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Bientôt un bouclier tarifaire pour les transports ?
information fournie par Boursorama avec LabSense21/11/2022 à 09:45
Temps de lecture: 2 min

La flambée des prix de l'énergie a fait exploser la consommation en électricité du transport ferroviaire. Le gouvernement sollicite auprès de la SNCF un bouclier tarifaire pour limiter l'augmentation du prix des billets.

Bientôt un bouclier tarifaire pour les transports ?-iStock-ErithJohn

Bientôt un bouclier tarifaire pour les transports ?-iStock-ErithJohn

Une hausse prévisible en 2023

Comme tous les opérateurs ferroviaires européens, la SNCF est confrontée à l'envolée du coût de l'électricité. Le surcoût de la compagnie nationale a atteint plus d'un milliard d'euros sur une année, soit une facture multipliée par cinq. Même si la situation est à relativiser en comparaison avec nos voisins (qui voient multiplier leur dépense par dix), la situation est malgré tout inquiétante pour le budget de l'usager. L'explosion de la consommation en électricité de la SNCF depuis le début des années 2000 est liée à l'histoire de l'entreprise. Pour faire face à la construction du TGV sans l'aide de l'État, la SNCF a dû vendre la SHEM, Société hydroélectrique du Midi, qui lui fournissait 30 % de son électricité. Alors qu'elle consomme entre 1 et 2 % de l'électricité du pays, elle se trouve donc aujourd'hui en difficulté pour faire face au contexte. En septembre, le patron de la SNCF a prévenu que le prix du billet subirait une augmentation en 2023. À partir d'un calcul approximatif, celle-ci pourrait même avoisiner les 10 %. Clément Beaune, ministre des Transports, a clairement affirmé que l'État ne pourra pas absorber cette majoration, et a renvoyé la balle dans le camp de la SNCF. Il demande à la compagnie ferroviaire que l'augmentation soit inférieure à l'inflation, et que les voyageurs les plus modestes et les plus jeunes, qui doivent prendre le train tous les jours, soient préservés. Pour l'heure, la mise en place d'un chèque transport ne semble donc pas à l'ordre du jour...

Les autres options possibles

D'autres options seraient envisageables pour tenter de remédier au problème. La première consisterait, pour l'État, à intervenir sur le taux de TVA. Fixée préalablement à 5,5 %, elle s'est ensuite élevée à 7 % avant de grimper à 10 % à partir de 2013. De plus, contrairement à d'autres frais, cette taxe ne peut pas être récupérée par les entreprises dont les salariés utilisent le train pour leurs déplacements. Quant à la SNCF, elle dispose potentiellement de différents leviers pour contenir la hausse. Elle pourrait adapter le prix de certains billets à l'augmentation du coût du carburant, à l'instar du modèle de la "surcharge kérosène" dans le transport aérien (exemple : mise en place d'une taxe temporaire de quelques euros, ou correspondant à un pourcentage du prix du billet, sur toutes les grandes lignes). L'autre possibilité serait de modifier temporairement ses "prix plafonds" en 2e classe pour les bénéficiaires de la carte Avantage, dont les tarifs freinent la rentabilité de certaines lignes (exemple : passer de 39 € à 42 € sur les trajets inférieurs à 1 h 30). En marge de la problématique du transport ferroviaire, le ministre a également évoqué la hausse du prix des péages autoroutiers prévue en 2023 (de l'ordre de 7 à 8 %), en souhaitant qu'elle reste en dessous de l'inflation. Des discussions entre les sociétés d'autoroute et le gouvernement sont en cours.