L’argent du quotidien, l’épargne de précaution et les projets à long terme gagnent à être répartis sur des supports adaptés plutôt que concentrés sur le compte courant ( Shutterstock )
Un compte courant trop rempli peut cacher une épargne mal répartie. Distinguer quotidien, précaution et projets change alors la donne.
Voir 10 000 euros disponibles sur son compte courant peut être rassurant. La somme semble immédiatement accessible pour absorber une facture imprévue, un mois plus coûteux que prévu ou une dépense importante. Pourtant, ce sentiment de sécurité peut masquer une question essentielle : cet argent doit-il réellement rester disponible à tout moment ? Le compte courant est avant tout conçu pour recevoir les revenus et régler les dépenses du quotidien. Lorsqu’une partie du solde n’est jamais utilisée, mois après mois, elle ne remplit plus vraiment cette fonction.
Le compte courant doit d’abord financer les dépenses du quotidien
Il n’existe pas de montant universel à conserver sur un compte courant . Tout dépend du rythme des revenus, des prélèvements à venir et des habitudes de dépenses. Pour un salarié payé régulièrement, une méthode consiste à calculer ce qui devra être réglé jusqu’au prochain salaire, puis à ajouter une marge destinée aux petits imprévus. Si le loyer est déjà payé et qu’il reste 1 500 euros de dépenses avant la prochaine rentrée d’argent, conserver systématiquement plusieurs milliers d’euros supplémentaires n’est pas forcément nécessaire. Pour un indépendant aux revenus irréguliers, l’analyse doit plutôt porter sur plusieurs mois afin d’intégrer les périodes moins favorables et les échéances à venir.
Le chiffre de 10 000 euros constitue donc davantage un cas pratique qu’un seuil à respecter. Cette somme peut parfaitement avoir sa place sur un compte courant si des travaux, des impôts ou un achat important doivent être réglés prochainement. En revanche, si le compte ne descend jamais sous les 10 000 euros depuis un an, une partie de cette trésorerie est probablement inutilisée. Observer son point bas sur six ou douze mois permet justement de repérer le montant dont on n’a jamais réellement besoin au quotidien.
Une somme disponible qui ne doit pas être confondue avec l’épargne de précaution
Laisser davantage d’argent que nécessaire sur un compte courant a un coût . La plupart des comptes ne sont pas rémunérés : 10 000 euros conservés pendant un an n’y produisent donc généralement aucun intérêt. Dans le même temps, la hausse des prix réduit progressivement le pouvoir d’achat de cette somme. À titre d’illustration, 10 000 euros placés sur un support rapportant 1,7 % net généreraient 170 euros sur un an. Ce calcul ne signifie pas qu’il faille déplacer automatiquement son argent vers le produit offrant le meilleur rendement : disponibilité du capital, fiscalité, horizon de placement et risque doivent aussi entrer dans l’équation.
Surtout, la trésorerie du quotidien ne doit pas être confondue avec l’épargne de précaution . Cette dernière sert à faire face à un événement plus sérieux, comme une baisse durable de revenus, une période sans emploi ou une dépense exceptionnelle. Une réserve correspondant par exemple à plusieurs mois de dépenses peut être pertinente selon la situation, mais elle n’a pas nécessairement besoin de rester sur le compte associé à la carte bancaire. Un Livret A, un LDDS ou un autre support liquide permet de garder cet argent rapidement accessible tout en le séparant des sommes destinées aux dépenses courantes.
À chaque horizon son enveloppe d’épargne
Cette organisation peut aussi permettre de distinguer une troisième poche : l’argent dont on n’a pas besoin immédiatement et qui finance des projets plus éloignés. Chez BoursoBank, le Livret Bourso+ peut par exemple compléter les livrets réglementés . Il est rémunéré à 1,50 % brut par an, avec une rémunération pouvant atteindre 2,50 % brut avec l’Offre Metal, selon les conditions en vigueur. Sans plafond de versement, avec un capital garanti et des retraits possibles à tout moment, il peut notamment servir à isoler différentes enveloppes. BoursoBank permet d’ailleurs d’en ouvrir jusqu’à quatre et de les renommer en fonction de ses projets.
Pour un horizon plus long, d’autres solutions peuvent être envisagées. Le contrat BoursoVie , accessible à partir de 300 euros, donne notamment accès à des fonds en euros et à des unités de compte parmi environ 600 supports. Ces dernières présentent un risque de perte en capital, contrairement à l’argent laissé sur un compte bancaire ou à certains supports garantis. L’enjeu n’est donc pas de transférer mécaniquement tout excédent de trésorerie, mais de donner une fonction claire à chaque somme : le compte courant pour vivre jusqu’au prochain revenu, une réserve liquide pour les imprévus importants et des placements adaptés pour l’argent dont l’horizon est plus lointain.
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