Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, participe à une réunion à Paris
Une hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) en 2026 est une "théorie fantaisiste", a déclaré lundi le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de l'institut de Francfort, François Villeroy de Galhau.
Une idée fausse est que "nous pourrions relever les taux cette année. Sauf choc improbable, c’est une théorie fantaisiste", a-t-il déclaré lors de ses voeux à la presse.
Alors que la BCE semble avoir fini son cycle d'assouplissement monétaire, des acteurs de marché ont commencé à anticiper un relèvement des taux d'intérêt cette année, encouragés par des déclarations de certains responsables de la banque centrale, comme Isabel Schnabel.
Pour François Villeroy de Galhau, une telle hausse est improbable en raison des derniers chiffres d’inflation sous-jacente, de l’afflux des importations chinoises à prix réduit et de "la baisse possible du dollar si l’indépendance de la Fed est menacée".
"Face à ces risques, nous resterons pragmatiques et agiles", a affirmé le gouverneur de la Banque de France.
Dimanche, le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a indiqué que l'administration de Donald Trump le menaçait de poursuites pénales en lien avec l'une des auditions qu'il a effectuées l'été dernier devant le Congrès à propos des rénovations du siège de la banque centrale.
Régulièrement visé par des critiques de Donald Trump, qui lui reproche depuis son retour au pouvoir en janvier dernier de ne pas baisser suffisamment les taux d'intérêt, Jerome Powell a dénoncé un "prétexte" destiné à accentuer la pression sur la Fed pour qu'elle réponde aux demandes du président américain.
"Sur la Fed, je tiens à redire fort et clair ma totale solidarité et mon admiration pour Jay Powell", a souligné François Villeroy de Galhau.
Lors de ses voeux, le gouverneur de la Banque de France est aussi revenu sur la situation politique en France qui ne dispose toujours pas d'un budget pour 2026. La discussion sur le projet de loi de finances (PLF) reprend mardi en séance à l'Assemblée nationale.
"Ramener notre déficit public total à 5% du PIB au maximum en 2026 est à la fois indispensable, et encore atteignable", a martelé le gouverneur de la Banque de France.
"La France se mettrait clairement dans la zone rouge, la zone de danger, si elle restait à un déficit supérieur à 5%, face à des marchés financiers apparemment calmes, mais toujours susceptibles de retournements brutaux", a-t-il prévenu.
(Rédigé par Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer