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* James “Fergie” Chambers a été arrêté en juillet à Ibiza à la demande des États-Unis
* Les avocats de la défense affirment que cette affaire est motivée par des considérations politiques
* L'héritier multimillionnaire d'un empire médiatique a fait don d'un million de dollars pour venir en aide à Gaza
* Une audience est prévue dans les semaines à venir, selon le tribunal
par Victoria Waldersee
L'Espagne a autorisé mardi la saisine de la justice d'une demande d'extradition américaine visant James Cox Chambers, un donateur pro-palestinien, malgré les protestations des partenaires de la coalition de gauche au pouvoir, qui affirment que cette affaire est motivée par des considérations politiques.
Cette affaire est politiquement sensible pour le gouvernement espagnol dirigé par les socialistes, dont la position pro-palestinienne a suscité les critiques de l’administration Trump et contribué à aggraver les tensions avec Washington.
Chambers, 41 ans, un multimillionnaire américain héritier d’un empire médiatique surnommé “Fergie”, a été arrêté à la demande des autorités américaines le 10 juillet alors qu’il était en vacances à Ibiza. Il est actuellement en détention provisoire à Madrid.
Se décrivant lui-même comme anti-impérialiste et communiste, Chambers a appelé, dans des interviews et sur les réseaux sociaux, à la destruction des États-Unis. Il a reçu 250 millions de dollars après s’être désengagé du conglomérat médiatique familial, Cox Enterprises, en 2023, a déclaré son porte-parole.
Chambers a fait don de plus d’un million de dollars à des causes humanitaires à Gaza et a pris en charge les frais juridiques de certains membres du groupe militant Palestine Action, selon son équipe juridique.
Ce groupe a été désigné comme organisation terroriste par les États-Unis et le Royaume-Uni pour ses actions, qui consistent notamment à cibler des entreprises de défense liées à Israël en bloquant leurs entrées et en les aspergeant de peinture.
Les États-Unis n’ont pas détaillé publiquement les chefs d’accusation retenus contre Chambers. Son équipe juridique indique qu’ils comprennent le blanchiment d’argent et le complot en vue de commettre des troubles à l’ordre public.
Le ministère américain de la Justice a refusé de commenter ces chefs d’accusation.
Cette affaire a suscité un vif intérêt parmi les personnalités pro-palestiniennes: 150 militants et célébrités de premier plan, dont Richard Gere, Greta Thunberg et Fatima Bhutto, ont signé une lettre exhortant l’Espagne à ne pas donner suite à la procédure d’extradition.
Tant les avocats de Chambers que Sumar, le partenaire minoritaire de la coalition socialiste, affirment que l’absence de preuves accessibles au public suggère qu’il est pris pour cible en raison de ses opinions politiques. En vertu de la législation espagnole, l’extradition ne peut avoir lieu s’il est établi que la demande est motivée par des considérations politiques.
“Cette extradition créerait un précédent alarmant en Europe si l’Espagne autorisait l’administration Trump à criminaliser l’aide humanitaire vitale pour le peuple palestinien”, a déclaré l’avocat de Chambers, Baltasar Garzón, qui a déposé une demande d’asile pour Chambers en Espagne.
La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a déclaré que la décision de faire avancer le dossier était “purement procédurale”, ajoutant que le Conseil des ministres prendrait la décision finale à l’issue de la procédure judiciaire.
Une date d’audience devrait être fixée dans les semaines à venir, a indiqué un porte-parole du tribunal.

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