Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse à bord de l'avion présidentiel Air Force One, le 2 août 2026 ( AFP / Aaron Schwartz )
Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l'Iran lundi, démentie plus tard par Téhéran qui a assuré qu'il n'y avait pas de négociations en cours dans cette guerre enlisée depuis maintenant cinq mois.
Le président américain avait menacé il y a quelques jours de "frapper fort" la République islamique, avant de faire une nouvelle fois volte-face et d'annoncer une suspension de ses plans de bombardements massifs.
"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.
"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, en précisant que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.
Ce scénario s'est répété à plusieurs reprises ces dernières semaines, alors que le dirigeant américain cherche une issue à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qui a fait flamber les cours du pétrole et ébranlé l'économie mondiale.
Recul du pétrole
Des navires ancrés dans le détroit d'Ormuz, au large du port de Khasab à Oman, le 17 mai 2026 ( AFP / - )
La réponse de l'Iran est arrivée lundi lors du point presse hebdomadaire de la diplomatie iranienne. "Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz", a affirmé Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
La veille déjà, ce porte-parole avait parlé d'un accord proche avec Oman pour rouvrir cette voie cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures, de nouveau verrouillée depuis que le protocole d'accord américano-iranien a volé en éclat début juillet.
L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes.
Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant.
"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", avait assuré dimanche Esmaïl Baghaï.
Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de plus de 5% pour s'échanger autour de 82 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.
En attendant, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
"Nouveau mensonge"
M. Trump avait conditionné la suspension annoncée des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur le détroit, et avait évoqué des progrès diplomatiques.
Les hostilités, déclenchées fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, ont globalement cessé en avril avant de reprendre début juillet.
Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end. CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.
M. Trump a dit avoir renoncé à cette nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord". "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran", a-t-il déclaré.
Il a affirmé que la requête provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même - ce que Téhéran a également démenti, évoquant un "nouveau mensonge" du président américain.
D'après l'agence de presse officielle saoudienne, le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane, allié clef de Washington dans la région, a appelé M. Trump à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".
La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé qu'ils imposaient un blocus aux ports saoudiens. Depuis, ils ont revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.

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