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"C'est vraiment plus galère" : la généralisation du repas à 1 euro fait déborder les restaurants universitaires
information fournie par AFP 22/09/2026 à 12:51
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Des étudiants font la queue dans un restaurant du Crous à l'Université de Bordeaux, le 24 avril 2026 à Talence, en Gironde ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Des étudiants font la queue dans un restaurant du Crous à l'Université de Bordeaux, le 24 avril 2026 à Talence, en Gironde ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Files d'attente interminables, personnels à bout de souffle... Victimes de leur succès depuis la généralisation du repas à 1 euro, les restaurants universitaires sont au cœur d'un mouvement de grève mardi pour dénoncer le manque de moyens, maintenu malgré une hausse annoncée du budget.

"C'est vraiment plus galère que l'année dernière", déplore auprès de l'AFP Camille. "Avant, on mettait 20 minutes pour entrer dans le Crous. Aujourd'hui, ça a doublé", raconte l'étudiante en chimie de 22 ans, qui patiente comme des centaines d'autres devant le restaurant universitaire Châtelet, dans le 5e arrondissement de Paris.

La jeune femme bénéficie désormais chaque jour d'un repas entrée-plat-dessert pour un euro, contre 3,30 euros l'an dernier. Initialement réservée aux boursiers, la mesure a été étendue à tous en mai.

La popularité du dispositif rend pour beaucoup l'accès au restaurant universitaire difficilement compatible avec les emplois du temps. "Quand j'ai une heure entre deux cours, je n'ai tout simplement pas le temps", regrette Enzo Lerozier-Lecos, étudiant à Paris-1 Panthéon-Sorbonne.

"J'y vais moins qu'avant"

À peine deux kilomètres plus loin, au campus Pierre et Marie Curie de Sorbonne Université, la situation est similaire. "Je passe la majeure partie de ma pause déjeuner à attendre. Et une fois arrivé à l'intérieur, il n'est même pas garanti d'avoir une place assise", s'agace Zarif Ahnaf, 24 ans, étudiant en électronique.

Des étudiants prennent un repas dans un restaurant universitaire du Crous de l'Université de Bordeaux à Talence, le 24 avril 2026 en Gironde ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Des étudiants prennent un repas dans un restaurant universitaire du Crous de l'Université de Bordeaux à Talence, le 24 avril 2026 en Gironde ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Résultat, certains étudiants renoncent parfois à profiter du dispositif.

"Au final, j'y vais moins qu'avant parce qu'il y a trop de monde", reconnaît Camille.

"En tant que boursier, j'ai vu une dégradation de mes droits", rapporte de son côté Lucéo Garcin. "Avant, je pouvais bénéficier d'un deuxième repas à 3,30 euros le soir. Cette année, il coûte plus de 8 euros", regrette le jeune homme de 21 ans.

"Ça attire beaucoup de monde mais, en même temps, il n'y a pas de moyens supplémentaires pour la création d'autres resto U ou pour l'embauche de personnel. C'est un peu contre-productif du coup", souligne Enzo.

Pour accompagner la généralisation du dispositif, dont le coût avait été estimé à 90 millions d'euros par an sur l'hypothèse d'une hausse de fréquentation de 10%, l'État avait prévu une enveloppe de 50 millions d'euros en 2026 afin de compenser le coût réel des repas, recruter plus de 200 agents et financer des investissements.

Mais, au printemps, le nombre de repas servis a bondi de 22%, selon le Centre national des œuvres universitaires (Cnous).

"Cadences infernales"

Si les chiffres de la rentrée ne sont pas encore consolidés, les syndicats alertent déjà sur une dégradation des conditions de travail des personnels.

Des étudiants déjeunent dans un restaurant du Crous où des repas à un euro sont servis, le 9 février 2021 à Paris ( AFP / Martin BUREAU )

Des étudiants déjeunent dans un restaurant du Crous où des repas à un euro sont servis, le 9 février 2021 à Paris ( AFP / Martin BUREAU )

L'intersyndicale FO-CFDT-UNSA a déposé la semaine dernière un préavis de grève à partir de mardi pour dénoncer notamment des "sous-effectifs chroniques" et des "cadences infernales".

En parallèle, une trentaine de manifestants étaient réunis mardi matin devant le campus parisien Pierre et Marie Curie de Sorbonne Universités contre "les conditions apocalyptiques de la mise en place des repas à 1 euros pour tous, sans moyens humains ni financiers à la hauteur", détaille auprès de l'AFP Manuel Vincenot, responsable francilien du syndicat FO-ESR.

"Les équipes, déja sous-payées, ne vont pas tenir" face à la "fréquentation stratosphérique" des Crous depuis la rentrée, poursuit le cuisinier du restaurant universitaire Cuvier, au sein de ce même campus.

Une mobilisation maintenue malgré l'annonce dimanche du ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, d'augmenter le budget à 143 millions d'euros pour 2027.

L'enveloppe budgétaire augmentée pour 2027 vise à financer "une compensation financière après le passage du prix du repas de 3,30 euros à 1 euro", à permettre "aux restaurants universitaires d’investir dans de nouveaux équipements et dans des travaux pour pousser les murs" et "aussi à recruter des personnels si nécessaire", a détaillé le ministre dans les colonnes de Ouest-France.

"L'effort est faible" et "arrive trop tard", assure Manuel Vincenot. "En l'état, la mesure est infaisable", dit-il, la capacité d'accueil des Crous "aurait être dû augmentée il y a des années", "bien avant sa mise en place".

L'intersyndicale réclame ainsi la création immédiate de 500 emplois et des investissements en matériel, équipements, locaux et logistique.

4 commentaires

  • 13:38

    Vive les sos.... Apprendre la gratuité tout azimut va rendre les gens responsables ! Bravo


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