Aller au contenu principal
Fermer

Recul de la natalité, vieillissement de la population : le COR assombrit ses prévisions de déficit à long terme du système des retraites et évoque un âge de départ à 67 ans
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/06/2026 à 10:31
Ajouter Boursorama à vos sources

Dans le scenario retenu, et sans toucher aux autres paramètres comme les prélèvements ou le niveau de pension, le COR avance qu'il faudrait augmenter l'âge moyen de départ pour atteindre "67,6 ans en 2070".

( AFP / JOEL SAGET )

( AFP / JOEL SAGET )

Le Conseil d'orientation des retraites va réévaluer à la hausse sa prévision de déficit du système des retraites en 2070, selon son projet de rapport annuel qui doit être approuvé jeudi par les membres de l'institution, et dont l' AFP a eu connaissance lundi 8 juin. L'instance indépendante pointe notamment le recul de la natalité en France, qui va accentuer le vieillissement de la population.

Selon ce baromètre annuel de la santé du système des retraites, qui va contribuer à planter le décor pour la prochaine élection présidentielle, le déficit des retraites est désormais prévu à 2,4% du PIB en 2070 , contre 1,4% dans le rapport de l'an dernier. En revanche la prévision de déficit à moyen terme -2030 et 2045- reste stable, à 0,2% et 0,9% du PIB.

Dans le projet de rapport, le COR cite deux raisons principales pour expliquer la révision de sa prévision en 2070.

Les partenaires sociaux qui gèrent le régime complémentaire Agirc-Arrco ont défini de nouvelles règles, "plus favorables", pour la revalorisation des retraites complémentaires à partir de 2038, explique-t-il.

Par ailleurs, le COR a baissé à 1,45 enfant par femme son hypothèse de taux de fécondité pour les décennies à venir (1,8 enfant par femme jusqu'à maintenant) pour tenir compte de la baisse de la natalité qui va accentuer le vieillissement de la population française et peser sur le financement des régimes de retraite.

Augmenter l'âge de départ, baisser les pensions...

"Il convient toutefois de rester prudent dans l'analyse de ces perspectives de long terme, les évolutions de la natalité au-delà de 20 ans demeurant difficiles à anticiper de façon robuste", indique le COR.

S'il y a dégradation du solde en raison du vieillissement démographique, les chiffres du rapport "ne corroborent pas" pour autant "l'idée d'une progression des dépenses de retraites qui échapperaient à toute maîtrise", selon le projet de rapport. "Il est important de le rappeler, notamment dans un contexte où les plus jeunes expriment des doutes quant à la capacité du système à leur garantir une pension à l'avenir" est-il souligné.

Pour visualiser la dimension du problème en 2070, le COR propose une simulation extrême: si l'on ne joue que sur un seul paramètre - âge de départ, ou baisse des pensions, ou hausse des prélèvements - à quel niveau faudrait-il le fixer pour arriver à un déficit zéro ?

Et les conclusions sont marquantes: ainsi en ne jouant que sur l'âge, il faudrait augmenter l'âge moyen de départ pour atteindre "67,6 ans en 2070", soit "3 ans au-dessus" du niveau pour l'instant anticipé, pour atteindre l'équilibre.

Miser sur l'immigration ?

Si on ne touche pas à l'âge légal, on pourrait diminuer le niveau des pensions, ce qui nécessiterait une baisse moyenne relative de 7,4 points en 2070. Ou bien augmenter les niveaux de prélèvement, avec une hausse jusqu'à 5,6 points en 2070.

"Ces simulations ont une vocation exclusivement pédagogique et ne constituent en aucune manière des propositions de réforme", est-il précisé dans la version provisoire du rapport.

À moyen terme, d'autres facteurs jouent en sens inverse et contribuent à éviter une dégradation du déficit à 0,2% en 2030 et 0,9% en 2045, comme dans le rapport de 2025.

Le doublement de la prévision de solde migratoire (+150.000 personnes, contre 70.000 auparavant), et une espérance de vie qui augmenterait légèrement moins vite qu'anticipé jusqu'à maintenant devraient ainsi empêcher la dégradation du déficit.

Ces deux facteurs permettront d'absorber notamment le coût de la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023 décidée par le gouvernement Lecornu (1,8 milliards d'euros en année pleine).

8 commentaires

  • 09 juin 21:01

    Avant d'ouvrir les frontières, mettons au travail nos deux ou trois millions de chômeurs. Même si le travail qu'on leur propose ne remplit pas leur rêves, parceque l'entreprise n'est pas à la pointe sur les critères ESG...


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le président français Emmanuel Macron à l'assemblée générale de l'ONU, le 22 septembre 2026 ( AFP / ANGELA WEISS )
    information fournie par AFP 23.09.2026 06:32 

    Israël a vivement réagi mardi aux propos du président français Emmanuel Macron à l'ONU, qui avait critiqué les agissements israéliens en Cisjordanie en affirmant que le Hamas n'était pas actif sur ce territoire où siège l'Autorité palestinienne. "L'absurdité grotesque ... Lire la suite

  • bourse : courbes analyses technique (Crédit:  / Adobe Stock)
    information fournie par Reuters 23.09.2026 06:00 

    Les valeurs à suivre mercredi à la Bourse de Paris et en Europe : * AB Inbev ABI.BR tient ce mercredi une journée investisseurs. * JD GROUP JDC.DE doit publier ses résultats avant la cloche. * Trigano TRIA.PA doit publier ses résultats financiers ce mercredi L'AGENDA ... Lire la suite

  • L'intervention à la tribune de l'ONU du président de la République islamique iranienne sera particulièrement scrutée par la communauté internationale, au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'une reprise du dialogue avec Téhéran ( AFP / Leonardo MUNOZ )
    information fournie par AFP 23.09.2026 04:10 

    L'Iran occupera mercredi le centre de la scène diplomatique à New York avec le discours de son président, Massoud Pezeshkian, qui a d'ores et déjà promis de "défendre fermement" les positions de son pays devant l'ONU. L'intelligence artificielle et ses risques ... Lire la suite

  • Montage de photos d'archives réalisé le 16 septembre 2026 et montrant, de gauche à droite, les candidats à la primaire sociale-démocrate à la présidentielle de 2027 : Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS) et député; Emmanuel Maurel, député de Gauche Démocrate et Républicaine; Ségolène Royal, ancienne ministre française de l'Écologie; Jérôme Guedj, député des Socialistes et Apparentés; Raphaël Glucksmann, député européen de Place Publique ( AFP / Bertrand GUAY )
    information fournie par AFP 23.09.2026 01:13 

    Après les invectives par médias interposés et l'affaire Philippe Brun, et avant le vote des militants, place au fond : la primaire de l'espace social-démocrate commence réellement mercredi avec le premier débat télévisé réunissant les cinq candidats. A 20h40 sur ... Lire la suite

Pages les plus populaires