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Les Républicains restent favoris
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Mais de nombreux scrutins sont plus serrés que prévu
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Suspense pour le contrôle du Sénat
(Actualisé avec Biden)
par Tim Reid et Nathan Layne
PHOENIX, Arizona, 9 novembre (Reuters) -
L'issue de la bataille pour le contrôle du Congrès américain
restait incertaine mercredi au lendemain des élections de
mi-mandat, de nombreux sièges considérés comme décisifs restant
à pourvoir, mais l'hypothèse d'une "vague rouge" qui assurerait
aux Républicains une majorité dans les deux chambres s'éloigne.
Dernière victoire emblématique en date pour le camp du
président Joe Biden, celle du siège de sénateur de Pennsylvanie
remporté par John Fetterman face au républicain Mehmet Oz, un
médecin devenu célèbre lors d'émissions de télévision, ce qui
renforce les chances des Démocrates de garder le contrôle du
Sénat.
L'ambiance à la Maison blanche s'est donc améliorée au
fil des heures, des conseillers qui semblaient nerveux en début
de soirée se montrant ensuite plus souriants et évoquant de
premiers résultats meilleurs qu'attendu. Joe Biden lui-même a
publié sur Twitter une photo le montrant félicitant par
téléphone certains nouveaux élus.
S'exprimant mercredi en fin de journée, le président
américain a évoqué "un bon jour pour la démocratie" et souligné
que bien que tous les résultats ne soient pas connus "la vague
rouge ne s'est pas produite".
Il a également réitéré son intention de se représenter à
la présidentielle de 2024 tout en remettant sa prise de décision
définitive à l'année prochaine.
Les Républicains devraient néanmoins reprendre la
majorité à la Chambre des représentants, ce qui leur permettrait
de bloquer certains projets de l'administration Biden pendant
les deux ans à venir avant la prochaine présidentielle.
Au dernier décompte, ils avaient gagné huit sièges
détenus auparavant par des Démocrates selon les projections
d'Edison Research, alors que cinq leur suffisaient pour devenir
majoritaires.
S'il reprenaient le contrôle du Congrès, les
Républicains pourraient entre autres empêcher un renforcement de
l'aide militaire des Etats-Unis à l'Ukraine, mais les analystes
estiment qu'ils pourraient se contenter de la freiner ou de la
limiter, sans l'interrompre totalement.
Stuart Cole, économiste d'Equiti Capital, estime qu'une
cohabitation entre un président démocrate et une Chambre à
majorité républicaine empêcherait probablement toute réforme
fiscale d'envergure et limiterait l'augmentation de la dépense
publique, ce qui pourrait conduire la Réserve fédérale à limiter
la hausse des taux d'intérêt.
Le chef de file des Républicains dans la Chambre
sortante, Kevin McCarthy, qui espérait célébrer dès mardi soir
une victoire nette synonyme pour lui d'accession au poste de
"speaker", a dû se contenter d'une promesse à ses partisans.
"Quand vous vous réveillerez demain, nous serons
majoritaires et (la 'speaker' démocrate sortante) Nancy Pelosi
sera minoritaire",a-t-il dit.
Les résultats peuvent encore évoluer puisque 44 scrutins
n'étaient pas encore tranchés mercredi soir.
PELOSI SE FÉLICITE DE LA RÉSISTANCE DES DÉMOCRATES
Mais côté républicain, l'espoir d'une "vague rouge"
s'est affaibli au fil des heures, les Démocrates montrant une
résistance surprenante dans plusieurs duels décisifs. Le camp
démocrate est ainsi donné gagnant dans 11 des 13
circonscriptions les plus serrées.
"Ça n'est absolument pas une vague républicaine, c'est
vraiment sûr", a concédé le sénateur républicain Lindsey Graham
à NBC.
Pour Nancy Pelosi, qui s'est exprimée dans un
communiqué, "il est clair que les membres démocrates de la
Chambre et les candidats dépassent largement les attentes dans
tout le pays".
La décision prise en juin par la Cour suprême de
remettre en cause le droit à l'avortement à l'échelon fédéral
semble, comme attendu, avoir remobilisé une partie des électeurs
démocrates.
Pour le Sénat, des duels importants restent à trancher
en Arizona, dans le Nevada et en Géorgie. Dans ce dernier cas,
il faudra peut-être même un second tour le 6 décembre pour
connaître le vainqueur.
Les deux camps du Congrès détenaient jusqu'à présent 50
sièges chacun au Sénat, la majorité du camp présidentiel n'étant
assurée que par la voix de la vice-présidente, Kamala Harris.
Trente-cinq sièges de sénateurs sur 100 étaient à
pourvoir mardi, tout comme les 435 sièges de la Chambre et une
trentaine de postes de gouverneur d'Etat. En Floride, le
gouverneur Ron DeSantis, l'un des plus probables candidats
potentiels à l'investiture républicaine pour la présidentielle
de 2024, l'a emporté sur le démocrate Charlie Crist, selon les
projections d'Edison Research.
LE DROIT À L'AVORTEMENT ET L'INFLATION ONT MOTIVÉ LES
ÉLECTEURS
Plus de 46 millions d'électeurs ont voté par
anticipation, soit par courrier, soit en personne, selon les
données du US Election Project, et les autorités électorales ont
prévenu que le dépouillement de ces bulletins prendrait du
temps.
Outre le droit à l'avortement, l'inflation, au plus haut
depuis 40 ans à 8,2%, aura sans doute joué un rôle clé dans les
motivations des électeurs. Selon plusieurs sondages réalisés à
la sortie des bureaux de vote, l'un de ces deux sujets figure en
tête des préoccupations pour 30% des électeurs.
La criminalité, l'un des thèmes les plus souvent abordés
par les candidats républicains lors des dernières semaines de
campagne, n'était la priorité que pour un électeur sur dix.
Dans le Michigan, dans le Vermont et en Californie, les
électeurs ont approuvé l'inscription du droit à l'avortement
dans la constitution de l'Etat.
Le scrutin de mardi a été émaillé de problèmes ponctuels
dans certains Etats, comme une pénurie de bulletins en
Pennsylvanie ou des dysfonctionnements de machines à dépouiller
en Arizona. De quoi alimenter les accusations de fraude de
l'ex-président Donald Trump et de certains de ses partisans.
Donald Trump, qui a voté en Floride, a promis lundi "une
importante annonce" pour mardi prochain, 15 novembre, et de
nombreux observateurs s'attendent à ce qu'il se lance dans la
course pour la présidentielle de 2024.
Selon un sondage réalisé cette semaine par Reuters et
Ipsos, seuls 39% des Américains apprécient la manière dont Joe
Biden assume ses fonctions. Certains candidats démocrates ont
d'ailleurs pris leurs distances avec la Maison blanche pendant
la campagne.
Mais la popularité de Donald Trump est à peine meilleure
avec 41% d'opinions favorables.
"Je pense que son ego est trop compliqué à gérer", a
commenté Yvonne Langdon, une électrice républicaine du Michigan
âgée de 75 ans.
Très actif au cours de la campagne, Donald Trump a vécu
une soirée contrasté, ce qui ne l'a pas empêché de revendiquer
une grande victoire.
"Si certains résultats ont pu paraître décevants, ils
s'agit à titre personnel d'une grande victoire", a-t-il dit sur
Truth Social, le réseau social qu'il a créé.
(Avec la contribution de Joseph Ax, Jason Lange, Doina Chiacu,
Susan Heavey, Moira Warburton, Gram Slattery et Trevor Hunnicutt
à Washington, Gabriella Borter à Birmingham, Michigan, Nathan
Layne à Alpharetta, Géorgie, Masha Tsvetkova à New York, Tim
Reid à Phoenix et Ned Parker à Reno, Nevada; version française
Camille Raynaud et Nicolas Delame, édité par Marc Angrand et
Jean-Stéphane Brosse)
USA-Pas de "vague rouge" républicaine en vue au Congrès
information fournie par Reuters 09/11/2022 à 22:45
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