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Renouvellement du bail locatif : votre loyer peut-il être renégocié ?

information fournie par Boursorama avec LabSense 28/10/2026 à 08:30
Alors que votre bail touche à sa fin, votre propriétaire se frotte peut-être les mains : nouvelle échéance, nouveau loyer, nouvelle marge… ? Eh bien non ! Le renouvellement n’est pas une porte ouverte aux hausses sauvages. À l’échéance, la loi n’autorise une augmentation que dans le cas d’un loyer manifestement sous-évalué. Encore faut-il respecter une procédure millimétrée. Le reste du temps, le loyer ne peut évoluer qu’au rythme de la révision annuelle prévue au bail, indexée sur l’IRL (Indice de référence des loyers). Et pour les logements classés F ou G au DPE, il est purement et simplement gelé.

Renouvellement du bail locatif : votre loyer peut-il être renégocié ? / iStock.com - Wasan Tita

Renouvellement du bail locatif : votre loyer peut-il être renégocié ? / iStock.com - Wasan Tita

Le principe : un bail renouvelé conserve son loyer

En France, le bail d’habitation se renouvelle tacitement à son échéance : 3 ans pour un logement vide, 6 ans si le bailleur est une personne morale, 1 an pour un meublé. Ce renouvellement automatique ne modifie aucune clause, y compris le loyer. Celui-ci continue simplement à évoluer via la révision annuelle indexée sur l’IRL, si le bail comporte une clause de révision. Autrement dit : le renouvellement n’est pas un prétexte pour augmenter le loyer. Pour qu’une hausse soit possible au renouvellement, le loyer doit être manifestement sous-évalué.

Quand le propriétaire peut-il proposer un nouveau loyer ?

Commençons par lever une confusion : la révision annuelle n’a rien à voir avec le renouvellement. Si le bail comporte une clause d’indexation, le loyer suit l’IRL, chaque année à la date prévue. Cette mécanique avance comme une horloge réglée sur son propre tempo, que le bail arrive à échéance ou non. Au renouvellement proprement dit, une seule porte d’entrée existe : le loyer doit être manifestement sous-évalué. Le bailleur doit alors adresser sa proposition au moins six mois avant l’échéance, qu’il s’agisse d’un logement vide ou meublé. Il doit l’appuyer sur des loyers pratiqués dans le voisinage pour des logements comparables. Pendant cette procédure, il ne peut pas donner congé à son locataire. Le locataire n’est pas tenu d’accepter. S’il refuse, ou s’il n’a toujours pas répondu quatre mois avant le terme du bail, l’une ou l’autre des parties doit saisir la commission départementale de conciliation, une étape gratuite et obligatoire avant d'entamer une procédure judiciaire. Si aucun accord n’est trouvé, le bailleur doit saisir le juge avant l’échéance. À défaut, le bail est reconduit avec le même loyer. Même lorsqu’elle est acceptée ou fixée par le juge, la hausse reste sous surveillance : Dans tous les cas, elle s’applique progressivement, étalée par tiers ou par sixièmes annuels selon la durée du bail et son ampleur. En zone tendue, elle ne peut dépasser la moitié de l’écart entre le loyer actuel et les loyers du voisinage. Seule exception : si le bailleur a réalisé, depuis le dernier renouvellement, des travaux d’amélioration ou de mise aux normes coûtant au moins une année de loyer. La hausse annuelle peut alors atteindre 15 % de leur coût. Les travaux ne suffisent pas, à eux seuls, à justifier une augmentation. Dans les villes où le niveau des loyers est encadré (Paris, Lyon, Lille…), le bailleur ne peut demander une réévaluation que si le loyer est inférieur au loyer de référence minoré, et sans dépasser ce plafond. Quant aux travaux réalisés en cours de bail, ils ne peuvent entraîner une hausse que si une clause du bail ou un avenant signé par le locataire le prévoit. Pas question, donc, de transformer un simple coup de peinture en prétexte tarifaire !

Renégocier son loyer : droits du locataire et recours en cas de désaccord

Quel que soit le contexte, le locataire n’est jamais condamné à accepter une hausse de loyer sans broncher : il peut la contester, produire ses propres références de loyers et solliciter une action auprès de la commission départementale de conciliation. Si le dialogue tourne court, le bailleur doit saisir le juge des contentieux de la protection avant l’échéance du bail, faute de quoi celui-ci est reconduit au même loyer. Et la loi offre plusieurs garde-fous : en zone tendue, la hausse est plafonnée et, dans les villes où le niveau des loyers est encadré, elle est plus limitée encore, tandis que les logements classés F ou G au DPE sont carrément privés de toute possibilité d’augmentation. Autrement dit, la hausse n’a rien d’automatique et encore moins d’inéluctable.

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