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BCE-Une hausse des taux a été longuement débattue, dit Lagarde
information fournie par Reuters 30/04/2026 à 17:21

La Banque centrale européenne (BCE) a, comme prévu, laissé jeudi ses taux directeurs inchangés mais a fait part de ses inquiétudes croissantes face à la résurgence de l'inflation, renforçant ainsi les anticipations selon lesquelles elle relèverait ses taux à plusieurs reprises cette année, avec une première hausse attendue en juin.

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a souligné, lors de conférence de presse qui a suivi la décision de politique monétaire de l'institution, qu'une éventuelle hausse des taux avait été longuement discutée par les responsables de son comité de politique monétaire.

Voici ses principales déclarations:

SUR LES MESURES DE SOUTIEN BUDGÉTAIRE

"Ce n'est pas un domaine sur lequel nous avons une quelconque compétence ou autorité. Ce que nous pouvons dire, car cela a un impact sur l'inflation, c'est que toute aide budgétaire accordée, qu'elle prenne la forme d'un revenu supplémentaire ou d'une exonération fiscale, doit être temporaire, ciblée et adaptée. Et, vous savez, nous pensons que le signal des prix, en particulier, ne doit pas être supprimé."

EFFETS DE SECOND TOUR

"Nous ne constatons pas d'effets de second tour (...) Nous constatons des effets directs, certes. Nous constatons certains effets indirects, mais nous ne constatons pas assurément d'effets de second tour. Et c'est un point sur lequel nous devons être très attentifs."

SURVEILLANCE

"Nous surveillons l'évolution de notre économie ainsi que l'impact de ce choc d'offre négatif sur l'inflation et sur l'activité – nous examinerons ces deux aspects."

LA RÉPONSE DE LA BCE

"Notre devoir de réaction repose en quelque sorte sur trois piliers. Tout d'abord, pour vous le rappeler : l'objectif est de 2% à moyen terme, point numéro un. Numéro deux : la symétrie. Nous en avons discuté aujourd'hui et nous l'avons réaffirmée. Numéro trois : notre réaction dépendra du type d'écart par rapport à l'objectif que nous observons. Est-il important et durable?

"Nous avons une réaction forte ou persistante pour ramener l'inflation à notre objectif de 2% à moyen terme. Telle est notre devoir de réaction. Et les données et le processus que nous utilisons pour mettre en œuvre cette réponse sont ce que vous voyez, communiqué de politique monétaire après communiqué de politique monétaire, à savoir les perspectives d'inflation avec les risques qui y sont associés (...) Nous examinons également l'inflation sous-jacente, ainsi que la dynamique de transmission de la politique monétaire."

LE TERME DE "STAGFLATION"

"La stagflation est la bonne caractérisation de ce qui s'est passé dans les années 70. Mais de notre point de vue, nous pensons qu'il vaut mieux la laisser aux années 70, compte tenu des faits dont nous disposons actuellement. Vous savez, c'est une situation complètement différente.

"Dans les années 70, l'inflation se développait, sans relâche, à un rythme en quelque sorte soutenu et constant. Le chômage était très élevé. Le cadre monétaire et budgétaire n'avait rien à voir avec ce que nous connaissons actuellement. Nous n'appliquons donc pas le terme "stagflation" (...) à la situation actuelle, car nous pensons sincèrement qu'il est associé à la situation des années 70."

SIX SEMAINES POUR ÉVALUER L'ÉVOLUTION

"Nous pensons que ces six semaines seront le moment opportun pour évaluer l'évolution de la situation, pour comprendre, en particulier, l'issue éventuelle du conflit, ou, s'il n'y a pas d'issue, que cela sera en soi instructif pour prendre une décision éclairée sur la base des informations vérifiées et réexaminées que nous recevrons au cours des six prochains mois."

"NOUS SURVEILLONS EN PERMANENCE"

"Nous surveillons en permanence, nous recueillons constamment de nouvelles données, des données exhaustives, des données subjectives, les résultats d'enquêtes sous toutes sortes d'angles (…) et nous vérifions, nous ajustons et nous faisons le point sur tout cela. En juin, dans six semaines, vous recevrez non seulement les projections que notre équipe produira, mais vous verrez également les scénarios révisés et mis à jour."

UNE DÉCISION ÉCLAIRÉE SUR LA BASE D'INFORMATIONS INSUFFISANTES

"Si je devais résumer ce que nous avons décidé aujourd'hui, je dirais que nous avons pris une décision éclairée sur la base d'informations qui restent insuffisantes. Pourquoi est-ce que je dis que c'était une décision éclairée? Parce que nous avons longuement et en profondeur débattu de diverses options. Nous avons débattu de la décision que nous avons prise à l'unanimité aujourd'hui, mais nous avons également longuement et en profondeur débattu d'une éventuelle décision de relèvement (des taux)."

S'ÉLOIGNER DU SCÉNARIO DE RÉFÉRENCE

"Où en sommes-nous par rapport au scénario de référence (de la BCE)? La conclusion est que nous nous éloignons clairement du scénario de référence. Vers où exactement, à quel point entre le scénario de référence et les autres scénarios (...) Je ne suis pas sûr que ce soit l'évaluation la plus pertinente (...) Et ce qui est d'une importance cruciale, c'est l'impact que les prix de l'énergie auront."

LES RÉFORMES VISANT À ACCÉLÉRER LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE SONT VITALES

"Le Conseil des gouverneurs souligne la nécessité urgente de renforcer l'économie de la zone euro tout en maintenant des finances publiques saines. Les mesures budgétaires en réponse au choc des prix de l'énergie doivent être temporaires, ciblées et adaptées.

"Les réformes visant à renforcer le potentiel de croissance de la zone euro et à accélérer la transition énergétique afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles sont plus que jamais essentielles."

RISQUES D'INFLATION

"Les risques pesant sur les perspectives d'inflation sont orientés à la hausse. Si les prix de l'énergie devaient augmenter davantage et plus longtemps que prévu actuellement, l'inflation dans la zone euro s'accentuerait encore. Cette tendance pourrait se renforcer et devenir plus persistante si la hausse des prix de l'énergie se répercutait plus fortement que prévu sur les autres prix et les salaires, si les anticipations d'inflation à long terme venaient à augmenter en réaction, ou si les chaînes d'approvisionnement dans le monde subissaient des perturbations plus généralisées."

RISQUES SUR LA CROISSANCE

"Les risques pesant sur les perspectives de croissance sont orientés à la baisse. La guerre au Moyen-Orient reste un risque à la baisse pour l'économie de la zone euro, venant s'ajouter à un environnement politique mondial instable. Une perturbation prolongée de l'approvisionnement énergétique pourrait entraîner une hausse des prix de l'énergie plus forte et plus durable que prévu actuellement."

LES ANTICIPATIONS D'INFLATION

"Les anticipations d'inflation ont sensiblement augmenté à court terme. La plupart des mesures des anticipations d'inflation à long terme se situent autour de 2%, ce qui soutient la stabilisation de l'inflation autour de l'objectif à moyen terme.

"La hausse des prix de l'énergie maintiendra l'inflation bien au-dessus de 2% à court terme. À mesure que la période de prix élevés de l'énergie se prolonge, l'impact probable sur l'inflation globale, par le biais d'effets indirects et de second tour, s'intensifie. Nous suivrons donc de près l'ampleur et la persistance de la flambée des prix de l'énergie, ainsi que la manière dont elle se répercute sur la fixation des prix et des salaires, les anticipations d'inflation et la dynamique économique globale."

PERSPECTIVES INCERTAINES

"La demande intérieure reste le principal moteur de la croissance, soutenue par un marché du travail résilient. Toutefois, les perspectives économiques sont très incertaines et dépendront de la durée de la guerre au Moyen-Orient et de l'ampleur de son impact sur les marchés de l'énergie et des autres matières premières, ainsi que sur les chaînes d'approvisionnement dans le monde."

L'ÉCONOMIE AFFICHAIT UNE DYNAMIQUE AVANT LA GUERRE

"L'économie de la zone euro affichait une certaine dynamique avant le début des turbulences actuelles."

(Reportage bureau de Reuters; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)

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