Une taxe au kilomètre pour les voitures électriques est-elle inévitable, et combien pourrait-elle coûter ? / iStock.com - AndreyPopov
Pourquoi une telle taxe ?
La transition vers l’électrique bouleverse un modèle fiscal vieux de plusieurs décennies qui assoit une grande partie du financement des routes et des infrastructures sur les taxes appliquées à l’essence et au gasoil. Les pouvoirs publics ont donc pour impératif de repenser la fiscalité automobile sans alourdir excessivement la facture pour les ménages. Certains spécialistes prônent une augmentation des taxes sur l’électricité dédiée à la recharge, mais cette piste est largement critiquée pour son manque d’équité, notamment envers les foyers modestes. La dimension environnementale pèse également lourd dans la réflexion : une taxe au kilomètre pourrait encourager une utilisation plus raisonnée de la voiture et réduire les trajets superflus.
Une idée qui fait son chemin...
Instaurer une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques n’est plus une simple hypothèse technique, c’est un enjeu politique, économique et social discuté ouvertement par les institutions, les experts et les usagers. La Cour des comptes ou France Stratégie alertent régulièrement sur la baisse des recettes liées aux carburants. Plusieurs responsables politiques évoquent publiquement la nécessité de « repenser la fiscalité routière » pour garantir le financement des infrastructures. La taxe au kilomètre se traduit aussi par la publication d’études explorant différents modèles : tarification variable selon le type de véhicule, taxation progressive selon le nombre de kilomètres parcourus ou encore systèmes de boîtiers embarqués. Ces scénarios, relayés par les médias, familiarisent le public avec l’idée et le préparent à une future mise en œuvre. Et si les associations d’usagers - notamment celles représentant les zones rurales - sont vent debout pour dénoncer une mesure jugée injuste, certaines organisations environnementales y voient un outil de sobriété utile pour limiter les trajets superflus.
Quel impact financier potentiel ?
Les projections restent incertaines, mais les études publiques évoquent généralement une taxe comprise entre 1 et 5 centimes par kilomètre pour les voitures électriques particulières, et jusqu’à 10 centimes pour les utilitaires. Cette taxe viendrait s’ajouter au coût de l’électricité, de l’assurance et de l’entretien, réduisant, dans les scénarios les plus élevés, l’avantage économique de l’électrique face au thermique.
Quel délai éventuel ?
En France, une réforme fiscale de cette ampleur nécessite une loi de finances et un débat parlementaire. L’aspect législatif devrait par ailleurs avoir été précédé de la mise en place d’un système de mesure des kilomètres (boîtier, télématique, déclaratif…) et d’une phase de test ou d’expérimentation. Or, rien de tout cela n’est engagé aujourd’hui. Et dans le contexte politique et social tendu qui est le nôtre, le gouvernement tend à éviter ce type de sujet particulièrement sensible. Si elle est probable, la taxe au kilomètre n’est donc pas imminente. Sans décision officielle, le scénario le plus réaliste place son déploiement à la fin de la décennie, autour de 2029–2030, voire plus tard selon le contexte politique.
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