(Crédits: Adobe Stock)
En moins de sept ans, le plan d'épargne retraite s'est imposé comme le produit incontournable pour préparer financièrement votre retraite. Selon une étude de la Mutualité française, il rassemble désormais 55% des adhérents à un dispositif de retraite supplémentaire. Un succès spectaculaire qui cache pourtant une méconnaissance persistante de ce placement.
Le plan d'épargne retraite (PER) n'en finit plus de gagner du terrain. Commercialisé depuis le 1er octobre 2019, ce placement, qui vous permet de vous constituer un complément de revenus pour vos vieux jours, a rapidement trouvé son public. Au point de représenter désormais plus de la moitié des adhérents à un dispositif de retraite supplémentaire facultative, destiné à compléter les pensions des régimes obligatoires.
C'est ce qui ressort d'une étude de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), publiée le 5 octobre 2026. Pour dresser ce constat, la FNMF s'est appuyée sur des données publiques ainsi que sur un sondage réalisé auprès de 3 000 personnes.
Parts de marché multipliés par 18 en quatre ans
La progression du PER donne le vertige. En 2019, année de son lancement, il ne représentait que 3% des adhérents à la retraite supplémentaire facultative. Un an plus tard, cette proportion atteignait déjà 18%, avant de grimper à 30% en 2021, puis à 49% en 2022.
Et la tendance ne s'est pas arrêtée là. Selon les dernières données consolidées reprises dans l'étude, près de 9,5 millions de Français possédaient un PER en 2023, soit 55% des 17,3 millions d'adhérents à un produit d'épargne retraite dans l'Hexagone.
Cette percée se retrouve également dans le sondage de la Mutualité française. Parmi les personnes interrogées, 37% déclarent être couvertes par un PER, qu'il s'agisse d'un contrat souscrit à titre individuel ou d'un dispositif mis en place dans leur entreprise.
Une réussite un peu biaisée
Derrière cette ascension spectaculaire se cache d'abord une réforme qui a profondément bouleversé le marché de l'épargne retraite. Depuis le 1er octobre 2020, vous ne pouvez plus souscrire les anciens produits tels que le plan d'épargne retraite populaire (Perp), le contrat de retraite Madelin réservé aux indépendants, le plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco) ou encore le contrat de retraite supplémentaire à cotisations définies dit « article 83 ».
Si vous détenez l'un de ces anciens contrats, vous pouvez toutefois continuer à l'alimenter selon ses règles. Vous avez également la possibilité, sous certaines conditions, de transférer votre épargne vers un PER.
Ces transferts et la transformation d'anciens dispositifs expliquent en grande partie l'envolée du nombre de titulaires de PER, qui a bondi de 571% en 2020. Autrement dit, le succès du nouveau placement ne repose pas uniquement sur l'arrivée de nouveaux épargnants, mais aussi sur la migration de contrats déjà existants.
Un produit plus souple
Le PER possède néanmoins plusieurs atouts. Alors que votre épargne est en principe bloquée jusqu'à la retraite, vous pouvez, sous certaines conditions, la débloquer de manière anticipée pour acheter votre résidence principale. Cette possibilité ne concerne toutefois pas les sommes issues de versements obligatoires.
Autre avantage : lorsque vous prenez votre retraite, vous pouvez récupérer votre épargne sous forme de capital, de rente viagère (un revenu versé jusqu'à votre décès) ou en combinant les deux. Les modalités de sortie dépendent toutefois de l'origine des sommes placées sur votre plan.
Malgré son succès, le PER reste paradoxalement mal connu. Selon l'enquête de la FNMF, seuls 39% des Français interrogés déclarent en avoir entendu parler. Un résultat étonnant au regard de la place prise par ce placement dans le paysage de l'épargne retraite.
Crainte de manquer d'argent à la retraite
Et cette méconnaissance dépasse largement le seul PER. Près de deux personnes interrogées sur trois (63%) affirment ne pas connaître les dispositifs qui permettent de préparer financièrement leur retraite.
Un manque d'information d'autant plus préoccupant que les Français redoutent une baisse de leur niveau de vie lorsqu'ils cesseront de travailler. Ainsi, 60% des répondants estiment qu'ils ne disposeront pas de ressources suffisantes pour vivre correctement à la retraite.
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