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Le 7 octobre continue de peser sur les Israéliens alors que la guerre s'étend
information fournie par Reuters 07/10/2024 à 17:33

par James Mackenzie

Les Israéliens ont marqué lundi le premier anniversaire de l'attaque meurtrière du Hamas contre le sud d'Israël, le 7 octobre 2023, un traumatisme qu'ils ont porté en eux tout au long de l'année écoulée.

Cette attaque sans précédent a également fait douter les Israéliens de l'efficacité de leur armée, critiquée pour ne pas avoir été en mesure de l'éviter.

L'attaque menée le 7 octobre par le Hamas dans le sud d'Israël a fait 1.200 morts et quelque 250 personnes ont été prises en otages, selon des données israéliennes.

Israël a répliqué en lançant une offensive militaire d'envergure contre la bande de Gaza, fief du Hamas. Le conflit a pour l'heure fait près de 42.000 morts côté palestinien, selon le ministère gazaoui de la Santé, et déplacé la quasi-totalité de ses 2,3 millions d'habitants.

Les Israéliens assistent également à l'intensification du conflit avec la milice pro-iranienne du Hezbollah au Liban. Une confrontation menace avec l'Iran même, qui a mené mardi dernier la plus importante attaque jamais lancée contre Israël en tirant quelque 200 missiles, interceptés pour la plupart d'entre eux.

Bien qu'un nombre croissant d'Israéliens appellent à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, les affrontements contre le Hamas et le Hezbollah, qui, selon l'armée israélienne, avait l'intention de lancer une attaque du type de celle du 7 octobre dans le nord d'Israël, bénéficient également d'un large soutien.

Environ 80% des Israéliens appuient l'offensive contre le Hezbollah, même si la guerre à Gaza est toujours en cours, selon un sondage réalisé la semaine dernière pour l'Institut israélien de la démocratie.

L'échec du rapatriement des otages demeure une plaie ouverte et des manifestations de masse sont organisées pour exiger du gouvernement qu'il fasse davantage pour les récupérer.

La souffrance des civils palestiniens est absente des télévisions israéliennes, à l'exception de séquences filmées par l'armée ou de reportages de journalistes embarqués qui accompagnent les troupes israéliennes.

La destruction de Gaza a plongé les Palestiniens dans une nouvelle "Nakba" - ou catastrophe - en référence à l'exode forcé de centaines de milliers d'entre eux lors de la création de l'État d'Israël en 1948.

Les sentiments des Israéliens envers les Palestiniens se sont néanmoins durcis.

Pour Avida Bachar, un agriculteur du kibboutz de Be'eri qui a perdu sa jambe et vu sa femme et son fils mourir lorsque des tireurs du Hamas ont attaqué sa maison il y a un an, il n'y a qu'une seule solution au conflit israélo-palestinien.

Les Palestiniens doivent être déplacés de Gaza vers tout État disposé à les accueillir, afin qu'ils ne constituent pas une menace, affirme-t-il.

PLUS AMIS

En Israël, beaucoup de civils sont désormais armés, craignant de se faire attaquer par des Palestiniens, autrefois voisins ou connaissances, qui sont dorénavant soupçonnés de sympathiser avec le Hamas.

Tout a changé après le 7 octobre, raconte Abou Youssef, 70 ans, un Palestinien de Kafr Manda, un village arabe du nord d'Israël, qui travaillait avec des Israéliens dans des fermes et sur les marchés.

"Nous avions l'habitude d'avoir des amis juifs, nous demandions des nouvelles de nos familles respectives. Mais celui qui était votre ami avant ne l'est plus."

Pour la communauté juive d'Israël, les événements du 7 octobre font écho aux pogroms du passé et ravivent ses peurs.

"Le sentiment est qu'il n'y a aucune sécurité dans cet endroit. Tout peut arriver", témoigne Alex Kaidrikov, un habitant de Tel Aviv.

La semaine dernière, raconte-t-il, il a échappé de peu à une attaque menée par deux Palestiniens armés qui ont tué sept personnes, le jour où l'Iran a tiré des missiles balistiques en direction d'Israël.

"C'est tout simplement choquant et accablant, et il n'y a rien que nous puissions faire pour y remédier", déplore-t-il.

La hausse des atteintes antisémites, en lien avec la condamnation des opérations militaires à Gaza après la compassion des premiers temps, a aggravé le traumatisme existentiel des Israéliens.

Maayan, 37 ans, cheffe de produit à Tel Aviv, dit comprendre l'émotion suscitée par le sort des civils à Gaza. Elle estime cependant que de nombreuses manifestations en soutien à Gaza visent à délégitimer Israël, voire à remettre en question son existence.

"Je suis israélienne. Je n'ai nulle part où aller", déclare-t-elle. "Je trouve donc cela un peu blessant."

(Avec la contribution d'Ali Sawafta à Ramallah, Emily Rose à Jérusalem et Stamos Prousalis à Tel Aviv ; version française Kate Entringer)

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