La France a rappelé à l'Iran que le droit international exige que les pays assurent la sécurité du personnel diplomatique.
L'ambassade de France à Téhéran, en Iran. ( AFP / ATTA KENARE )
Le numéro 2 de l'ambassade de France à Téhéran a fait l'objet début octobre d'un "acte d'intimidation de la part d'individus se présentant comme appartenant aux forces de sécurité iraniennes", a indiqué mardi 27 octobre une source diplomatique française, confirmant une information du Point . L'hebdomadaire évoque notamment un "interrogatoire musclé".
L'ambassadeur d'Iran en France a été en retour convoqué au Quai d'Orsay, a expliqué cette source sans préciser la date exacte de la convocation. "Il lui a été rappelé très fermement que nous attendons des autorités iraniennes qu'elles prennent toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de nos agents et de nos emprises, comme elles en ont l'obligation au titre du droit international et des conventions de Vienne auxquelles l'Iran est partie, qui garantissent la sécurité du personnel diplomatique et constituent le socle des relations entre États", a-t-elle ajouté.
Aucun détail n'a été donné sur cette affaire qui, selon Le Point , "se serait soldée par un interrogatoire musclé".
Cet épisode fait suite à un précédent incident entre les deux pays, qui nourrissent des relations délétères depuis plusieurs années , ayant impliqué en juillet deux diplomates français en poste à Téhéran. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait alors accusé le pouvoir iranien de les avoir "détenus sans raison pendant plusieurs heures", ajoutant que l'un d'eux avait été "molesté". L'Iran avait affirmé que les diplomates avaient été "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après qu'ils avaient participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".
"Ingérences" françaises
Téhéran avait dénoncé des "ingérences" françaises "sous le prétexte de s'engager avec la société civile".
Selon des proches, deux graphistes iraniens ont été arrêtés après avoir rencontré ces diplomates pour une réunion de travail consacrée à Villa Zadig, un programme de résidences et d'échanges artistiques porté par le service culturel de l'ambassade.
Les autorités iraniennes ont ensuite interdit aux deux diplomates d'exercer dans le pays. La France a expulsé en représailles deux diplomates de l'ambassade d'Iran à Paris.
Le 20 septembre, la justice iranienne a annoncé fermer le Centre de langue française (CLF), lié à l'ambassade de France, pour avoir mené des "activités illégales". Paris a dénoncé une décision "inacceptable" qui appelle des "mesures appropriées pour y répondre".
Ces dernières années, l'Iran a emprisonné plusieurs ressortissants français sous des accusations d'espionnage . Jusqu'à sept Français ont été détenus simultanément en 2023. Ils ont été considérés par Paris comme "otages d'Etat".
Les deux derniers, Cécile Kohler et Jacques Paris, ont quitté le pays début avril, après près de quatre ans d'emprisonnement puis d'assignation à résidence pour des accusations d'espionnage, à la suite de la remise en liberté d'une ressortissante iranienne condamnée notamment pour apologie du terrorisme.
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