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Finances publiques : vers une convention citoyenne sur les orientations budgétaires, 150 Français tirés au sort
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/09/2026 à 08:46
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( AFP / DENIS CHARLET )

( AFP / DENIS CHARLET )

150 citoyens, représentatifs de la diversité de la population française, y participeront sur tirage au sort, dès novembre.

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s'auto-saisit, pour la première fois, et va organiser une convention citoyenne sur les finances publiques, faisant plancher des Français tirés au sort sur les orientations budgétaires.

Chambre consultative du Parlement, représentant la société civile organisée (syndicats, associations...), et chambre de la participation citoyenne depuis une réforme de 2021, le Cese a chapeauté ces dernières années trois conventions à la demande du gouvernement, sur le climat, la fin de vie et les temps de l'enfant. Pour la première fois, il s'auto-saisit d'une thématique pour en lancer une, avec un sujet ardu mais "éminemment démocratique, pas uniquement technique", souligne sa présidente, Claire Thoury.

Un panel de 150 citoyens représentatifs de la diversité de la population française y participeront sur tirage au sort, à partir de novembre. Les scenarii élaborés à l'issue de sept sessions de travail, avec l'appui d'experts des finances publiques, seront remis en 2027 "au nouvel exécutif et au nouveau Parlement dès leur entrée en fonction, afin d'éclairer leurs décisions", précise le Cese. Pour Claire Thoury, l'enjeu est de rappeler que, dans ce domaine, "de grandes décisions (...) ne peuvent pas être prises sans les citoyens", mais aussi de donner à voir aux citoyens comment on construit un budget, quel est l'état de nos finances publiques. Avec l'ambition de "venir en appui du débat politique qui n'arrive pas à avancer sur ce sujet".

L'institution, sur la sellette ?

Élue en mai à la tête d'une institution elle-même critiquée en raison de son coût pour les finances publiques, Claire Thoury a présenté mardi plus largement sa feuille de route pour la première année de la nouvelle mandature de cinq ans. Cette année sera marquée par la présidentielle, dans laquelle le Cese, souvent considéré comme la chambre du temps long, souhaite se faire entendre, en accordant mieux son travail avec le temps politique et en assumant la divergence quand elle est constructive, alors que ses avis sont parfois jugés trop consensuels. Parmi les mesures rapidement prises depuis mai, la création d'une délégation permanente consacrée aux droits des enfants.

Pour cette année, le Cese a défini cinq grands thèmes de travail : la "vie digne" (mal-logement, santé, services publics, pauvreté des enfants...), travail et compétences (emploi des jeunes, intelligence artificielle...), souveraineté (industrielle, numérique ou agricole), environnement et crise climatique et enfin cohésion et démocratie (accès à l'information, État de droit...). Une dernière thématique cruciale pour la présidente, qui a appelé dans son discours à "mesurer la gravité de l'instant" alors que "partout l'illibéralisme progresse". "Là où il s'installe, l'illibéralisme s'en prend aux corps intermédiaires", a-t-elle insisté.

Elle a également annoncé que la présidente de l'Assemblée nationale avait saisi le Cese sur le thème de la fertilité et que le Premier ministre souhaitait le saisir rapidement sur "l'adaptation de la société au changement climatique". Lors de la campagne présidentielle, l'institution pourrait être à nouveau mise sur la sellette. En juillet 2025, elle avait été étrillée successivement par un rapport parlementaire et un rapport de la Cour des comptes, qui pointaient entre autres le peu de saisines du gouvernement et du Parlement et une trop forte autonomie budgétaire.

Un "un pilier démocratique"

Des élus RN ont appelé à supprimer le Cese et le député LR Philippe Juvin a déposé une proposition de loi en ce sens. Le prédécesseur de Claire Thoury, Thierry Beaudet, revendiquait une baisse sur sa mandature du budget de l'institution de 44 à 34 millions d'euros. Ce risque de suppression du Cese "me préoccupe beaucoup, mais je suis concentrée sur cette rentrée, le fait qu'on soit percutant, au bon endroit, au bon moment, utile, qu'on prenne des risques", souligne Claire Thoury. Elle rappelle également que supprimer le Cese nécessiterait une réforme constitutionnelle.

La présidente de la délégation CGT au Cese, Fabienne Rouchy, déterminée à défendre "un pilier démocratique", s'attend aussi à "un mandat difficile, (...) on va être confrontés sans doute à des fortes turbulences, voire à de très violentes attaques".

11 commentaires

  • 09 septembre 10:50

    C est pour nous occuper comme en 2019. On avait eu le grand débat national. .. une grande consultation pour soi disant nous écouter. .. il se moque de nous


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