Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, à Paris le 3 décembre 2025 ( AFP / Bertrand GUAY )
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s'est dite opposée mardi à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le volet français de l'affaire Epstein car ça entrerait "en concurrence avec la justice" qui "doit être saisie".
"La commission d'enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice", a estimé Yaël Braun-Pivet sur Europe 1. "Il faut que la justice puisse être saisie" pour "faire toute la lumière" s'il y a "des ramifications françaises" dans les millions de pages publiées fin janvier par le ministère américain de la Justice, concernant ce financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
La France insoumise (LFI) avait appelé la semaine dernière à la création d'une commission d'enquête parlementaire transpartisane pour donner la possibilité à des victimes, connues ou nouvelles, de témoigner, et enquêter sur d'éventuelles "ingérences" ou "financement" de partis politiques.
Premier nom à apparaître, l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, Jack Lang, a démissionné dimanche de la présidence de l'Institut du Monde arabe (IMA) après l'ouverture d'une enquête du parquet national financier pour ses liens d'intérêt financier avec Jeffrey Epstein.
"C'est assez terrifiant. Tout en reconnaissant la qualité de l'engagement et l'œuvre de Jack Lang en tant que ministre, je ne veux plus voir d'hommes et de femmes politiques qui profitent des largesses de personnes privées", s'est indignée Yaël Braun-Pivet.
"Ces hommes et ces femmes politiques qui profitent du jet privé, qui vont se faire payer des vacances, c'est inacceptable", a-t-elle insisté.
"C'est inadmissible parce que non seulement c'est condamnable moralement, mais vous devenez peu ou prou les obligés des personnes qui vous entretiennent", a-t-elle encore lancé, affirmant que ça la "choque profondément en tant que femme politique".
Pour autant, a-t-elle argumenté, la constitution d'une commission d'enquête parlementaire "entraînerait de la confusion des pouvoirs", là où la France est "fondée sur une séparation des pouvoirs entre le législatif et la justice".

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