(Actualisé tout du long avec Quai d'Orsay, précisions)
Une quarantaine de personnes ont été tuées et environ 115 autres blessées, pour la plupart grièvement, dans l'incendie qui a ravagé un bar bondé de la station de ski huppée de Crans-Montana lors d'une soirée du Nouvel an, ont annoncé jeudi les autorités suisses, déplorant un "drame d'une ampleur inédite".
Alors qu'une explosion avait un temps été signalée, la cause de l'incendie reste à déterminer. Les autorités privilégient toutefois l'hypothèse d'un accident plutôt qu'une attaque.
Elles ont également prévenu que le processus d'identification des victimes prendrait du temps, du fait de la sévérité des brûlures des victimes.
Des témoins ont fait le récit de scènes de panique et de confusion quand les clients ont cherché à fuir l'établissement, le "Constellation", tenu par un couple de Français et prisé par les adolescents de la station de ski huppée du sud-ouest de la Suisse.
Sur des images de la soirée, dont Reuters a vérifié l'authenticité, on peut voir des flammes se répandre dans les lieux.
"Les gens criaient, et il y avait des gens gisant au sol, probablement morts", a raconté Samuel Rapp, 21 ans. "Ils avaient des blousons sur leurs visages".
Interrogées par BFM TV, deux jeunes Françaises disant avoir assisté au départ de feu ont déclaré avoir vu une serveuse juchée sur les épaules d'un collègue en tenant des bougies étincellantes à proximité du plafond du sous-sol du bar, qui s'est ensuite embrasé.
Si les "circonstances restent à élucider", a déclaré la procureure générale du canton de Valais, "la piste aujourd'hui privilégiée est celle d'un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration" dans le bar.
Tout va être mis en oeuvre pour apporter "au plus vite et au mieux des réponses aux nombreuses questions que les familles se posent", a ajouté Béatrice Pilloud lors d'une conférence de presse organisée jeudi après-midi à Sion.
"Nous dénombrons une quarantaine de personnes décédées et environ 115 blessés, pour la plupart grièvement", a dit devant les journalistes le commandant de la police locale, Frédéric Gisler, ajoutant que le travail d'identification des victimes pourrait "prendre plusieurs jours".
"Vu le caractère international de la station de Crans, nous pouvons nous attendre à des victimes de nationalité étrangère", a-t-il noté, sans donner de précisions dans l'immédiat.
"L'UNE DES PIRES TRAGÉDIES QUE NOTRE PAYS AIT CONNUES"
Le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir que neuf ressortissants français ont été blessés tandis que huit autres n'ont pas encore été localisés.
Par ailleurs, trois personnes blessées dans l'incendie ont été transférées vers des hôpitaux français, a déclaré le Quai d'Orsay.
Emmanuel Macron a dit s'être entretenu avec le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin. "Nos équipes diplomatiques et consulaires suivent la situation et apportent l'assistance nécessaire à nos compatriotes touchés par ce drame", a écrit le président français sur le réseau social X.
"La France accueille des blessés dans ses hôpitaux et se tient disponible pour toute aide", a-t-il ajouté.
Les autorités suisses ont dit être en contact avec les ambassades et ministères des Affaires étrangères de différents pays, en particulier des pays voisins, qu'elles ont également remercié pour leur aide.
France, Allemagne, Italie et d'autres pays ont proposé d'accueillir des blessés et des grands brûlés, a déclaré devant les journalistes le président du canton de Valais. Une soixantaine de personnes ont été prises en charge à l'hôpital de Sion, a indiqué également Mathias Reynard.
Quelque 150 intervenants hospitaliers, 42 ambulances, 13 hélicoptères et trois camions-catastrophe ont été mobilisés, a-t-il ajouté.
Il s'agit de "l'une des pires tragédies que notre pays ait connues", a déploré Guy Parmelin, qui a annoncé la mise en berne des drapeaux pour une durée de cinq jours et repoussé son traditionnel discours du Nouvel an.
"C'est un drame d'une ampleur inédite, effroyable", a-t-il ajouté, notant que "beaucoup de victimes" étaient des jeunes.
Des centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir, dans le silence, au bord de la route menant au bar, pour rendre hommage aux victimes de l'incendie. Nombre d'entre elles ont déposé des fleurs et allumé des bougies devant un autel de fortune, à proximité d'un cordon de police.
La police avait annoncé plus tôt dans la journée avoir entièrement bouclé la zone autour de l'incendie. Une interdiction de survol a été instaurée au-dessus de Crans-Montana.
(Reportage Denis Balibouse à Crans-Montana, Emma Farge à Genève, avec Dave Graham à Zurich, Crispian Balmer à Rome, Richard Lough à Paris et Kirsti Knolle à Berlin; version française Nicolas Delame et Jean Terzian)

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