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La BCE vers un statu quo sur ses taux, Lagarde et la France sous le feu des projecteurs
information fournie par Reuters 29/10/2026 à 07:25

Conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort

Conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort

par Francesco Canepa et Balazs Koranyi

La Banque centrale européenne (BCE) devrait laisser ses ‌taux d'intérêt inchangés jeudi, une décision largement attendue qui pourrait être éclipsée par les questions liées aux tensions sur la dette souveraine française et la succession de la ​présidente Christine Lagarde.

L'institut de Francfort a déjà relevé ses coûts d'emprunt à deux reprises cette année, en juin et en septembre, et devrait reprendre son cycle de resserrement monétaire dans les mois à venir, ses responsables souhaitant éviter que la flambée des cours pétroliers liée au conflit au Moyen-Orient ne se répercute sur le reste ​des prix.

La BCE est confrontée à une forte remontée des rendements obligataires, notamment en France, ce qui a déjà entraîné une hausse des coûts de financement pour les ménages et les entreprises, une situation qui, selon Christine ​Lagarde, risque de freiner la croissance et l'inflation.

Prise en étau entre les risques d'inflation ⁠et une détérioration des conditions de financement, la BCE devrait donc maintenir son taux de dépôt à 2,5%, tout en laissant entendre qu'une nouvelle ‌hausse reste probable, peut-être dès décembre.

"La BCE indiquera probablement que la récente flambée des prix du pétrole a accentué les risques d'inflation, contrairement à ce qui semblait être le cas en septembre", déclare Holger Schmieding, chef économiste chez Berenberg.

Les marchés monétaires anticipent actuellement environ ​trois nouvelles hausses de taux au cours de ce cycle, ‌ce qui porterait le taux de dépôt à 3,25%.

L'AVENIR DE LAGARDE

On s'attend en outre à ce que Christine Lagarde ⁠soit interrogée sur son propre avenir lors de la conférence de presse prévue jeudi, alors que des rumeurs circulent quant à un éventuel départ anticipé avant l'élection présidentielle française du printemps 2027, bien qu'il lui reste encore un an de mandat.

Un départ anticipé permettrait au président français Emmanuel Macron et aux autres dirigeants européens de pourvoir ⁠l'un des postes les plus influents ‌du continent avant un scrutin qui, selon les sondages, pourrait être remporté par le Rassemblement national (RN).

Reuters a rapporté ce mois-ci que ⁠le Forum économique mondial (WEF) pourrait nommer Christine Lagarde à sa présidence dès novembre.

"Il est loin d'être idéal de connaître une quelconque incertitude quant à la présidence alors que ‌la banque centrale est aux prises avec des conditions financières plus restrictives, des prix de l'énergie plus élevés et une incertitude accrue quant ⁠aux perspectives macroéconomiques générales", estime Henry Cook, économiste chez le courtier japonais MUFG.

Les anciens gouverneurs des banques centrales des ⁠Pays-Bas et d'Espagne, Klaas Knot et Pablo ‌Hernández de Cos, sont considérés comme les favoris pour succéder à l'économiste française à la présidence de la BCE.

LE REGARD SUR LA FRANCE

En France, le fardeau croissant ​de la dette publique et les perspectives budgétaires incertaines inquiètent particulièrement les marchés, dans un ‌contexte de forte fragmentation politique qui complique les accords à l'Assemblée nationale.

La deuxième économie de la zone euro paie ainsi des taux d'emprunt parmi les plus élevés de ces 25 dernières années et ​la prime exigée par les investisseurs pour détenir ses titres de dette par rapport aux obligations allemandes de référence est supérieure à celle de tout autre pays de la zone euro.

Cela a alimenté les spéculations selon lesquelles la BCE pourrait être contrainte de réagir, ne serait-ce que verbalement pour le moment.

"Il demeure essentiel, ⁠à nos yeux, de préserver la possibilité d'une intervention de la BCE", déclare Gilles Moec, chef économiste d'AXA.

Mais pour l'instant, toute mesure concrète semble encore lointaine.

La première ligne de défense de la BCE consisterait probablement en un réinvestissement flexible des produits des obligations acquises lors de ses vastes programmes d'achat d'actifs de la décennie précédente.

Elle pourrait en outre activer l'Instrument de protection de la transmission (TPI), un dispositif qui permet à la BCE d'acheter des obligations de tout État membre confronté à un resserrement injustifié et désordonné de ses conditions de financement.

Créé en 2022, ll n'a jamais été utilisé et Christine Lagarde a récemment souligné que la France devrait résoudre ses ​problèmes d'endettement par des mesures budgétaires.

(Version française Diana Mandia)

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