L'entreprise de nucléaire civil Framatome a déposé plainte après le vol de matière survenu dans la nuit du 21 au 22 octobre dans son usine située à Jarrie en Isère ( POOL / Ludovic MARIN )
L'entreprise de nucléaire civil Framatome a déposé plainte après le "vol de matière" survenu dans la nuit du 21 au 22 octobre dans son usine située à Jarrie (Isère), a-t-elle indiqué mardi à l'AFP, déplorant "une atteinte grave à son outil industriel et à son personnel".
L'intrusion sur ce site industriel classé Seveso seuil haut (à haut risque) a été "détectée immédiatement par les systèmes de vidéosurveillance et par le personnel de sécurité du site", a indiqué Framatome dans un message à l'AFP.
"La gendarmerie a été prévenue instantanément et s'est rendue sur place pour constater les faits", dit encore l'entreprise qui se revendique concepteur et fabricant de plus de 100 centrales nucléaires, a réalisé 5,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 et emploie plus de 22.000 personnes dans près de 30 pays.
Le média local Le Dauphiné Libéré avait rapporté plus tôt que plusieurs centaines de kilos de cristaux d'hafnium, un métal utilisé notamment dans l'aéronautique, ont été dérobés dans la nuit du 21 au 22 octobre, pour un préjudice de plusieurs millions d'euros.
Le parquet de Grenoble a confirmé ce chiffre lundi à l'AFP et a précisé qu'une enquête préliminaire a été ouverte. Aucune interpellation n'avait eu lieu à ce stade et l'enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Grenoble.
Quatre véhicules, dont un 4X4, qui auraient servi à cette opération-choc, ont ensuite été retrouvés incendiés dans le département.
"Une plainte a été déposée et une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances exactes de ces actes de malveillance", déclare Framatome mardi, précisant que l'activité dans l'atelier concerné a repris lundi et que cela n'a pas d'impact sur les délais d'approvisionnement de ses clients.
L'entreprise "condamne ces actes de malveillance qui constituent une atteinte grave à son outil industriel et à son personnel".
Une cellule psychologique a été mise en place pour le personnel du site, qui produit, en sus du hafnium, du zirconium, destiné à l'industrie nucléaire.
Cette usine a déjà été victime d'un casse du même type en juillet. Plus de 150 kilos d'hafnium, d'une valeur estimée à plus de 1,5 million d'euros, ainsi que 500.000 euros en liquide avaient été découverts au domicile d'un de ses salariés, mis en examen puis écroué.
En juin, le député du Puy-de-Dôme Julien Brugerolles avait fait état de cinq autres vols depuis 2019 sur le même site, dans une question au gouvernement.

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