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Macron à Dunkerque où ArcelorMittal confirme un projet de décarbonation
information fournie par AFP 10/02/2026 à 14:41

Le président Emmanuel Macron porte un casque et des lunettes sur le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, le 10 février 2026 dans le Nord ( POOL / Benoit Tessier )

Le président Emmanuel Macron porte un casque et des lunettes sur le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, le 10 février 2026 dans le Nord ( POOL / Benoit Tessier )

Le géant de l'acier ArcelorMittal a confirmé mardi en présence d'Emmanuel Macron la construction sur son site de Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe, assurant son "engagement en France" après des mois d'atermoiements sur cet investissement majeur, nécessaire pour l'avenir de la filière.

D'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an, le four, qui représente un investissement de 1,3 milliard d'euros, doit démarrer courant 2029.

Avec "cet investissement stratégique, ArcelorMittal confirme (...) son engagement en France et en Europe", a souligné devant des salariés Reiner Blaschek, PDG du groupe en Europe.

A ses côtés, le président français, casque sur la tête, a appelé le groupe à aller "au bout de l'aventure" et "bâtir le deuxième four, à continuer sur l'hydrogène", et donner "un avenir à Fos-sur-Mer, l'autre grosse usine française d'ArcelorMittal.

"Si on veut produire des voitures, produire des infrastructures dans notre Europe, on a besoin de produire de l'acier européen et de l'acier plus décarboné", a-t-il martelé.

Le four annoncé est destiné à remplacer dans les années à venir un des deux hauts-fourneaux du site, afin de produire de l'acier sans charbon, dont la combustion est très émettrice de CO2 et contribue au réchauffement de la planète.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

Le projet de décarbonation initialement annoncé en janvier 2024 comprenait deux fours électriques et une unité directe de réduction du fer, installation nécessaire pour alimenter ce type de fours et pouvant fonctionner à l'hydrogène, un investissement chiffré à 1,8 milliard d'euros.

Mais face à la concurrence accrue de l'acier chinois et aux prix de l'énergie, ce projet ne s'est pas concrétisé jusque là, alimentant la crainte que le géant sidérurgique ne se désengage d'Europe.

- "verre à moitié plein" -

Pour Gaétan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque, "c'est un verre à moitié plein". Il a indiqué à l'AFP "attendre du concret" et "une date ferme" concernant la construction du four électrique qui pourrait débuter au mois d'avril selon lui.

Le président Emmanuel Macron (c,g) écoute une employée (d) lors de la visite du site d'ArcelorMittal à Dunkerque, le 10 février 2026 dans le Nord ( POOL / Benoit Tessier )

Le président Emmanuel Macron (c,g) écoute une employée (d) lors de la visite du site d'ArcelorMittal à Dunkerque, le 10 février 2026 dans le Nord ( POOL / Benoit Tessier )

Pour l'Elysée, ces investissements, fruits d'une importante mobilisation française et européenne, participent à assurer au secteur un "avenir à long terme".

Dunkerque, qui compte 3.200 salariés et produit environ 5,5 millions de tonnes d'acier par an, fait partie des 50 sites industriels les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe".

M. Blaschek s'est dit "confiant dans la capacité de l'Europe à confirmer bientôt ses propositions législatives". Il a cité les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Visant à éviter des distorsions de concurrence pour l'acier européen, soumis à des normes environnementales plus strictes qu'ailleurs, ce mécanisme est entré en vigueur au 1er janvier.

Le président Emmanuel Macron visite le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, le 10 février 2026 dans le Nord ( POOL / Benoit Tessier )

Le président Emmanuel Macron visite le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, le 10 février 2026 dans le Nord ( POOL / Benoit Tessier )

Le sidérurgiste qui a annoncé jeudi un bénéfice net de plus de 3 milliards de dollars en 2025, multiplié par 2,5 sur un an, est engagé dans un processus de délocalisation des fonctions support, entraînant 600 suppressions de postes en France.

Mais il a investi 500 millions d'euros pour lancer début décembre à Dunkerque trois lignes de production d'aciers fortement magnétiques destinés à la production de moteurs pour voitures électriques.

Au total, le groupe "a annoncé l'équivalent de 2 milliards d'investissements sur Dunkerque" ces deux dernières années, a souligné le président d'ArcelorMittal France Alain Le Grix de la Salle à la presse mardi, ajoutant que ses effectifs en France sont restés stables à 15.400 personnes.

Cela n'a pas empêché des élus de gauche de faire adopter à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, dont le sort législatif demeure très incertain. Le texte doit être étudié au Sénat le 25 février.

Après ce déplacement à Dunkerque, Emmanuel Macron se rend mercredi à un sommet sur l'industrie européenne à Anvers, puis le lendemain, toujours en Belgique, à une rencontre informelle des dirigeants de l'UE. Il y sera notamment question selon un proche, de renforcer l'"indépendance" du Vieux Continent, notamment face aux Etats-Unis de Donald Trump.

2 commentaires

  • 13:23

    J'adore la CFDT "boycotte" alors qu'ils n'ont jamais acheté une seule action dans leur vie !


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