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La croissance du 1er trimestre sera révélée mercredi et n'a sans doute pas brillé
information fournie par Boursorama avec AFP 28/04/2025 à 08:59

L'Insee révèlera mercredi le chiffre de la croissance au premier trimestre, mais, entre absence de budget jusqu'à mi-février, mesures de réduction du déficit et incertitudes commerciales, il y a peu de chances qu'elle ait brillé.

( AFP / AURORE MESENGE )

( AFP / AURORE MESENGE )

L'Institut national de la statistique et la Banque de France tablent respectivement sur une croissance de 0,1% et 0,2% de janvier à mars.

Stéphane Auray, professeur d'économie à l'ENSAI (Ecole nationale de la statistique et de l'analyse de l'information) et à Rennes School of Business, décrit à l'AFP les raisons d'une croissance sans doute très terne cet hiver.

"La situation politique en France a été très incertaine, et on a du mal à imaginer une quelconque embellie de croissance à venir grâce à elle", énonce-t-il.

Et la guerre commerciale lancée par Donald Trump aura "forcément" des conséquences pour l'Europe, ajoute-t-il, alors que le président américain menace l'UE de hausses de droits de douane d'au moins 10%.

Des discussions sont en cours pour essayer de l'en dissuader, mais "on ne va pas se cacher qu'on est encore loin d'un accord", a affirmé jeudi à Washington le ministre de l'Économie Éric Lombard, en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

- "Raisonnables" -

A tout cela s'ajoutent des efforts budgétaires pour assainir les finances publiques.

Le gouvernement veut faire revenir le déficit public sous les 3% de PIB en 2029, avec 5,4% cette année, après 5,8% l'an dernier.

Cela implique pour 2025 un effort total de 50 milliards d'euros, en moindres dépenses et hausses de prélèvements, de la part des différentes composantes des finances publiques: État, sécurité sociale et collectivités locales, avant 40 autres milliards l'an prochain.

"Les mesures de redressement des finances publiques mises en œuvre vont affecter comptablement la situation des différents acteurs économiques", analysait en mars l'Insee.

Entre autres mesures visant les entreprises, d'un poids total de 13 milliards d'euros selon le Medef, celles-ci sont particulièrement concernées par une surtaxe d'impôts sur les sociétés, et les particuliers les plus riches par une contribution d'un rapport de deux milliards d'euros.

Après la censure du gouvernement Barnier, de surcroît, il a fallu attendre mi-février pour que soit promulgué le budget du gouvernement Bayrou.

De janvier à cette date, les dépenses publiques, sous "loi spéciale", ont été gelées au niveau de l'an dernier: "six semaines où elles ont été fortement restreintes, et ça va clairement peser sur l'évolution du PIB au premier trimestre", observe Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.

- "Répercussion progressive" -

Après une croissance de 1,1% en 2024, celle de cette année ne semble pas très bien partie, avec un risque de légère remontée du chômage.

Le gouvernement a déjà révisé à la baisse sa prévision de croissance annuelle de 0,9%, s'alignant actuellement sur celle de la Banque de France, soit 0,7%.

Si celles du premier semestre de l'Insee étaient avérées (0,1% au premier trimestre et 0,2% au deuxième), il faudrait une croissance soutenue de 0,4% à chacun des deux derniers trimestres pour atteindre la prévision gouvernementale.

Le FMI a pour sa part abaissé de 0,2 point sa prévision mardi, à 0,6% pour l'ensemble de l'année. Charlotte de Montpellier mise sur 0,4% seulement.

L'économiste a cependant relevé une bonne surprise vendredi matin avec un indicateur du climat des affaires du mois d'avril qui n'a perdu qu'un point sur le mois, pourtant en plein chaud et froid soufflés par Donald Trump sur les droits de douane.

Le climat dans l'industrie a même progressé de trois points, confirmant une résistance du moral des industriels observée également en Allemagne.

Avec cependant le risque, selon Mme de Montpellier, "d'une répercussion progressive du nouveau contexte mondial" dans les prochains mois.

3 commentaires

  • 28 avril 11:51

    La croissance via la consommation alors que l'on annonce de nouvelles taxes et augmentations d'impôts (abattement 10%) ... il ne faut pas rêver !


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