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RDC: une humanitaire française tuée par une frappe de drone dans l'est
information fournie par AFP 11/03/2026 à 13:40

Un combattant du groupe armé M23 devant une résidence endommagée par une frappe de drone, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Un combattant du groupe armé M23 devant une résidence endommagée par une frappe de drone, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Une humanitaire française de l'Unicef a été tuée dans une frappe de drone à Goma, grande ville de l'est de la République démocratique du Congo, qui est tombée aux mains du groupe antigouvernemental M23 en janvier 2025.

Des sources humanitaires ont fait état de plusieurs frappes et de plusieurs personnes tuées, mais l'AFP n'a pas été en mesure de déterminer le bilan avec certitude à ce stade, ni l'origine exacte de ces frappes.

Le M23 ("Mouvement du 23 mars") s'est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes pans de territoire dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC), riche en ressources et ravagée depuis trente ans par des conflits.

Le porte-parole du M23 a accusé sur X Kinshasa d'avoir mené cette attaque, les autorités congolaises n'ont pas officiellement réagi à ce stade.

Les forces de Kinshasa sont positionnées à plusieurs centaines de kilomètres de Goma, et mènent régulièrement des frappes de drones à longue portée sur les positions du M23 dans l'est.

Le M23 fait également usage de drones kamikazes sur le front, selon des sources sécuritaires.

Vue d'une maison endommagée par des frappes aériennes à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), mercredi 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Vue d'une maison endommagée par des frappes aériennes à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), mercredi 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Des détonations ainsi que des bruits de drones ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi à Goma, capitale de la province orientale du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda, selon des témoins.

La commissaire de l'UE chargée des situations de crise Hadja Lahbib, a assuré sur X. qu'une "frappe de drone a touché un immeuble résidentiel" à Goma, "où vivent des travailleurs humanitaires" ainsi que du personnel de la direction générale pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire européennes(ECHO).

En fin de matinée, le président français Emmanuel Macron a annoncé sur X qu'"une humanitaire française de l'Unicef" avait "été tuée" à Goma.

- Maison touchée par erreur? -

Des sources humanitaires et les secours dépêchés sur place ont confirmé à l'AFP que cette humanitaire française de l'Unicef avait été tuée pendant la nuit par une frappe sur la résidence où elle se trouvait.

Cette résidence est située dans le quartier de Himbi, un quartier aisé et résidentiel de Goma, situé au bord du lac Kivu, où sont installés nombre d'expatriés, de personnels et de sièges d'organisations humanitaires.

Des combattants du groupe armé M23 devant une résidence endommagée par des frappes aériennes dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à Goma, le 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Des combattants du groupe armé M23 devant une résidence endommagée par des frappes aériennes dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à Goma, le 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

De vastes propriétés y ont été réquisitionnées par des cadres du M23 après la prise de la ville.

Des sources sécuritaires contactées par l'AFP estiment que les frappes visaient des responsables ou des proches du groupe armé, et que la maison occupée par cette humanitaire française a été touchée par erreur.

Un humanitaire présent à proximité de cette maison pendant la frappe a affirmé à l'AFP avoir entendu deux explosions, une première précédée par un bruit de drones, puis une seconde, suivie par le bruit d'un drone s'éloignant du site.

Mercredi matin, des pompiers, des personnels de la Mission des Nations-unie, et des responsables du M23 étaient présents sur le site, a constaté un correspondant de l'AFP.

- "respect du droit humanitaire" -

La maison était gravement endommagée, partiellement incendiée, et sa toiture détruite. Les murs et le mobilier sont apparus criblés de petits impacts ressemblant à l'explosion d'une bombe à fragmentation.

Des proches de la victime, collègues ou amis, étaient également sur les lieux, en proie à une vive émotion.

Vue d'une maison endommagée par une frappe de drone à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), mercredi 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Vue d'une maison endommagée par une frappe de drone à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), mercredi 11 mars 2026 ( AFP / Jospin Mwisha )

Aucun débris de drone ou de projectile n'a été identifié à ce stade, selon les secours présents sur place.

"J'appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s'engagent pour sauver des vies", a écrit sur X le chef de l'État français, adressant "le soutien et l'émotion de la Nation" à sa famille et ses proches.

Le porte-parole du M23 a accusé sur X Kinshasa d'avoir mené cette attaque, les autorités congolaises n'ont pas officiellement réagi à ce stade.

Vue aérienne de la ville de Goma, dans l'est de la RC, le 10 septembre 2023 ( AFP / ALEXIS HUGUET )

Vue aérienne de la ville de Goma, dans l'est de la RC, le 10 septembre 2023 ( AFP / ALEXIS HUGUET )

La RDC et le Rwanda ont entériné début décembre un fragile accord de paix sous l'égide de Washington, qui n'a pas mis fin aux combats.

L'Angola, un autre médiateur dans le conflit de l'est, a proposé à Kinshasa et au M23 d'observer un cessez-le-feu à compter du 18 février, sans plus d'effet sur le terrain.

Les États-Unis ont annoncé début mars des sanctions contre l'armée rwandaise pour son soutien M23 dans l'est.

Début mars, le M23 a annoncé la mort de l'un de ses porte-paroles, Willy Ngoma, dans une frappe de drone à proximité du site minier de Rubaya, situé dans la province du Nord-Kivu, et sous le contrôle du M23 qui en tire d'importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais, notamment du coltan.

Le M23 a, de son côté, revendiqué plusieurs attaques en février et mars sur l'aéroport stratégique de Kisangani (nord-est), d'où décollent les drones à longue portée et les avions de chasse utilisés par les forces de Kinshasa.

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