Prison avec sursis pour un chauffagiste après la mort de deux clients intoxiqués par leur chaudière ( AFP / Ludovic MARIN )
Un chauffagiste de 52 ans a été condamné vendredi à Epinal à deux ans de prison avec sursis pour sa responsabilité dans la mort de deux personnes, intoxiquées au monoxyde de carbone à cause d'une chaudière défectueuse qu'il avait réparée deux jours auparavant.
Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel a également condamné le professionnel à 5.000 euros d'amende.
Il a requalifié les faits en homicides involontaires simples, sans retenir la violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité - autrement dit la faute caractérisée - pour laquelle l'enquête avait été ouverte au départ.
Lors de l'audience, le 2 octobre, le représentant du parquet Quentin Laurent avait indiqué ne pas avoir "la certitude" que le chauffagiste ait su "qu'il allait faire peser un risque réel sur les deux victimes".
Mais il avait demandé que le chauffagiste se voit interdire d'exercer sur le terrain pendant cinq ans, ce qui n'a finalement pas été retenu par le tribunal.
Les corps sans vie des deux victimes, une femme de 84 ans et son fils de 63 ans, avaient été trouvés par une infirmière dans leur maison de Bussang (Vosges) le 9 janvier 2026. L'autopsie établira qu'ils avaient succombé à une asphyxie au monoxyde de carbone.
Le prévenu était intervenu deux jours plus tôt chez eux pour réparer la chaudière en panne.
Il avait alors commandé les pièces manquantes et était repassé le lendemain installer un brûleur d'occasion "par acquis de conscience, car il faisait froid, il neigeait", et la vieille dame "n'avait plus d'eau chaude et de chauffage", comme il l'a résumé devant le tribunal.
Selon lui, "en cas de dysfonctionnement, le brûleur se mettait en défaut et empêchait du monoxyde de s'échapper, l'installation pouvait tenir jusqu'au lendemain".
Pourtant, selon un expert mandaté pendant l'enquête, le brûleur d'occasion installé par le prévenu était "incompatible" avec la chaudière.
C'est ce point, "conjugué au défaut d'étanchéité du condenseur", qui "a permis l'échappement des gaz de la chaufferie et la production rapide de monoxyde de carbone".
Devant le tribunal, le quinquagénaire, décrit par ses employés comme travaillant "de manière précise et consciencieuse" s'était dit "désolé" et avait reconnu que "ce genre de drame ne devrait jamais arriver".

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