Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
  1. Aide
    1. Espace Client
  1. Aide
    1. Espace Client

Spiritueux sans alcool, la nouvelle tendance
information fournie par Le Particulier pour BoursoraMag23/11/2020 à 09:00
Temps de lecture: 3 min

Spiritueux sans alcool, la nouvelle tendance (Crédits photo : Shutterstock)

Spiritueux sans alcool, la nouvelle tendance (Crédits photo : Shutterstock)

En Europe comme aux Etats-Unis, les spiritueux sans alcool ont le vent en poupe. Les cabinets d'études anticipent un engouement grandissant, notamment chez les jeunes, pour ce type de boisson. C'est que toutes, ou presque, jouent sur l'idée d'une boisson plus saine et s'appuient sur l'engouement pour les produits bien-être des populations. Malgré l'essor de cette nouvelle tendance, la consommation excessive d'alcool partout dans le monde demeure inquiétante.

Le sans alcool, une tendance de fond

Les géants de l'alcool ont les yeux tournés vers les boissons non alcoolisées car elles rapportent gros. D'après les données du cabinet IWSR spécialisé dans l'analyse du marché des boissons alcoolisées, le marché des « nolo » (« no alcohol low alcohol ») progresse de 20% en France entre 2017 et 2018 et de 30,5% sur l'année 2018-2019. Dans le même temps, la consommation de bières sans alcool ou avec peu d'alcool augmente de 18% en Europe de l'ouest depuis 2015 et devrait encore augmenter de 12% d'ici la fin 2022. Sur le marché britannique, les ventes de spiritueux sans alcool devraient grimper de 80% entre 2018 et 2022.

L'année 2019 marque un tournant avec le lancement d'une dizaine de nouvelles marques sur le marché. Parmi les bouteilles les plus populaires, on retrouve Seedlip, la première marque de spiritueux sans alcool aujourd'hui contrôlée… par le géant de l'alcool Diageo (Guinness, Captain Morgan, Johnnie Walker…). Pernod Ricard déploie depuis 2018 deux marques : Ceder's et Celtic Soul, des whiskys sans alcool. Même Lidl sort son propre gin sans alcool, le CeroCero.

Le retour à la nature

Comme souvent, le mouvement des spiritueux sans alcool part des Etats-Unis à travers les « sober curious » et « l'alcool free ». Le premier, lancé par Ruby Warrington, auteure américaine, vise à se laisser la possibilité de choisir ou non de boire et ainsi de modifier ses habitudes de consommation d'alcool. Ce principe séduit les jeunes soucieux de leur santé en quête de produits naturels à base de plantes.

Pour attirer l'attention des buveurs, les marques jouent la carte du bio et du retour à la nature. Les bouteilles sont épurées et mettent en avant une boisson saine, naturelle, avec des plantes sur l'étiquette. Certaines entreprises proposent des spiritueux classiques désalcoolisés auxquels sont rajoutés des arômes naturels pour donner du goût. D'autres, de véritables décoctions originales à base de plantes.

La prolifération des bars sans alcool

Le mouvement s'étend jusqu'aux établissements. Ceux-ci proposent des cartes sans une goutte d'alcool dans de nombreuses villes. Ainsi, depuis 2018, le Listen Bar à New-York sert à sa clientèle des cocktails à 11 dollars, riche en goût, mais sans alcool. A Dublin, le Virgin Mary propose une carte 100% alcohol free. Tout récemment en France, à Nantes, le bar « Gueule de joie », s'installe au sein de la galerie Quartus avec ses cocktails, vins et bières sans alcool. Il s'inscrit ainsi dans la même veine que Cozette, le premier dry bar français, situé à Paris dans le 18ème arrondissement.

L'alcool n'a pas dit son dernier mot

Mais qu'on ne s'y trompe pas. L'alcool est loin d'être passé de mode en France comme ailleurs. Si l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies indique que la consommation d'alcool pur par habitant de plus de 15 ans est passée 26 litres en moyenne par an en 1961 à 11,7 litres en moyenne par an en 2017, c'est essentiellement grâce à la baisse de consommation quotidienne de vin à table.

1 adulte sur 10 boit tous les jours, rappelle Santé Publique France et la consommation ponctuelle importante, également appelée binge drinking, progresse sur tout le territoire. 41 000 personnes meurent toujours à cause de l'alcool en France. Ce fléau touche aussi bien l'Hexagone que les Etats-Unis, pourtant fer de lance de la tendance « nolo ». Outre-Atlantique, en 2015, 127 500 personnes sont mortes d'overdoses, de suicide ou de causes liées à l'alcool, le plus haut taux de l'Histoire américaine.

Spiritueux sans alcool : un marché qui décolle… en silence

Rares sont les chiffres réels sur les ventes ou volumes produits de spiritueux sans alcool. Si tous les acteurs assurent que la demande est plus importante que jamais, peu d'entre eux souhaitent communiquer sur leurs chiffres. Du côté des start-up, c'est la firme Lyre's Non-Alcoholic Spirit Co, un fournisseur basé en Australie qui obtient récemment une levée de fonds de 11,5 millions d'euros pour poursuivre son activité. En France, la coopérative Vinadéis, qui regroupe 1 500 viticulteurs du Languedoc, vend depuis une vingtaine d'années un vin sans alcool baptisé « Bonne Nouvelle ». Au fil des ans, il devient la première marque du groupe et représente 60 % des 2,5 millions de bouteilles sans alcool vendus par an en 2017 en France.