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Toyota change de PDG et relève ses prévisions, ventes solides malgré les droits de douane
information fournie par Boursorama avec AFP 06/02/2026 à 08:08

( AFP / KAZUHIRO NOGI )

( AFP / KAZUHIRO NOGI )

Le géant automobile japonais Toyota, numéro un mondial, a annoncé vendredi changer de PDG tout en relevant ses prévisions de bénéfice net pour son exercice 2025/26, musclant ses efforts de rentabilité face à l'impact des surtaxes douanières américaines.

Kenta Kon, l'actuel directeur financier, deviendra à partir du 1er avril président et directeur général, à la place de Koji Sato, en place depuis avril 2023, a annoncé le groupe dans une nomination surprise.

M. Sato, 56 ans, avait pris la suite d'Akio Toyoda, le petit-fils du fondateur du groupe. Koji Sato deviendra vice-président et directeur de stratégie industrielle.

Toyota justifie ce nouveau changement de rôle par un besoin urgent d'améliorer sa rentabilité: ce remaniement "vise à accélérer la prise de décision managériale en réponse aux évolutions de l'environnement interne et externe", fait-il valoir.

Le constructeur a "réfléchi à la structure de direction optimale compte tenu des changements environnementaux actuels et des atouts de chaque dirigeant".

Cette annonce inattendue coïncide avec la publication de ses résultats trimestriels, meilleurs qu'attendu par le marché, et à un nouveau relèvement de ses prévisions pour l'exercice se terminant fin mars.

Toyota s'attend désormais à un bénéfice net annuel de 3.570 milliards de yens (19,3 milliards d'euros), en recul de 25,1% sur un an, mais supérieur à ce qui était anticipé précédemment (2.930 milliards de yens).

Il prévoit également des ventes annuelles en hausse de 4,1% sur un an, à 50.000 milliards de yens (271 milliards d'euros), revues en légère hausse. De même, le bénéfice d'exploitation est attendu plus haut que prévu précédemment.

"Malgré l'impact persistant des droits de douane américains, la forte demande, soutenue par la compétitivité de nos produits, a entraîné une augmentation des volumes de ventes, et nous avons réalisé un niveau de profit élevé grâce à des ajustements de prix", a fait valoir le constructeur.

-"Réductions de coûts"-

Les exportations automobiles japonaises vers les Etats-Unis se sont vu imposer entre avril et septembre par Washington des surtaxes de 25%. Des droits de douane plafonnés à 15% sur l'automobile sont finalement entrés en vigueur mi-septembre, mais restent excessifs aux yeux des constructeurs nippons.

Malgré cela, les ventes de Toyota aux Etats-Unis ont résisté, gonflant de 8% sur l'année calendaire 2025. C'est un marché-clé où le groupe réalise presque un quart de ses ventes.

Et sur les 2,52 millions de véhicules que Toyota a écoulés l'an dernier aux Etats-Unis, seuls 1,39 million y ont été produits, dans les 11 usines qu'y compte le groupe, presque la moitié étant importés et donc soumis aux droits de douane.

"Malgré cet impact négatif apparu au cours de cet exercice, nous avons atténué la baisse des bénéfices grâce à des réductions de coûts et des efforts marketing", a cependant indiqué l'entreprise nippone vendredi.

Au total, Toyota estime à 1.450 milliards de yens l'impact des taxes douanières américaines sur son bénéfice d'exploitation pour l'exercice 2025-2026, soit un coût équivalant à 7,8 milliards d'euros.

De fait, pour continuer à exporter à des conditions compétitives vers les Etats-Unis, les constructeurs japonais ont en effet dû casser leurs prix.

Quitte à rogner les marges: sur le seul troisième trimestre (octobre-décembre) de son exercice, Toyota a dégagé un bénéfice net en repli de 43% sur un an, à 1.257 milliards de yens (6,8 milliards d'euros).

Alors que son chiffre d'affaires a pourtant progressé de 8,6% à 13.457 milliards de yens (72,8 milliards d'euros).

Mais soucieux de limiter l'effet des taxes douanières, Toyota a également augmenté de 10% sa production dans ses usines américaines l'an dernier, grâce notamment au regain de popularité des véhicules hybrides essence-électrique.

Enfin, le remaniement de sa direction intervient au moment où Toyota cherche à prendre le contrôle de sa filiale industrielle Toyota Industries et à la sortir de la Bourse, par le biais d'une offre publique d'achat qui se clôture la semaine prochaine.

Toyota Motor ne possède qu'environ 25% de cette filiale, qui fournit composants et équipements industriels.

Cette opération se heurte à une forte opposition du fonds d'investissement activiste Elliott Investment Management, qui estime que la proposition sous-évalue l'entreprise et a fait de ce rachat potentiel un test des réformes de gouvernance d'entreprise au Japon.

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