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Les pays de l'AIE débloquent massivement des stocks stratégiques de pétrole
information fournie par AFP 11/03/2026 à 17:38

Emmanuel Macron participe à une visioconférence du G7 depuis Paris le 11 mars 2026  ( POOL / Gonzalo Fuentes )

Emmanuel Macron participe à une visioconférence du G7 depuis Paris le 11 mars 2026 ( POOL / Gonzalo Fuentes )

Les pays de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé mercredi de débloquer massivement leurs réserves stratégiques de pétrole pour contrer la flambée des prix, en parallèle d'une réunion des dirigeants du G7 visant à "atténuer" les "conséquences économiques" de la guerre au Moyen-Orient.

"Les pays de l’AIE vont mettre 400 millions de barils de pétrole (...) à la disposition du marché pour compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit" d'Ormuz, dans le Golfe, a annoncé le directeur exécutif de l'agence de l'énergie de l'OCDE, Fatih Birol.

Cette décision prise "à l'unanimité" débouche sur "le plus important" déblocage de stocks de l'histoire de l'institution, dont sont membres 32 pays parmi lesquels ceux du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) mais aussi l'Australie ou le Mexique.

Auparavant, Tokyo et Berlin avaient pris les devants en annonçant leur décision nationale de puiser dans leurs réserves stratégiques sans attendre la déclaration commune.

Ces 400 millions de barils libérés par l'AIE représentent "environ 20 jours des volumes exportés via le détroit d'Ormuz", a dit Emmanuel Macron à l'ouverture d'une visioconférence avec ses homologues du G7, présidé cette année par la France.

La décision de l'AIE a été prise "grâce à la coordination" de ce forum de pays riches, qui réunissent à eux sept "environ 70% des réserves qui sont contrôlées par l'Agence internationale de l'énergie", a souligné le président français, saluant "un signal clair pour faire baisser les prix mondiaux".

"Dans le même temps, nous allons engager avec plusieurs pays pour éviter toutes les mesures de restriction à l'export", a encore dit Emmanuel Macron, déplorant des "mesures qui ont un peu gêné le commerce mondial" ou "envoyé de mauvais signaux".

Il s'agissait du premier G7 au niveau des dirigeants sur ce conflit.

- "Libre circulation" -

Le président français Emmanuel Macron lors d'une visioconférence du G7, le 11 mars 2026 à Paris ( POOL / Gonzalo Fuentes )

Le président français Emmanuel Macron lors d'une visioconférence du G7, le 11 mars 2026 à Paris ( POOL / Gonzalo Fuentes )

La guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui mène depuis des représailles contre des cibles dans plusieurs pays de la région, a provoqué la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, par lequel transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette situation a entraîné une forte hausse du cours du baril et donc des prix du carburant à la pompe.

Le président français a assuré que le G7 avait acté "la nécessité de mettre en place un travail, qui prendra plusieurs semaines", de "coordination de plusieurs marines pour pouvoir escorter au moment voulu" des navires dans le détroit "et assurer la libre circulation".

Mais "les conditions aujourd'hui ne sont pas remplies", a-t-il prévenu.

A contrario du président américain qui assure qu'il "ne reste pratiquement rien à frapper" en Iran, Emmanuel Macron a estimé que, malgré des "dommages considérables", les capacités militaires iraniennes n'étaient "pas réduites à zéro".

La militarisation du détroit d'Ormuz est au coeur des préoccupations au regard de son rôle crucial pour l'acheminement d'hydrocarbures.

Donald Trump a affirmé mardi que l'Iran s'exposait à des "conséquences militaires (...) sans précédent" en cas de dépôt de mines dans ce détroit, de facto sous contrôle iranien. Peu après, l'armée américaine a annoncé avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens "près du détroit".

- Sanctions sur Moscou maintenues -

Des pompes à carburant dans une station-service près de Bordeaux, le 10 mars 2026 en Gironde ( AFP / Philippe LOPEZ )

Des pompes à carburant dans une station-service près de Bordeaux, le 10 mars 2026 en Gironde ( AFP / Philippe LOPEZ )

Le président français a lui expliqué mercredi qu'il n'avait "pas la confirmation" de la part du renseignement français ou allié de l'utilisation de mines navales, estimant que "ce serait un choix lourd" que ferait Téhéran.

Emmanuel Macron a également assuré que les dirigeants du G7 avaient "acté" que la situation tendue sur le front pétrolier "ne justifie en aucun cas de lever les sanctions qui existent à l'égard de la Russie" pour sa guerre en Ukraine. Il y a eu un "consensus", a-t-il répondu au sujet de l'accord sur ce point de Donald Trump, qui avait semblé suggérer lundi qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix".

La décision sur les réserves stratégiques a été prise après deux réunions préparatoires du G7, à l'initiative de la France, d'abord des ministres des Finances, lundi, puis de l'Energie, mardi.

Après plusieurs jours de flambée - jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi -, les cours du brut ont chuté mardi à la suite des déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran était "quasiment" terminée. Mercredi, ils remontaient à nouveau, restant pratiquement insensibles à l'annonce de l'AIE.

4 commentaires

  • 16:53

    Et quand et quand... Les poules auront des dents !


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