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France-Ultime salve de concertations sur la réforme des retraites
information fournie par Reuters 03/01/2023 à 17:56

        * 
      Les derniers arbitrages en fin de semaine, dit Matignon
    

        * 
      Présentation de la réforme le 10 janvier
    

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      Début de son examen à l'Assemblée nationale en février
    

  
 (Actualisé avec commentaire de Laurent Berger et François
Hommeril §5 à §7 et précisions sur les prochaines mobilisations
§22-§23)
    par Caroline Pailliez
       PARIS, 3 janvier (Reuters) - La Première ministre,
Elisabeth Borne, a lancé mardi une dernière série de
concertations avec les partenaires sociaux et des cadres de la
droite avant de finaliser la réforme hautement sensible des
retraites, qui prévoit le report de l'âge légal de départ.
    Cette réforme, qui a pour ambition de rééquilibrer les
finances du régime des retraites sur le long terme en allongeant
la durée du travail, doit être dévoilée mardi 10 janvier. 
        Elle sera ensuite présentée en conseil des ministres le
23 janvier puis examinée à l'Assemblée nationale début février
pour une entrée en vigueur avant "la fin de cet été", a déclaré
Elisabeth Borne dans un entretien sur franceinfo.
    A une semaine de l'échéance, les questions les plus
sensibles ne sont pas encore complètement tranchées, a assuré la
Première ministre, rappelant que "les discussions continuent".
    Pour le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, le
premier à être reçu par la Première ministre mardi, cette ultime
réunion n'aura pas permis d'obtenir "d'éclaircissements" ni
"d'arbitrages", mais lui aura donné l'occasion de répéter ses
lignes rouges.
        "S'il y a un report de l’âge légal de départ en retraite
qui est annoncé à 65 ou 64 ans, la CFDT fera ce que nous disons
depuis le début, c’est-à-dire : nous nous opposerons à cette
réforme, notamment en appelant les salariés à se mobiliser",
a-t-il déclaré à l'issue de la réunion. 
  
        Même tonalité du côté de la CFE-CGC. En cas de mouvement
unitaire contre la réforme, "on sera dedans", a dit son
président François Hommeril.
  
        LES RÉPUBLICAINS COURTISÉS
  
        Outre les représentants des organisations patronales et
syndicales, reçus un à un mardi et mercredi à Matignon,
Elisabeth Borne s'entretiendra avec des responsables de la
majorité, dont le président du MoDem, François Bayrou. 
  
        Sont également prévus des échanges téléphoniques avec le
président nouvellement élu du parti Les Républicains (LR), Eric
Ciotti, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale,
Olivier Marleix, et son collègue au Sénat, Bruno Retailleau,
fait savoir l'entourage de la Première ministre.
  
        Le soutien espéré du Sénat, majoritairement à droite, et
de la soixantaine de députés LR pourrait en effet aider le
gouvernement à faire passer sa réforme rejetée par la gauche et
les syndicats, qui promettent une mobilisation unitaire
d'ampleur.  
  
        Elisabeth Borne pourrait également s'entretenir avec des
membres du groupe centriste Libertés, Indépendants, Outre-mer et
Territoires (Liot), qui compte une vingtaine de députés à
l'Assemblée nationale.
  
        "La Première ministre veut aller au bout des choses,
elle reste déterminée à mener à bien cette réforme avec le souci
que les choses soient claires et soient dites", affirme un
membre de son entourage.
  
        Dans tous les cas, les derniers arbitrages seront pris
en fin de semaine avec le président de la République,
précise-t-on à Matignon.
  
        LES 65 ANS, PAS UN "TOTEM"
  
        Pour l'heure, la mesure qui cristallise les oppositions,
l'hypothèse d'un report de l'âge légal de départ à la retraite
de 62 à 65 ans d'ici 2031, promesse de campagne d'Emmanuel
Macron, est toujours sur la table. Mais ce n'est pas "un totem",
a assuré la Première ministre sur franceinfo.
    "Il y a d'autres solutions qui peuvent permettre aussi
d'atteindre l'équilibre de notre système de retraites à
l'horizon 2030. Sur tous ces sujets, on continue à discuter",
a-t-elle ajouté. 
    Les Républicains n'ont pas encore affiché de position
commune sur cette question sensible, qui divise en interne.
        La majorité sénatoriale souhaite un report de l'âge
légal à 64 ans, assorti d'une accélération de la réforme de 2014
dite "Touraine" qui prévoit une augmentation de la durée de
cotisation à 43 ans. Olivier Marleix préfère quant à lui un
report à 63 ans d'ici la fin du quinquennat. 
  
    L'exécutif tente par ailleurs de se rapprocher de la CFDT.
Le président de la commission des Lois à l'Assemblée nationale,
Sacha Houlié, proche d'Emmanuel Macron, doit rencontrer le
secrétaire général de la centrale Laurent Berger mercredi
après-midi, selon l'agenda du syndicaliste. 
        Elisabeth Borne a d'ailleurs déjà fait un geste mardi à
l'égard des syndicats en annonçant la suppression d'un projet de
décret très décrié qui réduisait de 40% la durée des
indemnisations chômage si le taux de chômage passait sous la
barre des 6%.
  
        "C’est l’illustration que c’était du bricolage, (...)
c’est l’illustration qu’on peut les faire reculer", a commenté
Laurent Berger. 
  
        Les organisations syndicales, qui comptent faire front
commun sur ce dossier, sont convenues de se réunir en fin de
journée le 10 janvier, juste après la présentation officielle de
la réforme, pour annoncer les dates d'éventuelles mobilisations.
  
        La France insoumise a déjà promis d'être au rendez-vous
des manifestations, à commencer par celle du 21 janvier, à
l'appel d'organisations de jeunesse.
  
 (Rédigé par Blandine Hénault et Caroline Pailliez, avec
Elizabeth Pineau, édité par Kate Entringer et Sophie Louet)
 

2 commentaires

  • 03 janvier 18:13

    quelles étaient les conditions avant Mitterrand ??


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