Aller au contenu principal
Fermer

Près d’un utilisateur de fioul sur deux compte garder sa chaudière

information fournie par Le Figaro 08/06/2021 à 06:00

(Crédits photo : Adobe Stock -  )

(Crédits photo : Adobe Stock - )

L'interdiction d'installer de nouvelles chaudières au fioul vient d'être repoussée de 6 mois. Une bonne nouvelle pour les Français qui sont attachés à ce mode de chauffage.

L'an dernier, l'interdiction du chauffage au gaz dans les maisons neuves (attendue cet été, décalée au 1er janvier 2022 selon nos informations) avait déjà suscité son lot de commentaires et de mécontentements. C'est désormais aux restrictions concernant le fioul de se faire plus précises. L'interdiction d'installer de nouvelles chaudières de ce type dans des logements quels qu'ils soient, était attendue pour le 1er janvier 2022.

Le gouvernement a finalement opté pour un délai rallongé de 6 mois, soit le 1er juillet 2022. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a justifié ce changement ce lundi sur France 2, en expliquant: «Nous avons la volonté dans cette période d'y aller tranquillement. Nous voulons faire comprendre la nécessité d'évoluer. On a vu qu'il y avait un problème de compréhension (chez les Français). À partir de là, nous voulons que les choses puissent se passer correctement. Nous voulons prendre plus de temps pour expliquer.»

«Une chose est sûre, nous manquons d'un objectif clairement affirmé, souligne Pierre Maillard, directeur général de l'enseigne Hellio qui accompagne particuliers et entreprises dans la transition énergétique. Il faudrait un travail de fond avec les professionnels du secteur pour préciser la marche à suivre et quelles sont les alternatives au fioul recherchées par le gouvernement.» De son côté, Hervé Degrève, fondateur de la plateforme de commande FioulReduc, reste d'un optimisme mesuré. «Ce décalage de 6 mois est une bonne chose pour laisser aux clients, aux distributeurs de fioul comme aux chauffagistes, un peu plus de temps pour se préparer mais il faudra plus de pédagogie et de marketing pour accompagner ce changement.» Sinon, tous deux craignent des réactions d'immobilisme, voire de rejet comme la campagne «Touche pas à mon fioul» lancée par certains distributeurs.

Seulement 15% sont déjà prêts à changer

La défiance des Français sur le sujet reste forte. Selon une enquête menée conjointement par Hellio et FioulReduc, l'interdiction qui se profile, suscite chez les usagers actuels du fioul avant tout de l'inquiétude (pour 36% des utilisateurs qui craignent des soucis financiers), du mécontentement (32% qui ne souhaitent pas changer d'énergie) et de l'attentisme (16% qui ne comptent pas changer d'habitudes de consommation). Au final, 47% des sondés veulent conserver leur chaudière ou l'adapter au biofioul, les autres se partageant entre ceux qui ne savent pas ce qu'ils feront (38%) et une petite minorité (15%) qui est prête à changer d'énergie.

Les raisons qui poussent ces 47% à ne pas vouloir changer sont simples: 47% d'entre eux ne voient pas l'intérêt de changer une installation qui fonctionne tandis que 17% estiment qu'ils n'ont pas les moyens et 17% qui soulignent que dans leur situation c'est ce qu'il y a de moins cher. Rappelons que cette interdiction ne doit concerner que l'installation de nouvelles chaudières au fioul, ce qui inclut le remplacement d'une chaudière non réparable (un décret à venir devra préciser cette notion ainsi que les éventuels cas d'exemption quand il n'y a pas d'alternative possible).

Qui se chauffe au fioul? Il s'agit de personnes de 61 ans en moyenne (à 56% des retraités), vivant à 2,3 personnes par foyer dans une maison bien plus grande que la maison moyenne (173 m² contre 112,2 m² pour les Français en général) et disposant d'un revenu légèrement supérieur au foyer moyen (37.343 € contre 36.740 €). «Les Français veulent qu'on les aide à évoluer, souligne Hervé Degrève, et cela passe notamment par la possibilité de verdir leur produit (augmentation progressive de la part de biofioul) ou encore de compéter l'usage de leur chaudière au fioul par une énergie complémentaire, comme le bois par exemple, dont la part augmenterait.» Pierre Maillard comprend que la bascule vers d'autres énergies soit compliquée. «Les retours des usagers de pompes à chaleurs mêlent vraiment aspects positifs et négatifs, souligne-t-il. Quant aux chaudières à bois, son remplissage régulier par un public de plus de 60 ans voire 70 ans n'est pas forcément commode.»

0 commentaire
Signaler le commentaire Fermer
A lire aussi
  • Loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) : quelles conséquences pour les terrains à bâtir ? / iStock.com - RonFullHD
    information fournie par Boursorama avec LabSense 29.03.2026 08:30 

    La loi ZAN, qui vise à supprimer d'ici à 2050 l'artificialisation des sols, modifie peu à peu le marché français du foncier. En réduisant le nombre de constructions en vue de protéger les terres naturelles et agricoles, ce concept de "sobriété foncière" va impacter ... Lire la suite

  • Acheter un bien locatif permet de diversifier de manière tangible ses placements. Les propriétaires se constituent des revenus complémentaires tout en se créant un patrimoine. ( crédit photo : Getty Images )
    information fournie par Le Particulier 29.03.2026 08:00 

    Acheter pour louer est-il encore rentable ? Entre des taux élevés, des prix qui ne fléchissent pas, les obligations liées au diagnostic de performance énergétique (DPE) ou encore la fiscalité des revenus locatifs, les investisseurs peuvent légitiment se poser la ... Lire la suite

  • Des avions d'Air France sur le tarmac du Terminal 3 de l'aéroport d'Orly, le 24 juin 2020 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
    information fournie par AFP 28.03.2026 22:23 

    Air France a effectué samedi sa dernière rotation à Orly avant de se recentrer sur Roissy Paris-Charles-de-Gaulle, mettant un terme à une histoire de 80 ans, industrielle et parfois glamour, avec l'aéroport parisien. Le dernier vol aux couleurs de la compagnie ... Lire la suite

  • Un avion d'Air France sur le tarmac de l'aéroport d'Orly, le 24 juin 2020 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
    information fournie par AFP 28.03.2026 11:32 

    Air France quitte samedi l'aéroport parisien d'Orly pour se recentrer sur celui de Roissy Paris-Charles de Gaulle qui poursuivra les liaisons vers Nice, Toulouse et Marseille. Le dernier vol aux couleurs de la compagnie tricolore est un Nice-Paris qui atterrira ... Lire la suite

Pages les plus populaires