par Vincent Daheron
Charles Caudrelier remet sa couronne en jeu sur la Route du Rhum, dont le départ est donné dimanche à 13h02 depuis Saint-Malo (1202 GMT), en partant "dans l'inconnu" avec un nouveau bateau "ultra complexe".
En 2022, le Finistérien avait remporté la transatlantique entre Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) dès sa première participation. Favori à la barre de son Maxi Edmond de Rothschild Gitana 17, il avait établi un nouveau record : six jours, neuf heures, 47 minutes et 25 secondes.
"J'étais dans un état de grâce, le bateau était très performant", se souvient-il auprès de Reuters. "J'ai réalisé mon rêve, celui de toute une équipe, de gagner avec ce bateau."
"C'est vraiment, pour moi, la plus belle course. C'est une course légendaire, avec une âme, une histoire", dit-il en amoureux de la Route du Rhum, à quelques jours de la 13e édition d'une épreuve créée en 1978.
"C'est la course qui m'a fait rêver, qui a donné toutes ses lettres de noblesse à la course au large en solitaire en France."
Quatre ans plus tard, et après avoir également remporté l'Arkéa Ultim Challenge en 2024, les ambitions seront différentes pour le triple vainqueur de la Transat Jacques-Vabre (désormais Transat Café l'Or).
"CE N'EST PAS MOI LE FAVORI"
Après plus de deux ans de construction, le Gitana 18, dernier né de la classe Ultim (32 mètres de long, 23 mètres de large), a été mis à l'eau en février dernier.
"Il est dingue, il est magnifique", s'enthousiasme le skippeur de 52 ans en référence à l'esthétique du multicoque, véritable œuvre d'art signée des frères Quistrebert.
Mais, au-delà de son graphisme, Gitana 18 est un bateau fait pour voler le plus souvent possible, avec une complexité technologique particulièrement poussée.
"C'est un gros challenge parce que le bateau est très différent de ce qui existe, bourré d'innovations", explique Charles Caudrelier. "Il est ultra complexe, ultra innovant, et, du coup, il faut qu'on soit patient."
Sur ces machines de plus en plus sophistiquées, chaque détail a son importance et chacune des navigations apporte son lot d'apprentissages.
"On est en pleine découverte de ce bateau", reconnaît le navigateur. "Je pense qu'il va rapidement être performant, mais on va sûrement découvrir, et on découvre tous les jours, des problèmes, des choses à résoudre et des défauts de jeunesse."
"On a beaucoup de travail puisqu'on sait qu'il y a deux ou trois ans de mise au point", poursuit-il, estimant qu'il ne sera "même pas à 70-80 % de sa capacité" lors de la Route du Rhum.
"Ils ont navigué beaucoup plus que moi depuis trois ans, ce n'est pas moi le favori logique", assure Charles Caudrelier au sujet de ses adversaires. "On part un peu dans l'inconnu."
Sept autres skippeurs se disputeront la victoire dans la classe Ultim, parmi lesquels Tom Laperche (SVR-Lazartigue), vainqueur de la Transat Café l'Or l'an passé, Thomas Coville (Sodebo Ultim 3), nouveau détenteur du Trophée Jules-Verne, et Armel Le Cléac'h (Maxi Banque Populaire XI), lauréat de la Transat Jacques-Vabre 2023.
La classe Ultim verra pour la première fois une femme à la barre de l'un de ses bateaux volants en la personne d'Alexia Barrier (Idec Sport-CIC).
(Reportage de Vincent Daheron, édité par Zhifan Liu)

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