Des sauveteurs ukrainiens sur le site d'un bombardement russe à Komyshuvakha, dans la région de Zaporijjia, le 2 novembre 2026 ( UKRAINIAN EMERGENCY SERVICE / Handout )
L'Ukraine a de nouveau été bombardée dans la nuit de lundi à mardi par la Russie, au lendemain d'une attaque russe ayant tué au moins 29 personnes et vivement dénoncée par Volodymyr Zelensky, arrivé mardi à Berlin.
Selon le dirigeant ukrainien, cette attaque sanglante a illustré la volonté de la Russie de torpiller tout "progrès vers la paix".
Les négociations entre Kiev et Moscou, sous médiation américaine, pour tenter de mettre fin à près de cinq ans de ce sanglant conflit doivent reprendre dans une semaine aux Emirats arabes unis.
À Kharkiv, dans le nord-est du pays, des bombardements ont frappé un hôpital dans la nuit de lundi à mardi, faisant au moins 73 blessés, selon le dirigeant ukrainien. Les autorités locales ont indiqué avoir évacué 226 patients.
Lundi, une frappe a tué au moins 29 personnes lors d'une distribution d'aide humanitaire dans la région de Zaporijjia (sud-est). "Les Russes ont lancé la première frappe juste au moment où les gens arrivaient — plusieurs bombes aériennes. Puis il y a eu une autre frappe — davantage de bombes aériennes, visant cette fois l'abri (...), où des gens s'étaient réfugiés", s'est indigné M. Zelensky.
Ces frappes ont anéanti "tout espoir de progrès vers la paix", a dénoncé Volodymyr Zelensky, pointant "une preuve supplémentaire que la Russie ne veut ni désescalade ni véritable justice".
Négociations trilatérales
Le dirigeant ukrainien a annoncé mardi, sur ses réseaux sociaux, être arrivé à Berlin où il doit rencontrer le chancelier allemand Friedrich Merz pour des discussions sur le soutien de l'Allemagne à l'Ukraine, avant une rencontre mi-novembre à Berlin de la coalition des volontaires pour l'Ukraine, qui rassemble les pays soutenant Kiev.
M. Zelensky a précisé que ces rencontres visaient à renforcer la "coordination diplomatique", ainsi qu'à renforcer les défenses antiaériennes et le secteur énergétique ukrainiens face aux attaques russes.
A la veille d'élections américaines de mi-mandat très scrutées, l'émissaire américain Steve Witkoff a pour sa part annoncé lundi soir la tenue de "négociations de travail" entre la Russie et l'Ukraine les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi sous médiation américaine.
"Les discussions porteront sur les dispositions de sécurité d'après-guerre, la désescalade, les efforts humanitaires et les prochaines étapes vers la paix", a-t-il détaillé sur X.
Le Kremlin a confirmé mardi la tenue de ces négociations.
Mais la dernière rencontre de ce type, qui s'était déroulée mi-février à Genève, en Suisse, s'était achevée sans résultat tangible, la Russie campant sur des positions maximalistes selon Kiev.
Steve Witkoff a aussi précisé que les négociateurs américains se rendront dans la semaine à Bruxelles pour y rencontrer "les représentants de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Union européenne et de l'Otan pour discuter des garanties de sécurité pour l'Ukraine".
Un porte-parole de l'Otan a confirmé, sans plus de détails, cette rencontre visant à "discuter des moyens d'aboutir à une fin juste et durable de la guerre en Ukraine".
Incendies
L'armée de l'air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé dans la nuit plusieurs missiles balistiques, 59 missiles de croisière et 289 drones d'attaque, dont 120 drones à réaction, contre le territoire ukrainien.
Dans la région de Kiev, ces attaques ont déclenché des incendies dans plusieurs entrepôts, sans faire de victimes, selon l'administration régionale.
La Russie a également repris les bombardements dans la région de Kherson (sud), après une rare trêve locale négociée pour évacuer la ville d'Olechky, occupée par les Russes.
Après cette opération humanitaire, "il y a eu un moment où on a pu croire que de nouvelles étapes vers un progrès en direction de la paix étaient possibles. Avec ce massacre, la Russie envoie un signal complètement opposé : elle mise sur de nouveaux meurtres", a écrit Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux.
Une rue de Kiev pendant une panne de courant causée par une attaque russe, le 1er novembre 2026 ( AFP / Roman PILIPEY )
Dans ce contexte, les alliés de Kiev réunis au sein de la Force multinationale pour l'Ukraine ont annoncé qu'ils mèneraient du 9 au 22 novembre en Pologne un exercice grandeur nature destiné à éprouver leur aptitude à se déployer et opérer ensemble sur le terrain.
Quelque 2.800 militaires de dix pays seront déployés à cette occasion sous la houlette de la France et du Royaume-Uni.
Côté russe, le maire de Moscou Sergueï Sobianine a fait état de 493 drones ukrainiens neutralisés dans la nuit alors qu'ils volaient en direction de la capitale. Une frappe a touché une raffinerie à Iaroslavl, au nord-est de Moscou, selon le gouverneur local, Mikhail Ievraiev.

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