Crédit photo : Shutterstock
Vous avez souscrit une assurance vie et désigné un proche comme bénéficiaire ? Une décision récente du Médiateur de l'Assurance rappelle qu'une formule en apparence anodine — « vivant ou représenté » — peut avoir des conséquences très différentes de ce que vous imaginez.
Que se passe-t-il si votre bénéficiaire décède avant vous ?
Lorsque vous ouvrez un contrat d'assurance vie, vous désignez un ou plusieurs bénéficiaires qui recevront le capital à votre décès. Mais que se passe-t-il si l'un d'eux disparaît avant vous ? Pour anticiper cette situation, de nombreux assurés ajoutent la mention « vivant ou représenté » à côté du nom du bénéficiaire. L'intention est louable : il s'agit de faire en sorte que les descendants du bénéficiaire décédé puissent recevoir le capital à sa place.
Ce mécanisme s'appelle la représentation. Dans le langage juridique, c'est une fiction qui permet à certains héritiers de « prendre la place » d'un défunt pour recevoir ce qui lui aurait été dû.
L'affaire qui illustre le piège
Dans le cas soumis au Médiateur de l'Assurance, un souscripteur avait désigné un proche nommément, avec la mention « vivant ou représenté », et à défaut ses propres héritiers. Après le décès du souscripteur, l'assureur apprend que le bénéficiaire désigné est lui aussi décédé, quelques années plus tôt.
C'est alors la sœur du bénéficiaire décédé qui se manifeste. Elle réclame le capital, estimant qu'en tant qu'héritière de son frère, elle devrait le représenter et percevoir les fonds.
L'assureur refuse et verse le capital aux bénéficiaires de second rang prévus dans le contrat. La sœur conteste cette décision. Qui a raison ?
La réponse du droit : non, une sœur ne peut pas représenter son frère
La réponse est sans appel : l'assureur a bien fait. Et pour comprendre pourquoi, il faut se tourner vers le Code civil.
La représentation, empruntée au droit des successions, obéit à des règles précises. L'article 752-2 du Code civil indique que, dans les familles dites « collatérales » — c'est-à-dire les personnes qui ne descendent pas les unes des autres mais partagent un ancêtre commun, comme des frères et sœurs — la représentation ne bénéficie qu'aux enfants et descendants du défunt, pas à ses frères et sœurs.
Autrement dit : un fils ou une fille du bénéficiaire décédé aurait pu recevoir le capital à sa place. Mais une sœur, non. Elle est une collatérale, pas une descendante.
Ce qu'il faut retenir pour votre propre contrat
Cette affaire soulève une question simple mais essentielle : votre clause bénéficiaire reflète-t-elle vraiment vos souhaits ?
Beaucoup de souscripteurs pensent que la mention « vivant ou représenté » garantit que le capital ira à la famille du bénéficiaire, quelle qu'elle soit. C'est une idée reçue.
Le Médiateur de l'Assurance insiste sur un point clé : les assureurs et intermédiaires ont un devoir d'accompagnement. Ils doivent expliquer clairement les règles du jeu à leurs clients, pour que la clause bénéficiaire corresponde exactement à leur volonté.
Revoyez régulièrement votre clause bénéficiaire avec votre conseiller, surtout après un événement familial important (naissance, décès, mariage). Une rédaction précise peut éviter bien des conflits et des déceptions au moment où vos proches en auraient le moins besoin.
Vous souhaitez épargner pour des projets long termes, comme un futur achat immobilier ou les études de vos enfants ? Découvrez l’assurance vie BoursoVie !
En fonction de votre appétence au risque, vous pouvez choisir les supports d’investissement qui vous intéressent avec la gestion libre – entre supports garantis (fonds en euros) et supports financiers (supports en unités de compte), ou déléguez la gestion de votre contrat avec la gestion pilotée.
Ce contrat présente un risque de perte en capital
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement