par Sarah Young et Alexander Cornwell
Le Royaume-Uni annoncera mardi un embargo sur des biens produits dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée, a déclaré le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Ed Miliband, présentant cette mesure comme un renforcement du soutien britannique à une solution à deux États.
Des voix en Israël se sont élevées pour dénoncer cette initiative, à l'image du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui a appelé à l'expulsion de l'ambassadeur britannique du territoire israélien.
Moins de deux mois après son entrée en fonction, le chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, a déclaré la semaine dernière vouloir redéfinir la politique de Londres vis-à-vis d'Israël.
L'impact des restrictions annoncées sur des échanges commerciaux qui s'élèvent à 6 milliards de livres devrait être minime, alors qu'on ignore à ce stade comment le Royaume-Uni différenciera les produits importés des colonies en Cisjordanie occupée de ceux d'Israël.
A l'occasion d'un échange téléphonique avec le président des Etats-Unis Donald Trump, le Premier ministre britannique Andy Burnham, en poste depuis juillet, a souligné lundi "l'importance d'une solution à deux Etats", selon ses services.
LONDRES S'OPPOSE AU PROJET DE COLONIE E1
Le projet de colonie israélienne E1 en Cisjordanie occupée, accusé par Ed Miliband et plusieurs chancelleries occidentales de "(porter) atteinte à la continuité territoriale des territoires palestiniens", se trouve au coeur des discussions.
Les Nations unies et la majorité de ses Etats membres, dont le Royaume-Uni, considèrent comme illégales les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, un territoire désigné comme sous occupation militaire.
Israël conteste cette position et invoque des liens historiques et bibliques avec cette région ainsi que sa sécurité.
Le secrétaire d'État britannique au Travail et aux Retraites Pat McFadden a déclaré mardi que les dernières activités dans les colonies israéliennes sont à l'origine des nouvelles restrictions.
"La raison pour laquelle le danger devient plus pressant est l'expansion des activités coloniales ces dernières semaines et derniers mois", a-t-il dit au micro de Times Radio.
Les bureaux du Premier ministre israélien et du ministre israélien des Affaires étrangères n'ont pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
Les sondages montrent que la coalition de Benjamin Netanyahu pourrait perdre des sièges et sa majorité à la Knesset, à l'occasion des prochaines élections législatives du 27 octobre.
Les relations entre Londres et l'Etat hébreu se sont tendues au fil des critiques émises par le gouvernement britannique à l'encontre de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, de l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée et des attaques de plus en plus nombreuses de colons israéliens sur des Palestiniens.
L'Espagne, l'Irlande et les Pays-Bas ont également mis en place des restrictions commerciales sur des biens issus de colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, bien que toutes les mesures n'aient pas été appliquées.
Israël reste un important partenaire commercial du Royaume-Uni, a assuré Pat McFadden sur Sky News, écartant l'hypothèse d'un boycott total des biens israéliens.
Les produits issus des colonies israéliennes sont principalement des produits frais et du vin et ne comptent que pour une petite fraction du volume commercial de l'Etat hébreu.
Des diplomates étrangers indiquent qu'une interdiction d'importation pourrait être difficile à instaurer, de nombreux biens israéliens utilisant des produits issus de colonies sans qu'il soit possible de tracer leur origine.
(Reportage de Sarah Young à Londres et Alexander Cornwell à Tel Aviv; version française Zhifan Liu)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer