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A Nice, l'invraisemblable campagne municipale vire au mauvais film
information fournie par AFP 12/03/2026 à 14:25

Christian Estrosi, maire de Nice (Horizon), le 26 février 2026 ( AFP / Valery HACHE )

Christian Estrosi, maire de Nice (Horizon), le 26 février 2026 ( AFP / Valery HACHE )

Le duel entre Christian Estrosi et Eric Ciotti à Nice s'annonçait sans merci mais les rebondissements de l'enquête sur la tête de porc retrouvée devant le domicile du maire sortant alimentent les accusations de complot et transforment la campagne en scénario de mauvais film.

Depuis des mois, les coups fusent entre les deux frères ennemis, anciens piliers des Républicains qui incarnent désormais la fracture de la droite classique, l'un ayant choisi le macronisme et l'autre une alliance avec le Rassemblement national.

Accusations, petites phrases, "bilan noir" de l'adversaire, transfuges d'une équipe à l'autre, vidéos désobligeantes, tweets assassins et débats télévisés virant au "combat de coqs" -selon l'expression employée plusieurs fois sur les plateaux- ont monopolisé l'attention et fait passer les programmes au second plan.

Le duel a pris un tournant mi-février, quand un premier sondage, confirmé depuis par plusieurs autres, a donné une nette avance au député UDR/RN Eric Ciotti dans les intentions de vote.

Dans ce contexte, la découverte le 27 février au soir d'une tête de porc accompagnée d'une affiche barrée du mot "connard" avec une étoile de David devant le domicile de Christian Estrosi, fervent partisan d'Israël et dont l'épouse est juive, a d'abord provoqué un rare moment de communion dans la condamnation unanime d'un acte aux relents antisémites.

En moins d'une semaine, deux suspects tunisiens ont été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire.

Mais l'affaire a pris une nouvelle dimension quand le téléphone de l'un des suspects a révélé des communications avec une proche collaboratrice de M. Estrosi. Ce dernier, qui brigue un quatrième mandat, a immédiatement dénoncé une tentative d'infiltration de sa campagne.

- "Paysage de caniveau" -

Eric Ciotti, candidat UDR-RN à la mairie de Nice, le 7 mars 2026 ( AFP / Valery HACHE )

Eric Ciotti, candidat UDR-RN à la mairie de Nice, le 7 mars 2026 ( AFP / Valery HACHE )

Mais mercredi, deux hommes et deux femmes ont été entendus dans le cadre de l'information judiciaire ouverte, entre autres, pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion ou violences aggravées visant un élu public. Les deux hommes étaient encore en garde à vue ce jeudi.

Selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par l'AFP, l'enquête semble écarter désormais toute implication étrangère et s'orienter vers une manipulation émanant du camp Estrosi, sans qu'il soit possible de dire à ce stade si le maire lui-même était au courant.

Plusieurs des personnes entendues sont des connaissances de M. Estrosi et l'un des deux hommes encore en garde à vue est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à la retraite, âgé de 79 ans, reconverti en détective privé.

Christian Estrosi a annoncé un point presse en milieu d'après-midi sur le sujet, avant un meeting de fin de campagne.

"Mon client est victime d'une infiltration sans précédent dans une campagne électorale, infiltration qui a sans aucun doute été montée et orchestrée de longue date en vue de cette fin de campagne", a assuré son avocat, Me Olivier Baratelli.

Le Conseil représentatif des institutions juives (Crif) s'est porté partie civile dans l'affaire mais refuse de commenter dans l'immédiat.

A gauche, c'est la consternation. "Le ridicule est en train de tuer la ville de Nice", a lancé Juliette Chesnel-Le Roux, tête d'une liste PS-PCF-écologistes, en dénonçant "un paysage politique de caniveau".

"La lutte contre l'antisémitisme est instrumentalisée par des opportunistes qui prétendent combattre ce fléau, mais le renforcent en semant la suspicion. Irresponsables", a twitté Olivier Salerno, responsable local de LFI et n°2 sur la liste de LFI-Viva menée par Mireille Damiano.

Sur les réseaux sociaux, les railleries fusent. "S'il (Estrosi) finit sa carrière politique sur un auto-sabordage, c'est une masterclass", a ainsi lancé un internaute se présentant comme supporter niçois.

M. Estrosi a aussi vu rejaillir jeudi le fantôme des derniers Grands Prix de Formule 1 sur le circuit varois du Castellet (2018-2022), dont il a été l'un des principaux instigateurs.

Un véritable gouffre financier, qui aura coûté plus de 100 millions d'euros aux contribuables pour quatre courses, selon un rapport encore confidentiel de la chambre régionale des comptes, attendu depuis plus d'un an mais étonnement obtenu par plusieurs médias cette semaine et opportunément retweeté par... Eric Ciotti.

1 commentaire

  • 12:48

    jamais eu confiance en Estrisi .


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