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Coupe du monde 2026 : le cap du milliard d’euros de paris sportifs devrait être franchi, un record

information fournie par Le Figaro 11/06/2026 à 14:55

(Crédits: Unsplash - Fauzan Saari)

(Crédits: Unsplash - Fauzan Saari)

Selon l'Autorité nationale des jeux (ANJ), les Français pourraient miser au total 1,2 milliard d'euros sur les matchs du tournoi, un record. À titre de comparaison, la Coupe du monde 2022 avait généré environ 600 millions d'euros de mises.

Le coup d'envoi est donné. Ce jeudi 11 juin marque l'ouverture de la Coupe du monde de football 2026 , organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. La compétition promet d'être le Mondial de tous les records, notamment en termes de retombées économiques. En France, un secteur se frotte les mains : celui des paris sportifs. Selon l'Autorité nationale des jeux (ANJ), les Français pourraient miser au total 1,2 milliard d'euros sur les matchs du tournoi, un record. À titre de comparaison, la Coupe du monde 2022 avait généré environ 600 millions d'euros de mises , et les Jeux olympiques de Paris 2024 340 millions. Une croissance qui s'explique aussi par celle du nombre d'équipes et de matchs, car ce Mondial 2026 adopte un format élargi : 48 équipes, 104 matchs et plus de cinq semaines de compétition, contre 32 équipes et 64 rencontres lors des précédentes éditions.

«Le parcours de l'équipe de France sera néanmoins déterminant sur le montant des enjeux» , souligne l'ANJ. Les éditions passées le prouvent : plus les Bleus avancent, plus les volumes de paris s'envolent. En 2022, la finale perdue aux tirs au but face à l'Argentine avait généré à elle seule près de 54 millions d'euros de mises. L'ANJ a par ailleurs commandé une étude à Toluna-Harris Interactive, qui montre que les paris sportifs se sont largement popularisés au sein de la population : 57% des Français prévoient de suivre la Coupe du monde et, parmi eux, 41% envisagent de parier de l'argent sur les matchs, soit cinq points de plus qu'en 2022 et six de plus que lors de l'Euro 2024. Une pratique particulièrement marquée chez les jeunes : 54% des moins de 35 ans déclarent vouloir miser. Autre tendance notable, 30% des parieurs prévoient d'augmenter leurs dépenses par rapport aux compétitions précédentes, contre 19% en 2022.

Derrière ces chiffres records, les autorités alertent toutefois sur une réalité plus préoccupante. L'ANJ estime que 600.000 joueurs présentent aujourd'hui un profil de jeu «excessif», soit 8,7% des comptes actifs. Un chiffre en forte hausse par rapport aux 390.000 recensés début 2023, et qui progresse plus vite que le nombre total de joueurs. Face à cette évolution, l'ANJ a lancé une campagne de prévention baptisée «Zone à risques», visant à sensibiliser les joueurs et à les orienter vers des outils d'auto-évaluation comme Evalujeu.

Une proposition de loi pour encadrer la publicité pour les paris sportifs

Aujourd'hui dominé par des acteurs comme Winamax, Betclic ou Unibet, tandis que Bet365, géant mondial du secteur, vient de débarquer en France , le secteur des jeux d'argent connaît une croissance soutenue en France, d'environ 12% par an depuis 2019. Pour ces opérateurs, la Coupe du monde représente un énorme temps fort, celui qui concentre les volumes de paris les plus importants et attire de nombreux nouveaux joueurs.

Si la loi impose aux opérateurs de détecter les profils à risque et de les accompagner, seuls environ 89.000 joueurs sont officiellement identifiés comme tels, un chiffre jugé très insuffisant par l'ANJ. Ces joueurs à risque représenteraient à eux seuls environ 60% du chiffre d'affaires du secteur. Pour la présidente du régulateur, Isabelle Falque-Pierrotin, plusieurs signaux sont préoccupants à l'approche de la Coupe du monde, notamment l'intensification des campagnes publicitaires.

Dans ce contexte, le député écologiste Emmanuel Duplessy vient de déposer une proposition de loi visant à encadrer plus strictement la publicité pour les paris sportifs : interdiction des spots autour des matchs, fin du sponsoring sportif par les opérateurs et limitation de la promotion par les influenceurs. Il dénonce des dépenses publicitaires qui auraient atteint 800 millions d'euros en 2026, un chiffre contesté par les opérateurs, qui évoquent plutôt un montant de 350 millions d'euros.

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