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GB-La police interroge les cinq hommes soupçonnés d'un projet d'attentat contre une base de la RAF
information fournie par Reuters 28/09/2026 à 13:03

par Toby Shepheard

La police britannique interrogeait lundi cinq hommes suspectés d'infractions à la législation relative aux explosifs et de projet terroriste au lendemain de leur interpellation près d'une base aérienne utilisée par les États-Unis pour mener des frappes contre l'Iran.

La police a arrêté les suspects tôt dimanche matin après avoir reçu un renseignement indiquant que trois grandes camionnettes blanches se dirigeaient vers la base aérienne de la Royal Air Force (RAF) de Fairford, dans l'ouest de l'Angleterre.

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'ils cherchaient à causer "d'importants dégâts" et faisaient l'objet d'une enquête menée par les autorités britanniques et américaines.

Les services antiterroristes britanniques n'ont pas révélé l'identité des suspects. Une source proche de l'enquête a toutefois indiqué qu'un mobile lié à l'Iran était considéré comme le plus probable, même si la piste d'une opération de sabotage russe ou d'un complot islamiste est également examinée.

La police n'a divulgué que peu d'informations et la question demeure de savoir si les suspects faisaient l'objet d'un niveau de surveillance aussi élevé que ce que Donald Trump a suggéré.

Une agricultrice, dont l'identité n'a pas été révélée, a déclaré avoir alerté la police après avoir vu un groupe d'"hommes cagoulés et masqués" courir dans les champs.

"Je pense que mon appel au 999 (le numéro d'urgence) a fait échouer leurs plans", a-t-elle déclaré à la radio BBC.

Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a pour sa part déclaré à la BBC que l'agricultrice n'avait qu'une "vision partielle" de la situation, ajoutant qu'il ne spéculerait pas sur les motifs d'une enquête en cours.

Evoquant la menace iranienne qui pèse globalement sur le pays, il a toutefois déclaré : "Nous savons que l'Iran et ses relais veulent nous nuire. Nous savons qu'ils haïssent notre démocratie, et nous savons que nous devons régulièrement déjouer les tentatives iraniennes visant à menacer soit nos intérêts, soit nos alliés."

L'AMBASSADE US ÉMET UNE ALERTE DE SÉCURITÉ

La Grande-Bretagne a relevé en avril son niveau national de menace terroriste de "substantiel" à "grave", après une série d'incidents antisémites dans le nord de Londres, indiquant qu'une attaque terroriste dans les six prochains mois était considérée comme hautement probable.

La police a dit enquêter sur des connexions avec l'Iran dans de nombreux incidents au cours desquels des biens liés à la communauté juive ou à des dissidents iraniens ont été pris pour cible.

En mai, la Grande-Bretagne a sanctionné 12 personnes et entités liées à l'Iran, les accusant d'être impliquées dans des activités hostiles, notamment la planification d'attaques et la fourniture de services financiers à des groupes cherchant à déstabiliser le Royaume-Uni et d'autres pays.

L'Iran a nié à plusieurs reprises toute implication dans des attentats ou des complots au Royaume-Uni et ailleurs.

En réaction aux arrestations de Fairford, l'ambassade des États-Unis a publié une alerte de sécurité recommandant aux citoyens américains de "faire preuve de prudence" et d'être "attentifs à leur sécurité personnelle".

"Les installations, rassemblements et organisations liés aux États-Unis pourraient être exposés à un risque accru", selon cette alerte.

Le gouvernement britannique a autorisé les États-Unis à utiliser des bombardiers basés à Fairford pour frapper des sites de missiles iraniens qui attaquaient des navires dans le détroit d'Ormuz.

Londres a indiqué que le Premier ministre Andy Burnham était régulièrement tenu informé de l'incident et qu'il avait annulé sa participation à plusieurs événements prévus dimanche lors du congrès annuel du Parti travailliste.

Les Gardiens de la révolution iraniens avaient averti Londres en juillet de ne pas autoriser les bombardiers américains à décoller de Fairford, ajoutant que toute base utilisée pour lancer des attaques serait une cible légitime.

À Fairford, la police a mis en place un périmètre de sécurité de 400 mètres autour de la base et évacué les habitants de 85 logements.

Dimanche, on pouvait voir un robot de déminage en action autour des trois fourgons blancs, tandis que la sécurité était renforcée autour de la base. Des policiers armés montaient la garde à l'entrée principale, tandis que les autres points d'accès étaient bloqués.

La sécurité a également été renforcée dans d'autres bases en Grande-Bretagne.

(Avec Sarah Young et Sam Tabahriti, rédigé par Kate Holton et Michael Holden, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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