Les dernières prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR) basées sur le taux de natalité en France assombrissent le tableau sur le système financier du système de retraite. ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- Retraites: une révision du diagnostic financier se profile
- Migration et retraites: un moteur aux bénéfices temporaires
- Réforme des retraites: suspendue jusqu’en 2028 ou bientôt relancée?
- Capitalisation et retraites: un modèle en quête de reconnaissance
Retraites: une révision du diagnostic financier se profile
Publié le mercredi 11 février, le dernier bulletin du COR alerte sur une dégradation du déficit du système de retraite. Loin de s’améliorer, celui-ci devrait encore s’alourdir. Ce constat repose sur une actualisation des données démographiques.
« La fécondité est notamment inférieure au scénario central (1,56 enfant par femme en 2025) et le solde migratoire est nettement plus élevé. Ces écarts ont conduit les membres du COR à s’interroger sur une révision des hypothèses dans le rapport de juin 2025 », notent les analystes.
Jusqu’à présent, le COR tablait sur un taux de 1,8 enfant par femme. Or, la natalité reste un moteur essentiel du financement par répartition et sa baisse persistante fragilise durablement l’équilibre du modèle. In fine, si le volume des prestations reste stable, sa part relative dans la richesse nationale augmenterait. Elle passerait ainsi de 14,2% à 14,8% du PIB. Cette hausse mécanique s’explique par un dénominateur (le PIB) affaibli par une population active moins nombreuse qu’anticipé.
Migration et retraites: un moteur aux bénéfices temporaires
Au-delà des évolutions démographiques, l’actualisation des hypothèses migratoires ne permet pas non plus de préserver le niveau de déficit initialement envisagé. Certes, le COR souligne que «le solde migratoire est nettement plus élevé » (+70 000 personnes par an), ce qui se traduirait « immédiatement par des ressources plus élevées ».
Pour autant, cet apport positif serait en grande partie neutralisé dans la durée: son effet sur le solde financier serait « réduit à plus long terme par la hausse des dépenses induite par un nombre de retraités plus élevés que dans le scénario de référence ».
Réforme des retraites: suspendue jusqu’en 2028 ou bientôt relancée?
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) attend désormais les nouvelles projections démographiques de l’Insee avant de procéder à un « réexamen complet » de ses prévisions financières, prévu pour le printemps 2026.
Mais d’ores et déjà, la question se pose. Rappelons que la réforme des retraites de 2023 a été suspendue jusqu’en janvier 2028. Cette pause, destinée à apaiser les tensions sociales et politiques, pourrait toutefois être de courte durée.
Loin de s’effacer du débat public, le sujet devrait au contraire s’inviter avec force au cœur de la campagne présidentielle de 2027. Les candidats se verront contraints de trancher entre des options difficiles: nouvelle augmentation de la durée de cotisation, baisse du niveau de vie relatif des retraités, ou recherche de nouvelles sources de financement pour préserver l’équilibre du système.
Capitalisation et retraites: un modèle en quête de reconnaissance
La probable révision à la hausse du déficit du régime des retraites donne également du grain à moudre aux partisans de l’intégration d’une dose de capitalisation dans un système par répartition dont l’équilibre est sans cesse remis en cause. Longtemps marginale, l’idée gagne en crédibilité à mesure que les déséquilibres se creusent.
Le Plan d’épargne retraite (PER) , instauré par la loi Pacte de 2019, s’impose comme la principale alternative complémentaire. D’après les chiffres du ministère de l’Économie publiés le 16 février 2026, le PER regroupe désormais près de 12,7 millions d’épargnants pour un encours total de 141,1 milliards d’euros - ce qui constitue un record historique.
Ces données illustrent ainsi une prise de conscience croissante chez les Français: le PER est perçu comme un complément viable et indispensable au système par répartition. Il permet d’accumuler un capital personnel pour améliorer le montant de la future pension, atténuer les effets d’une démographie défavorable et diversifier les sources de revenus à la retraite.
Face à l’incertitude sur le niveau des pensions obligatoires, il semble donc incarner une réponse pragmatique pour atténuer les effets d’une démographie défavorable, diversifier ses revenus et préserver son pouvoir d’achat une fois à la retraite.
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