(Crédits: Unsplash - Masahiro Naruse)
Fini les avocats, ananas et viandes d'Amérique du Sud pour les élèves loirétains. Le département a demandé aux collèges de ne plus utiliser ces produits importés. Un rejet assumé du traité de libre-échange avec le Mercosur.
Après la grande distribution , au tour des collectivités locales d'entrer dans la résistance face au traité de libre-échange avec le Mercosur. Quelques jours après le feu vert accordé par l'Union européenne à ce texte contesté par des agriculteurs européens, le département du Loiret a annoncé mercredi 14 janvier son intention de bannir tous les produits importés d'Amérique du Sud des assiettes des collégiens.
Fermement opposé à l'accord commercial qui facilitera l'échange de biens, notamment agricoles, entre les deux rives de l'Atlantique, le département réaffirme «son engagement en faveur de l'agriculture locale, de la souveraineté alimentaire et du bien manger» . Considérant par ailleurs que cet accord comporte des «risques économiques, sanitaires, environnementaux et sociaux» à cause de normes «ne respectant pas toujours les mêmes [...] que celles imposées aux producteurs européens» , la collectivité donne consigne aux cantines des collèges de ne plus acheter de produits alimentaires sud-américains. Cette décision devrait être entérinée par un vote des conseillers départementaux fin janvier.
Repenser le projet alimentaire territorial du Loiret
Marc Gaudet, président (UDI) du conseil départemental du Loiret, raconte avoir cherché la meilleure façon d'agir pour soutenir les agriculteurs du territoire. «On a 68 collèges dans le Loiret, soit environ 3 millions de repas servis par an. Cela représente une véritable force de frappe» , explique-t-il. Depuis quelques semaines, les chefs de cantine inventorient ainsi les produits et recherchent ceux originaires d'Amérique du Sud. «Le problème, constate le président , c'est que la provenance exacte n'est pas indiquée. Beaucoup de produits transformés ou de viandes surgelées mentionnent seulement une origine “hors Union européenne”» . Le département applique donc une politique de tri simple, qui devrait également écarter des produits qui ne proviennent pas d'Amérique latine : «Quand on a un doute, on ne prend pas» .
Marc Gaudet assure en tout cas que ces produits aux origines troubles ne représentent qu'une part infime des produits, «peut-être 10%» du total . Reste que cette décision va demander une réorganisation logistique pour assurer l'approvisionnement des cantines. Le président estime qu'il faudra travailler différemment, anticiper la disponibilité des matières premières auprès des producteurs locaux et travailler sous forme de commandes groupées avec les collèges. Ces changements pourraient entraîner une hausse sur le coût des repas, que les services n'ont pas encore estimé. «Mais si c'est le cas, la collectivité prendra en charge ce surcoût», assure l'élu.
Ce dernier espère que cette annonce aura «un effet boule de neige» auprès des autres acteurs publics. L'association des maires du Loiret aurait déjà commencé à réfléchir à certaines mesures de vigilance sur l'origine des produits. De son côté, le département compte poursuivre cette démarche de sensibilisation, peut-être auprès des Ehpad cette fois.
