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Ultime journée des élections européennes, le Parlement vers une bascule à droite
information fournie par Reuters 09/06/2024 à 02:40

par Philip Blenkinsop

Les électeurs de vingt-et-un pays de l'Union européenne, dont la France et l'Allemagne, sont appelés dimanche à voter pour élire les députés du Parlement européen, au cours de la quatrième et ultime journée du scrutin qui devrait déboucher sur une bascule à droite et une présence accrue de nationalistes eurosceptiques.

Ouvertes jeudi, aux Pays-Bas, ces élections européennes vont redessiner la manière dont le bloc communautaire va se positionner face à un éventail de défis, dont une Russie hostile, une rivalité industrielle croissante avec la Chine et les Etats-Unis, le changement climatique et l'immigration.

En France, le scrutin est lourd d'enjeux politiques pour le président Emmanuel Macron, confronté à la dégradation des finances publiques, à la fragilité d'une majorité relative limitée dans ses marges de manoeuvre et à une désaffection de l'électorat à son égard. Le Rassemblement national (RN) est donné en tête du scrutin, selon les intentions de vote.

Un sondage de sortie des urnes à l'échelle européenne devrait être communiqué aux alentours de 18h30. De premiers résultats provisoires sont attendus en toute fin de soirée, après la fermeture des derniers bureaux de vote, en Italie.

Selon les enquêtes d'opinion, les partis libéraux pro-Europe et les Verts vont perdre des sièges, avec pour effet de réduire la majorité de centre-droit et de centre-gauche et, par conséquent, de compliquer les efforts destinés à adopter de nouvelles réglementations à l'échelle de l'UE et à intégrer des pays supplémentaires dans le bloc.

De nombreux électeurs subissent la crise du coût de la vie, sont préoccupés par l'immigration et par l'impact financier de la transition énergétique, tout en s'inquiétant des tensions géopolitiques croissantes, dont la guerre en Ukraine, entrée dans sa troisième année.

Les partis d'extrême droite ont profité de ce climat d'inquiétude et proposé une alternative aux formations dites traditionnelles.

INFLUENCE

Il est attendu que les Verts perdent un grand nombre de voix, du fait du mécontentement des foyers, agriculteurs et industriels à propos des politiques énergétiques coûteuses du bloc communautaire.

Aux Pays-Bas, les sondages locaux de sortie des urnes ont indiqué un net bond du Parti pour la liberté (PVV), la formation nationaliste de Geert Wilders victorieuse des élections législatives néerlandaises de novembre dernier.

Le PVV est crédité de 7 des 29 sièges dont disposent les Pays-Bas au Parlement de Strasbourg, alors qu'il n'en avait obtenu aucun en 2019. Il s'agit d'un siège de moins que l'alliance formée par les sociaux-démocrates et les Verts.

En Belgique, où se tiennent simultanément des élections fédérales et régionales, le parti séparatiste Intérêt flamand devrait être soutenu par un nombre record d'électeurs, même si d'autres formations pourraient l'empêcher d'accéder au pouvoir.

Une nouvelle coalition gouvernementale devrait voir le jour à l'issue de plusieurs mois de négociations, laissant l'actuel gouvernement du Premier ministre Alexander De Croo vaquer aux affaires courantes dans l'intérim.

Le groupe du Parti populaire européen devrait rester la principale force au Parlement de Strasbourg, ce qui lui permettra ainsi de choisir la tête de la Commission européenne - la présidente sortante de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, apparaît favorite pour un second mandat.

Cependant, pour s'assurer une majorité parlementaire, Ursula von der Leyen pourrait avoir besoin du soutien de certains nationalistes, comme la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, donnant à celle-ci et à ses alliés davantage d'influence.

(Philip Blenkinsop; version française Jean Terzian)

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