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Une croissance plus faible mais pas de "décrochage" en 2026, selon la Banque de France
information fournie par Boursorama avec AFP 15/09/2026 à 19:07
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( AFP / FRANCK FIFE )

( AFP / FRANCK FIFE )

Un même chiffre, deux analyses qui divergent: comme l'Insee, la Banque de France prévoit désormais 0,4% de croissance en 2026, mais insiste mardi sur la résilience de l'économie française, là où l'institut statistique pointait la semaine dernière un décrochage.

"La croissance 2026 sera relativement modeste (...), mais ce n'est sûrement pas une année de décrochage de l'économie française", a affirmé mardi Xavier Debrun, chef économiste de la Banque de France.

"Si on me parle de décrochage, moi, je songe à une économie qui subitement part à la dérive, et où, structurellement, il y a un problème. Je ne crois que pas la structure de l'économie française ait fondamentalement changé" par rapport au mois de juin, a-t-il assuré.

La légère révision à la baisse de la croissance 2026 tient d'abord à une croissance plus faible au premier trimestre que celle qui avait été initialement publiée, indique la Banque de France dans son rapport.

Pèsent également sur l'activité "la faible progression de la consommation des ménages", un investissement privé "moins dynamique" et une faible contribution du commerce extérieur.

Enfin, pour la Banque de France, les sécheresses et canicules de l'été ont eu, "pour le moment", un impact de 0,05 point de pourcentage sur la croissance, a indiqué mardi Xavier Debrun. Ce chiffre pourrait monter à 0,1 point sur l'année.

Mais Xavier Debrun a tenu à souligner que l'économie française faisait "preuve de résilience".

Là où l'Insee indiquait jeudi, dans ses prévisions de croissance, que l'économie française allait "à rebours de ses voisins" et avait "décroché" ces derniers mois par rapport au reste de l'Europe, les économistes de la Banque de France voient surtout des "mauvaises surprises" de nature conjoncturelle.

Ils pointent également la forte croissance de l'Irlande, qui pèse à hauteur de 0,3 point sur les 0,6 point de croissance de la zone euro.

Autre élément à prendre en compte, une différence de méthodologie dans le traitement de l'agriculture entre l'Insee et les autres instituts statistiques nationaux, qui peut "induire une anticipation" plus rapide "de l'effet des vagues de chaleur" par rapport au reste de l'Europe, indique l'économiste Camille Thubin.

Gare à la "sinistrose"

"A cela, j'ajouterais aussi un effet lié au secteur de la construction: en France, on vient de passer les élections municipales, ce qui fait qu'on se retrouve un petit peu au creux de l'investissement public", explique le même économiste.

Surtout, Xavier Debrun met en garde contre la "sinistrose" avec laquelle "on risque vite de rentrer dans des situations de prophéties auto-réalisatrices où plus personne n'investit, plus personne ne consomme".

Pour les mois à venir, la Banque de France attend toujours un "rebond" de la croissance en 2027, attendue à 0,9%, une prévision inchangée par rapport aux projections publiées en juin, avant 1,2% en 2028.

Ce rebond devrait être porté par les "deux moteurs" de la croissance française, la consommation et le commerce extérieur, attendus de retour, à la faveur notamment d'un repli de l'inflation.

A 2,3% en 2026, l'augmentation des prix devrait repasser sous la barre des 2% l'année prochaine, à 1,9%, avant 1,6% en 2028.

L'inflation est d'ailleurs "relativement plus faible en France que dans le reste de la zone euro", ce qui est "tout bonus pour la compétitivité". Cela "rend l'économie française très bien positionnée" pour répondre à la demande mondiale attendue en hausse l'année prochaine.

Reste que ces prévisions demeurent suspendues à l'évolution de la situation au Moyen-Orient, principale source d'incertitude autour du scénario retenu par la Banque de France, qui repose sur des données arrêtées mi-août.

"Il s'est passé des choses depuis (au Moyen-Orient, NDLR). Ce ne sont pas nécessairement des choses favorables. Ceci dit, on reste dans l'entonnoir entre les hypothèses du scénario de base et les hypothèses du scenario défavorable", a expliqué M. Debrun.

Ce dernier prévoirait une croissance de seulement 0,3% du PIB en 2026, et 0,4% en 2027.

2 commentaires

  • 15 septembre 20:53

    Le naufrage tranquille continue.


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