Les députés britanniques ont voté mardi contre l'ouverture d'une enquête parlementaire sur le Premier ministre Keir Starmer destinée à déterminer si celui-ci a menti au Parlement à propos de la nomination de Peter Mandelson, l'un de ses alliés, comme ambassadeur aux Etats-Unis.
Keir Starmer répète qu'il n'était pas informé des liens étroits entretenus par Peter Mandelson, 72 ans, avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein lorsqu'il a décidé en décembre 2024 de le nommer ambassadeur aux Etats-Unis - un poste dont Mandelson a été démis en septembre dernier à la suite de révélations sur ces liens.
Le Premier ministre a également dit n'avoir pas été averti avant ce mois-ci que Peter Mandelson n'avait pas satisfait au contrôle préalable de ses antécédents en raison de sa relation avec Jeffrey Epstein. Il avait assuré au Parlement, après le limogeage de Mandelson, que les procédures adéquates avaient été suivies pour cette nomination, effective en février 2025.
Keir Starmer rejette depuis des mois les pressions réclamant sa démission, disant avoir été victime de "mensonges" de la part de Peter Mandelson, une situation à l'origine de critiques émanant même du Parti travailliste du dirigeant britannique, dont a été déplorée l'absence de discernement. Il a déclaré également que des responsables avaient dissimulé des informations liées au contrôle des antécédents de Mandelson.
Au cours d'une allocution devant la Chambre des communes, la semaine dernière, le locataire du 10 Downing Street a accablé des représentants du ministère des Affaires étrangères, assurant qu'il n'aurait pas nommé Peter Mandelson ambassadeur s'il avait eu connaissance de ses antécédents.
Les élus de la Chambre des communes ont voté mardi à 335 voix contre 223 en défaveur d'un texte demandant à une commission parlementaire d'ouvrir une enquête sur de possibles déclarations trompeuses de Keir Starmer en réponse à plusieurs questions liées à la nomination de Peter Mandelson.
Cette enquête aurait pu contraindre Keir Starmer à la démission si elle en était venue à la conclusion que le dirigeant avait délibérément menti au Parlement.
La procédure parlementaire, initié par Kemi Badenoch, cheffe de file de l'opposition conservatrice, a été critiquée par Keir Starmer, qui a dénoncé une manoeuvre politique à l'approche d'élections locales prévues en mai.
Le Premier ministre avait donné pour consigne aux élus du Labour de s'opposer à l'ouverture d'une enquête, ce qui explique le vaste rejet de la motion parlementaire. Kemi Badenoch a déclaré qu'une telle consigne illustrait la faiblesse du dirigeant travailliste.
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ANALYSE-L'affaire Mandelson anéantit la promesse de stabilité de Starmer nL8N4161D9
(William James; version française Jean Terzian, édité par Tangi Salaün)

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