Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.
Donald Trump, le 31 juillet 2026, à Camp David ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANNA MONEYMAKER )
Donald Trump multiplie les menaces de recours à la force militaire contre l'Iran, dans des termes parmi les plus agressifs employés publiquement par un président américain contemporain. Il est toutefois revenu à plusieurs reprises sur ses déclarations.
Depuis le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l'Iran le 28 février, les prises de position de l'octogénaire ont considérablement fluctué, parfois de façon spectaculaire et en l'espace de quelques heures.
Après avoir proclamé à plusieurs reprises la victoire, assurant que les capacités militaires iraniennes avaient été totalement détruites, il a menacé Téhéran de nouvelles frappes.
Donald Trump a également fait évoluer son récit du conflit, modifiant tant sa chronologie que les justifications avancées par Washington pour lancer son intervention militaire.
Voici quelques-uns des principaux exemples de menaces proférées par Donald Trump contre l'Iran, qui ont ensuite tempérées, reportées ou abandonnées:
21 mars: "anéantir les centrales électriques"
"Si l'Iran ne rouvre pas TOTALEMENT, SANS AUCUNE MENACE, le détroit d'Ormuz dans les 48 HEURES à compter de cet instant précis, les États-Unis d'Amérique frapperont et anéantiront ses différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE !", écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Une attaque délibérée contre des centrales électriques, considérées comme des infrastructures civiles essentielles, est susceptible d'être qualifiée de crime de guerre au regard du droit international.
23 mars: "conversations très bonnes"
Deux jours plus tard, il prolonge l'échéance de cinq jours, invoquant des "conversations très bonnes et productives" avec l'Iran. Il suspend ensuite la "destruction des centrales électriques" pour dix jours supplémentaires, jusqu'au 6 avril, invoquant des discussions diplomatiques en cours.
Carte montrant les sites stratégiques à proximité ou sur la côte sud de l'Iran ( AFP / Omar KAMAL )
7 avril: "une civilisation entière va mourir"
Donald Trump menace l'Iran et sa population de 90 millions d'habitants d'un anéantissement total, affirmant sur sa plateforme Truth Social qu'"une civilisation entière va mourir ce soir".
7 avril: "suspendre les bombardements"
"J'accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l'Iran pour une durée de deux semaines", déclare-t-il quelques heures plus tard, acceptant une proposition de trêve émanant de médiateurs pakistanais.
11 juin: ""contrôle total du pétrole et du gaz"
"Les États-Unis vont frapper l'Iran (...) TRES FORT ce soir" et, "dans un avenir assez proche, nous prendrons l'île de Kharg, ainsi que d'autres infrastructures pétrolières, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz", écrit le républicain sur Truth Social.
Image satellite montrant les entrées des tunnels du site nucléaire présumé du mont Kolang, aussi appelé Pickaxe Mountain, d’après l’Institute for Science and International Security (ISIS). L’Iran dément l’existence d’un complexe nucléaire enfoui sous le mont, proche du site d'enrichissement d'uranium de Natanz (en haut à droite) ( AFP / Omar KAMAL )
11 juin: "annuler les frappes"
Cinq heures plus tard, Donald Trump déclare avoir "annulé les frappes et bombardements prévus contre l'Iran", invoquant des progrès dans les négociations visant à parvenir à un accord destiné à mettre fin à la guerre.
31 juillet: "frapper très fort"
"Nous allons les frapper très fort et, à un moment, ils vont dire +Nous n'en pouvons plus+", déclare Donald Trump lors d'un conseil des ministres dans la résidence présidentielle de Camp David, non loin de Washington.
Carte montrant les oléoducs existants et en projet qui peuvent être des moyens de transport du pétrole brut contournant le détroit d'Ormuz sur le long terme ( AFP / Sherine ELSAYARY )
1er août: "suspendre toute attaque"
Les Etats-Unis étaient "prêts à frapper la République islamique d'Iran, à des niveaux (...) de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale", écrit-il sur Truth Social. "Malgré cela, nous venons d'être priés par l'Iran, et par d'autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque."
Les médias d'État iraniens ont démenti vigoureusement qu'une telle demande ait été formulée par la République islamique.
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