doit démissionner", a-t-elle déclaré à Paris où doit s'élancer à 14h00 une manifestation.
12h30 - Plusieurs affrontements entre forces de l'ordre et contestataires ont été constatés à Strasbourg (Bas-Rhin) et Rennes (Ille-et-Vilaine), montrent des images télévisées. A la mi-journée, la plupart des autres cortèges se déroulaient dans le calme.
10h30 - Dans un communiqué publié sur X, l'Union Syndicale Lycéenne dit que 1.800 lycées sont bloqués en France. Elle appelle "tous les lycéens à rejoindre les manifestations, prudents et déterminés" et rappelle ses principales revendications : fin de Parcoursup et ouverture de 150.000 places dans le supérieur, plan d'urgence de 10 milliards pour le bâti, embauches massives et fin de la répression et abandon de la loi "casseurs-payeurs".
09h55 - De légères échauffourées ont été constatées cours de Vincennes, dans l'est de Paris, où des forces de l'ordre sont venues au contact d'un cortège composé notamment de syndicalistes et de militants des droits de l'homme, montrent des images de BFM.
08h40 - "C'est sain pour la démocratie sociale et lycéenne qu'il y ait une manifestation", a déclaré sur France Info le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray. "C'est la première fois depuis dix jours qu'on va avoir (...) un mouvement qui s'inscrit dans un cadre organisé, démocratique, social, légal."
Il s'est par ailleurs engagé à se pencher au plus vite sur la problématique des professeurs absents. "J'ai demandé à toutes les académies (...) d'avoir le tableau de bord quotidien (...) et d'apporter une réponse dans les 8 jours".
08h20 - "J'ai toute confiance dans les forces de sécurité intérieure pour encadrer ces différentes manifestations et (ces) mouvements", a déclaré sur France Inter Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, alors que les forces de police et de gendarmeries sont accusées de recourir à un usage excessif de la force pour contenir les manifestations.
"J'ai donné pour instruction aux préfets d'avoir des forces de l'ordre qui se tiennent à distance dès lors que les manifestations se passent bien (…) mais évidemment qui interviendront - et toujours avec beaucoup de fermeté - s'il y a des dégradations."
08h15 - "Le Premier ministre a chargé cinq de ses ministres de prendre (les revendications) en main et de lui faire des propositions d'ici à la fin du mois", a déclaré sur France 2 Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, avant de rappeler sa priorité, celle de "rétablir l'ordre".
Elle a par ailleurs une nouvelle fois dénoncé l'attitude de La France insoumise qu'elle accuse "d'hypocrisie" et "d'instrumentaliser les lycéens".
07h45 - "Je souhaite que les manifestations soient pacifiques, que ce soit un moment d'expression des revendications et surtout qu'elles soient entendues par un gouvernement qui est aux responsabilités depuis dix ans, dix ans durant lesquels la situation de l'école n'a cessé de se dégrader", a déclaré sur RMC Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
(Bureau de Paris)

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