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Le Liban craint des attaques d'Israël en cas d'escalade avec l'Iran
information fournie par AFP 24/02/2026 à 22:43

Les décombres d'un immeuble touché en janvier par une frappe israélienne dans le village de Qannarit, dans le sud du Liban, le 16 février 2026 ( AFP / Joseph EID )

Les décombres d'un immeuble touché en janvier par une frappe israélienne dans le village de Qannarit, dans le sud du Liban, le 16 février 2026 ( AFP / Joseph EID )

Le Liban a dit mardi craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'escalade militaire avec l'Iran et d'implication du puissant Hezbollah dans un conflit régional.

Dans ce contexte tendu, l'armée libanaise a accusé Israël d'avoir visé le secteur d'une position militaire dans le sud, près de la frontière entre les deux pays, et affirmé avoir donné l'ordre de riposter.

"Il existe des signaux indiquant que les Israéliens pourraient frapper très fortement en cas d'escalade, y compris potentiellement des infrastructures stratégiques comme l'aéroport", a déclaré le chef de la diplomatie libanaise Youssef Raggi à quelques médias, dont l'AFP, à Genève.

"Nous conduisons actuellement des démarches diplomatiques pour demander que, même en cas de représailles, les infrastructures civiles libanaises ne soient pas ciblées", a-t-il ajouté en marge d'une session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. "Cette guerre ne nous concerne pas".

Sur X, il a dit espérer que le Hezbollah pro-iranien s'abstienne "de prendre part à toute nouvelle aventure et épargne au Liban davantage de destructions".

- "Chaîne de réactions" -

"Ce que les Libanais redoutent, c'est une chaîne de réactions: une frappe américaine contre l’Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réponse israélienne massive" contre le Liban, a indiqué un responsable libanais qui a requis l'anonymat.

L'ambassade américaine à Beyrouth, le 23 juin 2025 au Liban ( AFP / JOSEPH EID )

L'ambassade américaine à Beyrouth, le 23 juin 2025 au Liban ( AFP / JOSEPH EID )

Lundi, les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth.

Le président Donald Trump, qui a ordonné le déploiement dans la région d'un dispositif militaire massif, menace de frapper l'Iran si les pourparlers actuels échouent.

Téhéran a averti que toute frappe des Etats-Unis, même limitée, le pousserait à riposter "avec férocité", et mis en garde contre un risque d'"escalade" régionale.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affirmé le mois dernier que sa formation s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël, qui continue de le frapper régulièrement malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. Israël l'accuse de se réarmer.

- "Résistance" -

Samedi, la formation a appelé à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres, dont un responsable militaire, qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Un engin de chantier dégage des débris près de bâtiments fortement endommagés dans le village de Bednayel, dans la région de la Bekaa, après des frappes israéliennes, le 21 février 2026 au Liban ( AFP / - )

Un engin de chantier dégage des débris près de bâtiments fortement endommagés dans le village de Bednayel, dans la région de la Bekaa, après des frappes israéliennes, le 21 février 2026 au Liban ( AFP / - )

Conformément aux termes du cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la région frontalière avec Israël où elle s'est déployée.

Mardi, elle a accusé l'armée israélienne d'avoir ouvert le feu dans sa direction alors qu'elle établissait un point de contrôle dans la région de Marjeyoun, proche de la frontière.

"Le commandement de l'armée a ordonné de renforcer la position et de riposter aux sources de tirs", a affirmé l'armée dans un communiqué.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir repéré des soldats libanais installant une position "sans coordination préalable" et avoir réclamé qu'ils suspendent l'opération.

"Après que cette demande est restée sans réponse, les troupes ont effectué des tirs de sommation", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

- "Monopole des armes" -

L'armée libanaise doit à présent désarmer le Hezbollah dans une région située plus au nord de la frontière, mais manque d'équipements et de moyens financiers.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty (3e g), s'adresse aux représentants des pays participants lors de la réunion préparatoire de la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises (FAL) et aux Forces de sécurité intérieure (FSI) au Caire, le 24 février 2026 ( AFP / Khaled DESOUKI )

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty (3e g), s'adresse aux représentants des pays participants lors de la réunion préparatoire de la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises (FAL) et aux Forces de sécurité intérieure (FSI) au Caire, le 24 février 2026 ( AFP / Khaled DESOUKI )

Au Caire, une réunion visant à préparer une conférence de soutien aux forces armées libanaises, que Paris accueillera le 5 mars, a souligné que l'Etat libanais devait avoir "le monopole des armes".

La réunion "vise à aider les institutions nationales libanaises, en particulier l'armée et les forces de sécurité intérieure, à renforcer leur souveraineté et à étendre leur contrôle total" sur le territoire, a souligné le ministre égyptien des Affaires étrangères.

La France, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis ont pris part à cette réunion, qui s'est tenue en présence du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal.

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