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La guerre en Ukraine rend les Russes anxieux à l'approche des élections
information fournie par Reuters 10/09/2026 à 11:01
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* Les élections législatives sont prévues du 18 au 20 septembre

* Premier scrutin du genre depuis le lancement de l'offensive en Ukraine en 2022

* Dans un système verrouillé, l'enjeu n'est pas l'issue du vote mais la participation

* Les Russes ne cachent plus leur anxiété alors que Kyiv a porté la guerre sur leur territoire

Le mois dernier, Iouri a décidé de coller un film incassable sur les fenêtres de son appartement moscovite après que l'explosion d'un drone a projeté des éclats de verre dans l'appartement d'un ami, qui a été légèrement blessé.

"Nous traversons une période difficile et j'ai décidé de protéger ma famille", dit Iouri, qui a demandé à ce que seul son prénom soit utilisé par crainte de représailles des autorités russes, qui interdisent tout discours critique sur la guerre en Ukraine.

Le Kremlin répète à l'envi que la Russie est sur le point de remporter la victoire. Mais après bientôt cinq ans de guerre, de plus en plus de Russes subissent les conséquences du conflit sur leur vie quotidienne, alors que Kyiv multiplie les attaques contre les infrastructures pétrolières et les entrepôts de commerce en ligne.

A l'approche des élections législatives, du 18 au 20 septembre, les premières depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022, ces préoccupations deviennent de plus en plus difficiles à ignorer, y compris par les autorités.

Dans un système complètement verrouillé comme celui de la Russie, où toutes les voix critiques envers la guerre en Ukraine ont été réduites au silence, la domination du parti Russie unie du président Vladimir Poutine n'est guère menacée.

Mais le Kremlin sera attentif au taux de participation et aux résultats du scrutin, autant d'indicateurs de l'anxiété et de la lassitude de la population face à la guerre.

LA GUERRE S'INTENSIFIE

L'Ukraine a intensifié pendant l'été ses attaques visant le territoire russe dans l'espoir de pousser Moscou à négocier la paix. Au lieu de cela, la Russie a intensifié ses attaques aériennes sur Kyiv et d'autres villes ukrainiennes, ce qui fait craindre dans les deux pays une escalade du conflit.

Des enquêtes d'opinion hebdomadaires menées par un institut de sondage d'État russe révèlent un niveau d'anxiété élevé. Certains hommes ont quitté temporairement le pays, craignant une nouvelle vague de mobilisation après les élections, malgré les démentis répétés du Kremlin.

Les souscriptions d'assurance habitation couvrant les dégâts causés par les attaques de drones sont en forte hausse et les primes d'assurance ont bondi de 18% sur un an au premier semestre, selon les données de la banque centrale.

La société russe Solartek, qui produit des films adhésifs conçus pour empêcher la projection d'éclats de verre en cas d'explosion, a vu son activité augmenter de 50% depuis le début de l'année, déclare son directeur, Pavel Levit, dans son usine de Saint-Pétersbourg.

"Le demande est telle qu'il y a une pénurie de films de protection sur le marché russe", dit-il, soulignant que la demande vient aussi bien des entreprises et des institutions étatiques que des particuliers.

Moscou comme Kyiv nient viser délibérément les civils, mais des immeubles d'habitation, des magasins et des transports sont régulièrement touchés par des drones abattus ou brouillés électroniquement par les défenses aériennes.

Des milliers de civils ont été tués depuis le début de la guerre, en grande majorité des Ukrainiens, bien que le nombre de morts en Russie ait fortement augmenté cette année en raison de la multiplication des attaques de drones.

PEURS D'UNE NOUVELLE MOBILISATION

Vladimir Poutine a accusé l'Ukraine d'intensifier ses attaques pour perturber les élections législatives russes et assuré que cette campagne était vouée à l'échec.

Mais des sondages réalisés par la Fondation pour l'opinion publique (FOM), un organisme d'État, suggèrent qu'un été d'alertes aux drones et de pénuries de carburant pèse sur le moral des Russes.

Depuis fin avril, le pourcentage de Russes utilisant le mot "anxiété" pour qualifier l'ambiance dans leur entourage s'est maintenu chaque semaine au-dessus de 50%, à l'exception d'une semaine, indique FOM.

Il s'agit du niveau le plus élevé et le plus durable depuis la vague de mobilisation lancée au début de la guerre, qui avait poussé des centaines de milliers d'hommes en âge de combattre à fuir le pays.

Face à la rumeur persistante de nouvelle mobilisation après les élections, certains Russes ont pris les devants.

Ivan, 26 ans, ingénieur dans un atelier de réparation de camions à Moscou, et Roman, 34 ans, chef de chantier, ont dit à Reuters avoir récemment quitté le pays avec leurs familles. Comme Iouri, ils n'ont donné que leur prénom afin de préserver leur anonymat.

Il n'existe aucune statistique officielle en Russie permettant de mesurer l'ampleur du phénomène.

(Reportage de Reuters, rédigé par Alessandra Prentice; version française Tangi Salaün, édité par Jean Terzian)

4 commentaires

  • 10 septembre 13:46

    Homlib : c'est Nuland qui a organisé la révolution orange pour affaiblir la Russie, puis la diviser et s'en accaparer. C'est documenté pour les ignares qui veulent bien réfléchir


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