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Derrière certains achats se cachent parfois des émotions plus profondes. Comprendre ce mécanisme peut aider à retrouver une relation plus saine avec son argent.
Faire chauffer sa carte bancaire pour oublier une mauvaise journée, se récompenser après un moment difficile ou simplement ressentir cette petite montée d’excitation au moment d’un achat : le mécanisme peut sembler anodin, jusqu’à devenir incontrôlable. Derrière certaines dépenses répétées se cache parfois l’oniomanie, une addiction aux achats compulsifs qui pousse à acheter moins pour posséder un objet que pour rechercher une émotion immédiate. « L’oniomanie, c’est l’achat compulsif : le besoin irrépressible d’acheter, non pour l’objet, mais pour l’émotion qu’il procure, c’est-à-dire un soulagement bref, souvent suivi de culpabilité », explique Illa, créatrice de The Frugal Elegance, qui a elle-même vécu cette spirale avant d’en sortir. Aujourd’hui, elle accompagne des femmes pour les aider à retrouver une relation plus sereine avec leur argent.
Une spirale financière qui commence souvent par une émotion
Pendant longtemps, Illa a caché derrière de nouveaux achats un malaise plus profond. Cette période a même eu des conséquences financières importantes. « Oui, l’achat compulsif m’a endettée », confie-t-elle auprès du site aufeminin . « C’est le côté qu’on montre peu : on voit les jolies pièces, pas le déséquilibre derrière. Plus je dépensais, plus je creusais sans jamais combler ce que je cherchais vraiment. » Son histoire commence dans un contexte où l’argent a rapidement pris une dimension symbolique. Ayant grandi dans un milieu modeste tout en étant scolarisée dans une école privée, elle évolue auprès de camarades qui affichent des vêtements, des voyages et un mode de vie auxquels elle aspire. « J’étais intégrée, aimée mais je savais que j’étais différente, et je voulais cette vie-là aussi », raconte-t-elle. Plus tard, une relation où les cadeaux occupaient une place importante renforce encore ce rapport à la consommation. Peu à peu, elle dépense son salaire, puis davantage, sans parvenir à ressentir la satisfaction recherchée.
Ce qui rend l’achat compulsif difficile à identifier, c’est qu’il ne ressemble pas toujours à un problème au premier regard. Une nouvelle tenue, un objet décoratif ou une commande en ligne peuvent sembler être de simples plaisirs du quotidien. Pourtant, derrière l’accumulation, certaines personnes perdent progressivement la maîtrise de leurs choix. Les proches d’Illa avaient remarqué qu’elle achetait beaucoup, mais le véritable changement intervient lorsqu’elle décide de mettre un mot sur ce mécanisme. « Tant qu’on ne nomme pas les choses, on ne peut pas en sortir. Le nommer, c’est déjà reprendre la main », estime-t-elle. Son déclic survient après une rupture, lorsqu’elle se retrouve seule avec son salaire et des dépenses qui dépassent largement ses revenus. « C’est là que j’ai compris : je n’achetais pas des objets, j’achetais un soulagement et aucun objet ne le tenait. »
Les premières étapes pour reprendre le contrôle sur son argent
Pour sortir de ce cercle, Illa a commencé par regarder ses finances en face, une étape souvent inconfortable mais essentielle. « J’ai tout mis à plat : ce que je gagnais, ce que je dépensais, où partait vraiment l’argent. C’est brutal, mais c’est le seul point de départ honnête », explique-t-elle. Plutôt que de chercher une transformation radicale du jour au lendemain, elle a choisi de modifier progressivement ses habitudes. Elle a diminué certaines dépenses, supprimé des achats automatiques, revu ses abonnements et vendu des vêtements qu’elle n’utilisait plus afin de créer une réserve financière. Cette démarche lui a permis de reconstruire un sentiment de sécurité, sans chercher à compenser chaque émotion difficile par une dépense.
Aujourd’hui, Illa défend une approche qu’elle appelle le « frugalisme élégant », une manière de consommer moins mais mieux, sans tomber dans la frustration permanente. Pour elle, l’objectif n’est pas de se priver, mais de reprendre conscience de ses choix. « Ce sont les pièces jamais portées, l’argent qui ne construit rien, et ce sentiment de ne plus être maître de ses choix », observe-t-elle lorsqu’elle évoque les conséquences invisibles des achats compulsifs. Son conseil principal consiste à sortir de la logique de quantité pour revenir à celle de la valeur. Les vêtements achetés uniquement pour suivre une tendance ou rester dans le mouvement peuvent rapidement devenir des dépenses oubliées. À l’inverse, investir dans quelques pièces durables et réellement appréciées permet de retrouver une consommation plus réfléchie.
Le vrai défi : changer son rapport émotionnel à l’argent
Au-delà des chiffres, reprendre le contrôle sur son argent demande aussi de comprendre ce que l’on cherche réellement à acheter. Dans le cas d’Illa, la dépense n’était pas seulement liée au désir de posséder, mais au besoin de combler un manque ou de ressentir une forme de reconnaissance. Cette prise de conscience lui a permis de changer durablement son rapport à la consommation. Elle encourage aujourd’hui à observer ses propres déclencheurs : acheter après une journée difficile, pour se rassurer, pour se comparer aux autres ou pour retrouver une sensation de contrôle. Identifier ces moments permet de créer un espace entre l’envie et l’action, et donc de reprendre progressivement la maîtrise de ses décisions financières.
Sortir des achats compulsifs ne signifie pas renoncer définitivement au plaisir de consommer. Il s’agit plutôt de retrouver une liberté que l’endettement et l’accumulation peuvent peu à peu enlever. Le parcours d’Illa montre qu’un changement est possible, à condition d’accepter de regarder ses habitudes avec honnêteté et sans culpabilité excessive. « Je voulais montrer qu’il existe une autre voie que la privation culpabilisante, une manière élégante de reprendre la main sur son argent », explique-t-elle. Aujourd’hui, son objectif est de rappeler qu’une situation financière plus équilibrée ne repose pas uniquement sur le fait de dépenser moins, mais aussi sur la capacité à comprendre pourquoi l’on dépense.
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