Lors de la manifestation "No-G7" à Genève, le 14 juin 2026 ( AFP / Fabrice COFFRINI )
Sous une forte chaleur, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dimanche à Genève, en Suisse, à la veille du sommet du G7 à Evian, en France, dans une ambiance d'abord festive et revendicative, avant que des échanges de jets de projectiles et tirs de gaz lacrymogènes entre jeunes masqués et forces de l'ordre ne viennent ternir la fin du rassemblement.
La coalition "No-G7", qui regroupe associations, syndicats et partis de gauche, avait appelé à manifester pour une "riposte internationaliste" aux politiques promues par le G7 et dénoncer "le fascisme et l'impérialisme".
"Je suis là parce que je ne suis pas content que ce groupe de chefs d'Etat se réunisse ici pour prendre des décisions qui concernent nous tous", a déclaré à l'AFP Michel, un retraité suisse de 69 ans arborant un drapeau palestinien, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
Le sommet du G7 se tient de lundi à mercredi côté français du Léman, mais les autorité françaises ont dissuadé les militants du cru d'organiser évènements et manifestations, selon les "No-G7" français.
A Genève dimanche, sous un soleil de plomb, un cortège rassemblant une foule bigarrée de plusieurs milliers de personnes derrière divers slogans anticapitalistes, propalestiniens, féministes, proclimat ou prokurdes, a démarré dans le calme, vers 15H15 (13H15 GMT), au son des tambours, trompettes et cornes de brume.
"Aucun blessé"
Vers 19H00 (17H00 GMT), la police estimait la participation à 20.000 manifestants parmi lesquels environ 600 "Black blocs", rompus à une pratique de contestation politique consistant à se regrouper dans les marches ou actions de désobéissance civile en un bloc uni, visible et mobile.
Lors de la manifestation "No-G7" à Genève, le 14 juin 2026 ( AFP / Fabrice COFFRINI )
Quelques heurts sporadiques ont émaillé la marche avant de s'intensifier au moment de sa dispersion, sous l’œil sidéré de nombreux passants peu habitués à de tels débordements, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Vers 20H30 (18H30 GMT), au terme d'un long face-à-face à distance avec les forces de l'ordre près du Léman, les manifestants radicaux ont finalement commencé à se disperser, après avoir notamment lancé des fumigènes roses, incendié divers objets et provoqué la police en scandant "ACAB", acronyme de l'anglais "All cops are bastards" ("Tous les flics sont des salauds").
En début de nuit, nombre d'entre eux demeuraient encerclés dans un parc au bord du lac, en attendant d'être "contrôlés, voire identifiés à des fins de poursuite", a rapporté à l'AFP un porte-parole de la police.
Dans un communiqué publié dans la soirée, la police a indiqué avoir "procédé à plusieurs interpellations", sans préciser leur nombre, mais n'avoir dénombré "aucun blessé", estimant que les dégâts matériels occasionnés demeuraient "limités au regard du nombre important d’éléments perturbateurs identifiés".
"A bas l'Etat policier"
Les premières échauffourées avaient éclaté en milieu d'après-midi à mi-parcours lorsque des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir et le visage masqué, ont lancé des bouteilles, pierres, morceaux de ciment et pétards en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des grenades lacrymogènes.
Plusieurs bâtiments ont également été pris pour cible, notamment ceux de PricewaterhouseCoopers et du siège de l'Union internationale des télécommunications (UIT), causant divers dégâts, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Plus tôt, une voiture Tesla sur laquelle était inscrit "Eat the Rich" ("Bouffer les riches") a brûlé. Selon la police, les vitrines de la Banque du Léman et de Raiffeisen ont également été endommagées.
Les manifestants ne se sont pas approchés du siège de l'ONU, fortement sécurisé, avec notamment deux imposants camions lanceurs d'eau et un important dispositif policier, alors qu'un hélicoptère a balayé le ciel tout l'après-midi.
Lors de la manifestation "No-G7" à Genève, le 14 juin 2026 ( AFP / Fabrice COFFRINI )
Les autorités suisses, qui ont autorisé la marche à Genève, avaient engagé un important dispositif de forces de l'ordre autour de nombreuses barrières pour contenir tout débordement et éviter une répétition du fiasco de 2003.
A l'époque, des groupes violents avaient provoqué émeutes, pillages et affrontements avec les forces de l'ordre à Genève et Lausanne en marge d'un sommet du G8, déjà à Evian, provoquant pour des millions de francs suisses.
Signe d'un traumatisme encore bien présent dans les esprits genevois, de nombreux commerçants s'étaient barricadés cette semaine et des plaques de bois aggloméré ornaient de nombreuses vitrines dans la ville lacustre, y compris dans des quartiers éloignés du tracé de la manifestation.

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