La ville de Paris vient d'adopter le doublement de la taxe sur les logements vacants ( Crédits photo: Shutterstock )
Face à la pénurie de logements dans la capitale, la Ville de Paris souhaite encourager les propriétaires à louer ou à vendre leurs biens laissés vides. À partir de 2027, une nouvelle taxe locale pourra atteindre 60 % de la valeur locative cadastrale.
Un nouveau levier face à la crise du logement
À Paris, trouver un logement relève souvent du parcours du combattant. Pourtant, de nombreux appartements restent inoccupés pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Pour tenter de remettre une partie de ces biens sur le marché, le Conseil de Paris vient d'adopter une hausse importante de la taxation des logements vacants.
L'objectif annoncé est ambitieux : permettre la remise en circulation d'environ 20.000 logements, que ce soit par la location ou par la vente. La mesure doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027, dans le cadre d'une nouvelle taxe locale prévue par la loi de finances pour 2026.
Près d'un logement parisien sur dix est vacant
Selon les données de l'INSEE citées par la Ville, Paris compte 139.075 logements vacants, sans inclure les résidences secondaires. Cela représente environ 10 % de l'ensemble des logements de la capitale.
Tous ces biens ne sont pas nécessairement habitables ou immédiatement disponibles. Certains sont en travaux, bloqués par une succession ou concernés par une procédure judiciaire. D'autres sont proposés à la vente ou à la location, mais ne trouvent pas preneur. La municipalité estime néanmoins qu'une partie importante de ces logements pourrait à nouveau accueillir des habitants.
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Comment la nouvelle taxe sera-t-elle calculée ?
La taxe concernera les logements inoccupés depuis au moins un an, situés dans des communes où la demande de logements est supérieure à l'offre. Elle sera calculée à partir de la valeur locative cadastrale du bien, c'est-à-dire une estimation administrative du loyer annuel que le logement pourrait produire.
La loi fixe normalement un taux de 17 % pour la première année d'imposition, puis de 34 % à partir de la deuxième année. Les communes peuvent toutefois augmenter ces taux. Paris a choisi de les porter à 30 % la première année, puis à 60 % dès la deuxième.
À titre d'exemple, le propriétaire d'un appartement vide de 30 mètres carrés dans le 17e arrondissement payait auparavant environ 790 euros de taxe. Avec le nouveau dispositif, la somme atteindrait 1.400 euros en 2027, puis 2.800 euros à partir de 2028.
Des exonérations pour les situations subies
La Ville souligne que certains propriétaires ne choisissent pas volontairement de laisser leur logement vide. Les exonérations existantes seront donc maintenues lorsque la vacance résulte, par exemple, de travaux importants, d'un litige, d'une succession ou de difficultés à trouver un acheteur ou un locataire au prix du marché.
Les personnes concernées devront déclarer leur situation sur le service « Gérer mes biens immobiliers » du portail des impôts et conserver les documents permettant de la justifier.
Cette hausse de la taxe n'a pas uniquement vocation à rapporter de l'argent aux collectivités. Son principal objectif est d'inciter les propriétaires à redonner une utilité à leur logement.
La Ville de Paris prévoit également des dispositifs d'accompagnement : aides pour réaliser des travaux, soutien à la recherche de locataires ou garanties contre certains risques locatifs. L'enjeu est de rassurer les propriétaires tout en répondant aux besoins des Parisiens.
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