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Netanyahu promet de détruire le Hamas, Israël appelle les Gazaouis à aller au sud
information fournie par Reuters 15/10/2023 à 21:10

Le Premier
ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis dimanche de
"démolir" le Hamas à la suite de l'attaque sans précédent du 7
octobre qui a choqué le pays, alors que l'armée israélienne
continuait de préparer une offensive terrestre à Gaza pour
débusquer les combattants du groupe palestinien.
    Israël a exhorté les Gazaouis à évacuer vers le sud de
l'enclave contrôlée par le Hamas, densément peuplée, avec 2,2
millions d'habitants - dont environ la moitié dans le nord de la
bande de Gaza.
    Des centaines de milliers de civils palestiniens ont fui le
nord du territoire, déplorant toutefois n'avoir nulle part où
aller et ne se sentir en sécurité nulle part. Le Hamas a demandé
aux habitants de ne pas écouter les consignes d'Israël.
    Précaires avant même le début des frappes aériennes d'une
intensité sans précédent menées par Israël depuis l'attaque du
Hamas, qui a fait 1.300 morts, les conditions de vie se sont
davantage détériorées à Gaza, sous blocus et assiégée par
l'armée israélienne. 
    Les services de santé palestiniens ont commencé à empiler
des cadavres dans des camions réfrigérants pour crème glacée,
citant les risques sécuritaires de les transporter vers les
hôpitaux et une pénurie de place dans les cimetières.
    Selon le bilan communiqué dimanche par le ministère de la
Santé de Gaza, 2.450 personnes ont été tuées et 9.200 autres
blessées dans les frappes israéliennes depuis le 7 octobre. Des
quartiers entiers de l'enclave ont aussi été détruits.
    Dans un contexte de craintes d'embrasement du conflit, le
secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, continue de
multiplier les déplacements dans la région afin de tenter
d'empêcher une escalade et d'obtenir la libération des otages
détenus par le Hamas - au nombre de 126, selon Israël.
    Les dirigeants des pays arabes ont souligné la nécessité de
protéger les civils palestiniens.
    
    L'IRAN PRÉVIENT DU RISQUE D'ESCALADE
    Le président égyptien Abdel Fattah al Sissi a fait savoir
qu'il menait des pourparlers sur des livraisons d'aides, alors
que l'Egypte partage un point de passage frontalier avec Gaza.
Il a aussi dénoncé les mesures israéliennes comme une punition
collective, estimant que les frappes de Tsahal allaient au-delà
de la légitime défense.
    Antony Blinken, qui s'est notamment rendu au Caire dimanche,
a exprimé sa confiance sur la réouverture du point de passage
frontalier de Rafah entre l'Egypte et Gaza. 
    Le secrétaire d'Etat américain, attendu de nouveau en Israël
lundi, a dit avoir eu aussi une discussion productive à Ryad
avec le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman.
Ce dernier a dit oeuvrer à empêcher une escalade du conflit et
vouloir contribuer à lever le siège de Gaza.
    Illustrant le risque d'un élargissement du conflit, de
nouveaux affrontements se sont produits dimanche à la frontière
libanaise entre l'armée israélienne et le Hezbollah, mouvement
armé soutenu - comme le Hamas - par l'Iran, ennemi régional
d'Israël.
    Les brigades Al Qassam, branche armée du Hamas, ont indiqué
avoir lancé depuis le Liban vingt roquettes contre deux colonies
israéliennes, tandis que le Hezbollah a dit avoir fait des
victimes en tirant des missiles contre un camp israélien. Tsahal
a dit mener en réponse des frappes au Liban.
    D'après la presse officielle iranienne, le président iranien
Ebrahim Raïssi a prévenu lors d'un entretien téléphonique avec
le président français Emmanuel Macron qu'une attaque terrestre
israélienne à Gaza serait à même de provoquer une escalade.
    Ebrahim Raïssi a demandé à son homologue que la France
contribue à "éviter l'oppression" des Palestiniens. Téhéran a
salué l'attaque du Hamas, tout en assurant n'avoir eu aucune
implication directe.
    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein
Amirabdollahian, a affirmé pour sa part que toutes les parties
prenantes dans la région ont "le doigt sur la gâchette",
demandant à Israël d'arrêter son "agression".
    Via le réseau social X (anciennement Twitter), la ministre
française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a dit
avoir alerté les responsables politiques israéliens sur le
"risque d'embrasement régional et ses conséquences sur les
populations".
    
    "OÙ DEVONS-NOUS ÉVACUER CES ENFANTS ?"
    Cherchant à afficher l'unité politique israélienne, Benjamin
Netanyahu a convoqué dans la journée un conseil des ministres
élargi, avec des élus de l'opposition, alors qu'un gouvernement
d'union d'urgence nationale est entré en fonction jeudi.
    Le porte-parole de l'armée israélienne a réitéré sa volonté
de permettre aux civils d'évacuer vers le sud de la bande de
Gaza. Tsahal a demandé vendredi aux habitants du nord de
l'enclave de se déplacer hors de la zone sous 24 heures.
    "Le Hamas tente d'empêcher votre évacuation. Nous allons la
permettre, vers le sud", a déclaré Daniel Hagari, ajoutant qu'il
en allait de la "sécurité personnelle" des Gazaouis.
    Des Palestiniens ayant fait route vers le sud ont exprimé
leur intention de repartir vers le nord de Gaza, disant être
attaqués peu importe où ils se trouvent.
    Houssam Abou Safiya, médecin en unité de soins intensifs de
l'hôpital Kamal Edwan, dans le nord de Gaza, a estimé que
l'ordre d'évacuation était impossible à suivre.
    Il y a, dans le service pédiatrie, "des enfants attachés à
des ventilateurs. Où devons-nous évacuer ces enfants ?", a-t-il
interrogé.
    L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que
l'ordre d'évacuation donné par Israël aux 22 hôpitaux de Gaza
était une "condamnation à mort" pour les malades et les blessés.
    D'après le Hamas, des dizaines de personnes ont été tuées
dans des frappes aériennes contre des véhicules et des camions
transportant des réfugiés vers le sud de Gaza. Reuters n'a pas
pu vérifier cela de manière indépendante.
    Les événements rappellent aux Palestiniens la "Nakba"
("catastrophe"), quand ils avaient été expulsés de leurs
habitations durant la guerre de 1948 ayant accompagné la
création de l'Etat d'Israël.
    Les violences à Gaza ont donné lieu par ailleurs aux
affrontements les plus violents depuis 2006 à la frontière
libano-israélienne. Le conseiller à la sécurité nationale de
Benjamin Netanyahu a prévenu le Hezbollah contre toute action
qui pourrait provoquer la "destruction" du Liban.  

    
 (Reportage Nidal al-Mughrabi à Gaza, Ari Rabinovitch, Dan
Williams, Henriette Chacar, Dedi Hayun, Maayan Lubell, Emily
Rose, James Mackenzie et John Davison à Jérusalem, Idrees Ali et
Trevor Hunnicutt à Washington, Michelle Nichols aux Nations
unies, Parisa Hafezi à Dubai, Humeyra Pamuk, Hatem Maher, Ahmed
Tolba et Omar Abdel-Razek au Caire; rédigé par Jean Terzian)
 

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