Boussole pointant vers la retraite. (Crédits: Adobe Stock)
Contrairement aux idées reçues, les retraités français subissent une fiscalité moins lourde que leurs voisins européens. Les prélèvements obligatoires représentent en moyenne 10,2% des pensions de vieillesse en France, contre 14,5% dans l'Union européenne. Un constat qui intervient alors que le gouvernement envisage de réduire l'abattement fiscal sur les retraites.
Les retraités français sont-ils aussi lourdement taxés qu'on pourrait le penser ? Pas si l'on compare leur situation à celle de leurs voisins européens. Alors que le projet de loi de finances pour 2027 (PLF) prévoit d'abaisser le plafond de l'abattement fiscal de 10% sur les pensions, une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), rendue publique le 27 octobre 2026, apporte un éclairage sur la fiscalité des retraites en Europe.
D'après cette étude, réalisée notamment à partir des données d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne (UE), les prélèvements obligatoires représentent en moyenne 10,2% des pensions de vieillesse en France, contre 14,5% dans l'UE. Ces prélèvements comprennent l'impôt sur le revenu, les contributions et les cotisations sociales.
Des pensions deux fois plus imposées
La différence est particulièrement marquée avec plusieurs pays d'Europe occidentale. En Italie, les prélèvements obligatoires atteignent 20,8% des pensions de vieillesse, soit plus du double du taux français. Ils grimpent à 24,5% au Danemark et culminent à 26% aux Pays-Bas.
À l'inverse, les retraités de plusieurs pays d'Europe de l'Est bénéficient d'une fiscalité nettement plus favorable. Le taux de prélèvements obligatoires sur les retraites y est généralement inférieur à 3%, à l'exception de la Pologne, où il avoisine le niveau français. En Hongrie, en Lituanie et en Slovaquie, les pensions de vieillesse sont même totalement exonérées de prélèvements.
La situation française peut paraître paradoxale. Selon les dernières données d'Eurostat, la France est redevenue le premier État membre le plus fiscalisé de l'Union, juste devant le Danemark. Pourtant, les pensions de ses retraités sont proportionnellement moins taxées que la moyenne européenne.
Les autres prestations également moins fiscalisées
Cette particularité ne concerne pas uniquement les retraites. Selon la Drees, le taux moyen de prélèvements obligatoires sur l'ensemble des prestations sociales atteint 5,8% en France, contre 9% dans l'UE. La fiscalité française sur ces prestations est donc inférieure d'environ un tiers à la moyenne européenne.
Toutes les prestations sociales ne sont cependant pas soumises au même niveau d'imposition. En France, les pensions de vieillesse figurent parmi les plus taxées. À titre de comparaison, les prélèvements obligatoires représentent en moyenne 1,7% des prestations de santé, et 2% des allocations familiales et des pensions d'invalidité. Le taux atteint 7,6% pour les allocations chômage.
Le poids des retraites dans la fiscalité sociale est d'ailleurs particulièrement important. Les pensions de vieillesse concentrent à elles seules 78,9% des prélèvements obligatoires appliqués aux prestations sociales, alors qu'elles ne représentent que 45,1% du montant total de ces prestations.
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